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La Souciance, un roman d’Eric-Louis Henri pour nous faire du bien

par Émile Cougut

La Souciance, premier livre d’Eric-Louis Henri, le titre peut surprendre. Court récit ? Nouvelle ? Essai philosophique ? Ou plutôt, variation, adaptation à notre époque de Candide de Voltaire ? La Souciance est tout cela à la fois.

Le narrateur, avec sa nouvelle compagne, partent en vacances dans un pays étranger, indéniablement sur le pourtour méditerranéen, dans un lieu montagneux. On pense à la Croatie, au sud de l’Italie, à l’Albanie, enfin peu importe le lieu réel, seul celui créé par l’auteur importe.
Au cours de leurs pérégrinations, ils arrivent dans un hameau, loin de toutes routes historiques, plus ou moins abandonné par la modernité. Et, eux, qui ne devaient rester qu’une nuit, restent et achètent même une maison.
Ainsi, s’intégrant parfaitement dans leur nouvel univers, grâce à la culture de l’accueil des étrangers des autochtones, ils décident de faire revivre ce lieu. Ils ne veulent pas en faire une sorte de réserve des vestiges d’une façon de vivre du passé pour des touristes de passage, mais un lieu où d’autres personnes aient la même démarche qu’eux : rester, vivre, s’épanouir. Avoir une vision à long terme et non immédiate. Bâtir et non consommer. Et quel meilleur moyen que la toile pour parvenir à ce but. C’est à dire savoir se servir des moyens modernes de communication, basées sur la vitesse et le superficiel, pour vanter le temps long, la réflexion, la contemplation intérieure.

Eric-Louis Henri dans un style clair, avec des descriptions de grande beauté, nous fait suivre la démarche, le cheminement intellectuel de son « héros » à travers des « allers-retours » entre le présent et son passé.

Il dessine certaines personnalités d’une grande humanité, ces rencontres, qui, sans le vouloir, sans le savoir, l’ont aidé ou continue à l’aider dans sa quête personnelle. On pense à Jeanne, l’immigrée polonaise, ou au notaire, l’érudit local.

Variations sur la transparence, la communication, la transmission, sur ce que chacun de nous peut apporter à l’autre, aux autres, à l’humanité : « Chercher votre part d’infinitude, aussi infime soit-elle, car c’est cela que vous offrez, même sans le savoir, au monde, et qui représente ce que vous êtes vraiment. » Socrate et sa maïeutique sont toujours d’actualité.

On peut sans mal résumer ce livre dans une simple phrase : « il faut savoir lâcher prise, se laisser tomber là, comme une pomme se détache de sa branche et atterrit au pied de l’arbre, roule un peu plus loin et s’arrête finalement à l’endroit qui est le sien. » Candide, je vous dis. Mais, à l’inverse de Candide, ce n’est pas toujours dans son jardin que se trouve son bonheur. Parfois, il faut savoir partir, partir en sachant que l’on ne reviendra jamais. Tôt ou tard, comme dans la parabole de la pomme, un lieu devient évident, c’est là que l’on va s’arrêter et développer de nouvelles racines : « Si tu n’es pas heureux, si tu penses que ce n’est pas ça ta vie, alors pars ! Loin ! Va vivre tes espoirs ailleurs, peu importe où, mais là ou tu pourras exister, tenter ta chance et être Toi ! »

La Souciance
Éric-Louis Henri

éditions du Panthéon. 12€90

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