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Guerre dans le Caucase, l’Azerbaïdjan attaque l’Arménie

par Capucine Swysen

Actuellement, la guerre fait rage sur le Haut-Karabakh et il nous parait important de faire le point sur la situation et de rétablir la vérité face à cette campagne de désinformation savamment orchestrée.

Non l’Azerbaïdjan ne se borne pas à se défendre face aux attaques des indépendantistes arméniens. Rappelons que l’Arménie, en tant que territoire et en tant que peuple, existe depuis plusieurs millénaires.

L’ Azerbaïdjan, quant à lui, n’existe que depuis 1918 et a été intégré à l’URSS entre 1920 et 1991. C’est en 1921 que Staline, sans doute dans le but d’asseoir son pouvoir, décida de rattacher le Haut-Karabakh à l ’Azerbaïdjan alors qu’il était peuplé en très grande majorité d’Arméniens. La déconnexion culturelle existant entre ces deux sociétés explique que le Haut-Karabakh ait toujours fonctionné de façon indépendante par rapport à l’Etat azéri. Dès lors, les offensives de ce dernier en vue de « récupérer » ce territoire apparaissent moins comme une tentative de défense que comme une réelle volonté de conquête et d’extermination de la population locale.

Il nous faut en effet garder à l’esprit que le Haut-Karabakh ne peut être considéré comme une entité abstraite, un territoire vide ayant pour seul intérêt ses ressources naturelles. Sur ce territoire vit un peuple, des femmes, des hommes, des enfants qui, au fil des siècles, ont développé une culture, une langue et une religion. Notre seule préoccupation devrait être de savoir ce qu’il va advenir de tous ces gens.

D’aucuns invoquent le droit international pour motiver les attaques azéries à l’encontre du peuple Haut-Karabakh, dans la mesure où les Nations-Unies condamneraient elles-mêmes l’occupation arménienne. Il nous faut néanmoins rappeler que lesdites instances sont des organisations éminemment politiques, et que le droit international consiste en des principes par nature abstraits qui ne peuvent être appliqués de la même façon à chaque situation.

En pratique, les terres du Haut-Karabakh sont peuplées (et l’ont toujours été) d’Arméniens que l’Etat azéri persécute depuis l’effondrement de l’URSS. Cette situation n’est en aucun cas légitime. Le Haut-Karabakh fonctionne de manière démocratique, respecte la liberté d’expression et de presse contrairement à l’Azerbaïdjan, dictature islamique népotique aux mains de la TurquieSummum ius, summum injuria*, comme dirait Cicéron. Appliquer les règles de droit international de manière stricte, sans tenir compte des réalités du terrain, ne peut conduire qu’à l’injustice. Il convient d’ajouter que l’Azerbaïdjan, grâce à ses ressources d’hydrocarbure, a des moyens financiers très importants. De plus il bénéficie d’un soutien militaire total de la Turquie. L’ Arménie, quant à elle, ne bénéficie du soutien de la Russie que dans la mesure où cela lui permet de maintenir son pouvoir dans le Caucase.

Le rôle que la Turquie joue dans ce conflit n’est pas non plus anodin. Allié de l’Azerbaïdjan, cet Etat n’a jamais caché son hostilité envers le peuple arménien. Erdogan vient de le confirmer en envoyant des djihadistes syriens combattre aux côtés des Azéris.

Ainsi au cours des derniers siècles, l’Arménie a été dépossédée de ses terres, a vu ses citoyens se faire spoiler, humilier, exterminer. Mais l’Arménie est toujours restée debout, droite et digne face à l’adversité. Victime d’un traitement inique de la part de la communauté internationale et plus particulièrement occidentale, plus soucieuse de ne pas froisser Erdogan dans ses velléités impérialistes que de venir en aide à un peuple d’ordinaire si pacifique et qui partage les mêmes valeurs.

Ilham Aliev* disait que ce qui menace le plus l’Azerbaïdjan, ce ne sont pas les Arméniens vivant en Arménie et sur le Haut-Karabakh mais la diaspora arménienne. Il est vrai que l’Arménie s’est peu à peu vidée de sa population, assistant, impuissante, au rétrécissement de ses frontières par ses pays voisins, dans le silence assourdissant de la communauté internationale. Un trop petit pays pour une grande si grande nation.

1*- Le droit poussé trop loin est une injustice souveraine
2*- Ilham Aliev, président de la république d’Azerbaïdjan

Illustration de l’entête: ©EPA Arménie

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