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Pour Anna Akhmatova l’amour était la vie même

par Philippe Poivret

Pour Anna Akhmatova, l’amour était la vie même. Il n’était pas possible de l’ignorer ni de l’oublier. Si la poésie a été son fil rouge tout au long de sa vie, l’amour est ce qui la faisait vivre. Celui pour son fils, Lev, arrêté de multiples fois pour le simple fait d’être son fils, mais aussi celui pour les hommes. Tous les témoignages rapportent une femme au charisme extraordinaire. Sa simple présence donnait à n’importe quelle conversation une tonalité particulière et inoubliable.( Autre article sur Anna Akhmatova. Cliquer)

Anna Akhmatova
et Isaiah Berlin

Isaiah Berlin, diplomate anglais d’origine russe, de vingt ans son cadet, a été l’objet d’un amour que l’on pourrait qualifier d’absolu, d’irréel voire impossible. Et pourtant ! Anna Akhmatova et lui ne se sont rencontrés que cinq fois, trois fois en novembre 1945 à la fin de la Seconde Guerre mondiale et deux fois en janvier 1946. Staline est encore au pouvoir, la police veille, recevoir un étranger est dangereux. Il ne pouvait donc pas y avoir de suite immédiate.

Le cycle cinque, est au début du recueil. Le titre Cinque, cinq en Italie, est sans doute une allusion au cinquième chant de l’enfer de la Divine comédie de Dante qu’elle connaissait par cœur. Ce chant est celui des amoureux illégitimes emportés dans un tourbillon sans fin. Cinque reprend ces cinq rencontres au début du recueil L’Hôte venu du futur qui se poursuit avec L’Eglantier fleurit, Le trèfle de Moscou et Vers de minuit. Recueil bilingue traduit par Sophie Benech, il comporte des poèmes écrits jusqu’en mai 1965 un an avant sa mort. C’est dire si Isaiah Berlin a occupé son esprit et son cœur jusqu’à la fin de sa vie. 

Paru en France en avril 2020, L’Hôte venu du futur,comporte une préface par Sophie Benech qui permet de situer cet amour dans son contexte et éclaire tous les poèmes du recueil. 

Et cette porte que tu as entr’ouverte,
Je n’ai pas la force de la refermer

Ce sont les deux derniers vers du premier poème écrit le 26 novembre 1945

Et là où l’on fabrique des rêves, 
Il n’y en avait pas assez pour deux,

Ce sont les deux premiers vers du dernier poème écrit le 4 mai 1965.

Ce qui s’est passé et ce qui ne s’est pas passé entre temps est à découvrir tout au long des trente et un éblouissants poèmes qui racontent l’histoire de cet amour impossible et malheureux.

L’Hôte venu du futur
Anna Akhmatova

éditions Interférences EDS. 13€
édition bilingue français-russe

– Illustration de l’entête: Portrait d’ Anna Akhmatova par Nathan Altman, 1941. Musée russe.

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