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La Française du Nil, beau roman de Yolaine Destremau chaleureux et enraciné

par Émile Cougut

Il existe un lien, fort, puissant, intemporel entre les trois personnages principaux du dernier roman de Yolaine Destremau. Il y a Gaia, native de l’Ardèche, à la jeunesse bohème, travaillant comme tapissière pour pouvoir voyager dans le monde entier, l’appel de la route si cher à Kérouac. Un personnage qui dans sa quête va finir par s’arrêter, se créer de nouvelles racines, loin de son passé, de ses ancêtres. Il y a aussi, Louis, le jeune Mexicain qui poursuit ses études à l’université de Yale, le jeune avocat prometteur. Mais un burn-out et sa rencontre avec Gaia, va changer sa vie. Il va se révéler à lui-même et cultiver son côté excentrique. Et le troisième, Mansour, le batelier du Nil.

Le lien qui les unit est l’Égypte (l’actuelle, pas celle des pharaons), le Nil et plus précisément, le petit village sur le fleuve : Gurnah. C’est là que Gaia s’est posée, suivie de Louis. C’est là, hors des circuits touristiques, qu’elle va créer avec ses deux affidés, une compagnie de transports sur le Nil, dans des embarcations traditionnelles, l’inverses des « boites à sardines » transportant des hordes de touristes vers les principaux lieux de l’histoire pharaonique.

Leur but, leur volonté qui leur permettent de surmonter bien des difficultés, n’est pas de s’enrichir, de cumuler des richesses, de cumuler du superflu, mais d’aider à vivre la population locale, de la faire sortir de la misère dans laquelle elle est  plongée depuis des siècles. La sortir de la misère, mais aussi combattre toutes les « traditions » millénaires qui, de fait, n’ont aucun fondement culturel et encore moins religieux.


Ils devront affronter, l’envie, la jalousie, l’incompétence, la monté d’une forme dévoyée de la religion prônant la violence et l’exclusion, les crises politiques, les crises économiques. Mais grâce à la force morale de Gaia, ils surmonteront toutes les difficultés, les embûches.

La Française du Nil nous fait voyager de l’Ardèche au Mexique, en passant par New-York ou Alexandrie, mais surtout en Haute-Égypte à Gurnah ce village quelque peu isolé. Gaia a un rêve, elle ne renonce jamais, suit son but envers et contre tout. C’est un roman sur la volonté, sur le « possible » et les vertus de la ténacité. 

Au travers de petites scènes, parfois drôles, parfois émouvantes, Yolaine Destremau nous décrit un univers dans un endroit attachant où nous voudrions tous poser nos bagages et apprendre à vivre ; à vivre pour soi, à vivre pour les autres.

Actuellement avec les ravages de la Covid au niveau économique dans le monde en général et en Égypte en particulier, nous ne pouvons qu’espérer que les émules de Gaia continuent à faire vivre leur rêve et à œuvrer pour l’amélioration de l’Humanité.

La Française du Nil
Yolaine Destremau

éditions Pierre-Guillaume de Roux. 18€

                                                            

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