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Les Bleus étaient verts, un livre sur un temps politique et les interrogations d’un jeune-homme qui devient adulte

par Émile Cougut

Le vert, la couleur de l’AS Saint Étienne, la couleur symbolique non seulement du club de football, mais aussi de la préfecture de la Loire.

Les Bleus (avec une majuscule), ne représentent pas l’équipe de France de football (ou de tout autre sport), mais la bleusaille, surnom donné aux nouveaux, aux jeunes appelés du contingent qui commencent à connaître les « joies » et les servitudes de l’armée.

Et des servitudes, les jeunes appelés dont Max, vont en connaître en cette année 1962, quand il doit partir avec le contingent en Algérie.

Le choc est rude entre la grisaille des mines de la Loire , de la Ricamarie et de toute la vallée de l’Ondaine et le soleil du djebel. Surtout qu’il quitte son amoureuse Monika, sa promise dont les parents, commerçants, ne sont pas très heureux de la voir fréquenter le fil d’un mineur.

Encore un livre sur la guerre d’Algérie, direz-vous? Oui, mais plus une sorte de témoignage qu’une prise de position plus ou moins idéologique du style les méchants colonialistes ou les barbares destructeurs de civilisation.

Non, le héros « vit au jour le jour » ses moments passés à l’armée. Il en perçoit les absurdités, le côté ubuesque, le monde parallèle dans laquelle vivent les officiers d’active avec un humour certain. Il ne juge pas, et même il fait tout ce qui est possible de par sa position dans ce conflit, de par sa culture familiale pour essayer de comprendre les autochtones et leur apporter le peu d’aide qu’il lui est possible de leur offrir. Il « neutre », quelque peu dans la position de Giovanni Drogo, le héros du Désert des tartares de Dino Buzati, car l’ennemi, il ne le voit pas, il l’entend parfois car il se trouve en Tunisie, de l’autre côté de la frontière qu’il doit garder. La guerre est militairement gagnée, les politiques discutent autour de la paix. 

Mai les horreurs de la guerre, il va les connaître quand il va vouloir faire partir en France la femme dont il est tombé amoureux.

Mais, et c’est le côté très original de ce roman, il y a aussi Ali, l’ami d’enfance, fils d’immigrés algériens qui est parti combattre avec le FLN. Ali avec qui, par hasard, le code de l’honneur ne reste pas un vain mot, Ali qui revient, déçu de l’évolution politique de l’Algérie, Ali qui reste, plus de 50 ans après le meilleur ami de Max. La guerre a été une épreuve, mais l’amitié, la vraie humanité finit toujours par triompher.

Les Bleus étaient verts a certes la guerre d’Algérie en toile de fond, mais c’est surtout, dans ce cadre traumatisant, un livre sur les interrogations d’un jeune homme qui devient adulte, qui découvre l’amour et la vraie amitié.

De plus, de par son écriture, la façon dont ce roman est bâti, la lecture de ce roman ressemble à un vrai scénario cinématographique, ce qui la rend facile et agréable.

Les Bleus étaient verts
Alain Jaspard
éditions Héloïse d’Ormesson. 17€

                                           

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