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Lady Victoria Georgiana, l’héroïne des romans policiers de Rhys Bowen au rendez-vous des lecteurs

par Émile Cougut

Les romans policiers de Rhys Bowen, on en redemande ! Nous sommes gâtés, en voici deux, juste traduits et publiés. Ah, ces petites intrigues dans les dédales de la Cour d’Angleterre, ces histoires parfois scabreuses, nous, Français et républicains, on en est plus que friands !
Quant à ces ces pérégrinations européennes, ces personnages bien tranchés, ces aristocrates eccentriques ou fin de race, ces intrigues toujours haletantes, ces cadres pittoresques toujours adaptés, on adore ! Voilà donc la suite des aventures de Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugénie de Glen Garry de Rannoch, arrière petite fille de la reine Victoria, trente quatrième héritière du trône dans l’ordre de succession.

Or il faut savoir que cette jeune femme, bien que cousine du Roi est totalement désargentée : le titre de duc et la propriété de Rannoch en Écosse est allé, tout à fait normalement à son demi-frère. Nous l’avions laissée en Écosse durant l’été 1932, nous la retrouvons en novembre de la même année (pour le tome IV : La fiancée de Transylvanie, et en janvier 1933 sur la Riviera française pour le tome V : Le collier de la reine).

Faut-il ajouter qu’en plus de l’héroïne, les personnage récurrents sont toujours présents. Ainsi défilent son grand père, son demi-frère et sa belle-sœur encore plus radine et désagréable que d’habitude, son amie Belinda, croqueuse d’homme et insatiable, sa mère qui refuse toujours de vieillir et qui profite de la fortune de son amant, industriel allemand. Sans oublier bien sûr l’insaisissable Darcy qui  surgit toujours au bon moment comme un deux ex machina pour sortir Georgiana de tous les mauvais pas dans lesquels elle a l’art et la manière de se plonger. 

Voici qu’apparaît un nouveau personnage haut en couleur en Queenie, une fille laide, très mal dégrossie qui devient la femme de chambre de Georgiana, et d’une parfaite incompétence. Mais elle sait se montrer fidèle et courageuse.
Pas de doute que nous la retrouverons dans les prochaine aventures de Son espionne royale. Et puis comme à chaque fois, apparaît pour une histoire une personne haute en couleur comme la terrible Lady Middlesex, caricature de la suffisance aristocratique anglaise, ou Coco Chanel, qui est une amie de sa mère.

On remarque une constante dans les deux romans de Rhys Bown, des policiers caricaturaux, sûrs d’eux et qui, bien sûr, se trompent complètement, non sans avoir soupçonné Georgiana d’être une parfaite assassin.

Ainsi chaque affaire connait le même début. Georgiana, totalement désargentée est à Londres où elle essaie de survivre dans l’hôtel particulier de sa famille. Elle est convoquée par la reine qui a une mission à lui confier. 

Ainsi dans la première histoire, il s’agit de représenter la famille royale anglaise au mariage du prince héritier de Bulgarie avec une fille du roi de Roumanie qui est une de ses connaissances de pensionnat. La voilà partie dans un château au milieu des Carpates qui va bientôt être isolé du monde par des tempêtes de neige. Un crime, puis un autre viennent troubler les préparatif du mariage royal. Est-ce un crime politique ? Une attaque de vampire ?

Dans la seconde histoire, Georgiana est chargée par la reine d’essayer de récupérer une tabatière ayant appartenu à Louis XVI, volé par un industriel richissime. Ayant fait la rencontre de Coco Chanel dans le train, notre héroïne devient mannequin pour un défilé organisé par la couturière au Casino de Nice.

Mais, serait-ce une maladresse, elle trébuche et le collier qu’elle portait est volé. Or voila que ce collier appartenait à la reine.
Néanmoins, ce n’est pas la seule épreuve qui attend Georgiana sur la Riviera : elle reconnaît Darcy à la plage avec une femme et un petit garçon. Malheureuse elle se laisse courtiser par un (très) beau marquis millionnaire ayant la réputation d’un Casanova à  la puissance Don Juan. En plus, le voleur de la tabatière est retrouvé assassiné dans sa piscine, quelques heures après avoir essayé de violer Georgiana dans son yacht.

Après bien des péripéties, et tout en restant vierge (noblesse oblige!), Georgiana sort vainqueur de toutes ces épreuves et accomplit parfaitement les missions royales qui lui ont été confiées. 

Rhys Bowen continue à décrire, avec cet humour si spécial, caractéristique des grand-bretons, cet univers si anglais et totalement décalé de l’aristocratie britannique de l’entre-deux guerres. S’y rajoute, dans La fiancée de Transylvanie, l’univers tout aussi hors-sol de la société « réelle » des familles royales, où règne une certaine consanguinité, ces dernières dominées par la figure tutélaire de la reine Victoria. Un monde totalement artificiel, très hiérarchisé, où la naissance prime sur tout et où les privilèges sont encore très présents. Mais déjà pointe la puissance de l’argent qui ouvre bien des portes, mais pas celles liées exclusivement à l’arbre généalogique.

Quoi qu’il en soit, cette puissance de l’argent qui se croit tout permis, on la retrouve dans Le collier de la reine, tout comme on voit cette société britannique, se croyant supérieure au reste du monde, se libérer de tous ses principes moraux quand ses représentants ont quitté leur île natale. Et puis dans ce dernier tome, la découverte d’un « secret de famille » et un peu plus de tristesse et de nostalgie  que dans les autres tomes de cette série. Voilà bel et bien une très agréable lecture pour ces vacances qui s’annoncent. Honni soit qui mal y pense, bien entendu !

La fiancée de Transylvanie
Rhys Bowen
Collection La Bête noire, éditions Robert Laffont. 14€90

Son Espionne royale et le collier de la reine – Tome 5
Rhys Bowen
Collection La Bête noire, éditions Robert Laffont. 14€90

Rhys Bowen

Rhys Bowen, auteure best-seller du New York Times, a été nominée dans tous les plus grands prix de romans policiers et en a gagné de nombreux, dont les Agatha et Anthony Awards. Elle a écrit entre autres la série Son Espionne royale, qui se déroule dans les années 30 à Londres, la série Molly Murphy Mysteries, au début du XXe siècle à New York, et la série Constable Evans Mysteries, dans le pays de Galles. Elle est née en Angleterre et partage aujourd’hui son temps entre la Californie du Nord et l’Arizona.

                                                           

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