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Mise en garde de l’UNESCO

par Communique

L’UNESCO met en garde contre de faux certificats censés valider l’exportation de biens culturels africains

Paris, le 1er juillet — L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture appelle à la plus grande vigilance après avoir été saisie de nombreux signalements d’escroquerie et de trafic illicite de biens culturels en provenance d’Afrique, réalisés sous le couvert de faux documents, en vertu desquels l’UNESCO autoriserait ce commerce et certifierait même la valeur de collections. 

Ainsi, ces documents arborent frauduleusement le nom et le logo de l’UNESCO, en utilisant parfois de fausses cartes professionnelles ou en usurpant le nom de fonctionnaires en poste. La majorité des victimes résident en France, ont souvent des liens avec des pays d’Afrique francophone et pensent connaître les pratiques locales. Le montant cumulé des préjudices est estimé à plus d’un million d’euros.

C’est pourquoi le cas échéant, l’UNESCO saisira la justice pour mettre fin à ces fraudes et fausses représentations. L’Organisation appelle toutes les personnes sollicitées par ce type d’offres à y prêter la plus grande attention et à ne pas y donner suite sans une vérification scrupuleuse. Elle les appelle à se signaler auprès des autorités judiciaires compétentes.

Pour la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, « le trafic illicite des biens culturels est un fléau mondial, lucratif, le plus souvent lié aux autres filières du crime organisé, y compris le financement du terrorisme. Il affecte toutes les régions du monde notamment l’Afrique. Ces malversations constituent une atteinte à la culture », souligne-t-elle.

L’UNESCO célèbre cette année les cinquante ans de la Convention adoptée en 1970 pour lutter contre le trafic illicite de biens culturels. Le rôle de l’UNESCO est de faciliter la coopération entre États, d’assurer le partage des informations et la mise en œuvre des mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels.

Ainsi au cours des cinq dernières années, l’UNESCO a aidé plusieurs dizaines de pays à transcrire dans leurs lois nationales les dispositions de prévention de lutte contre le trafic illicite de biens culturels contenues dans la Convention de 1970, et encouragé la restitution des objets illégalement déplacés de leur territoire. 

À cet égard, l’UNESCO a organisé en partenariat avec ses partenaires – l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL), l’Organisation mondiale des douanes, le Conseil international des musées (ICOM) et la Convention UNIDROIT, plus de 80 sessions de formation et de renforcement des capacités auprès des représentants des États et de leurs ministères concernés, des services de police et des douanes, et des professionnels de musées.

C’est pourquoi l’Organisation met à la disposition des États des connaissances essentielles sur les normes juridiques, des données de référence sur les trafics, une base de données de lois nationales, ainsi que des outils pratiques. L’UNESCO ne délivre aucun certificat ni aucune autorisation de commercialisation de biens culturels. 

Ilustration : masques dogons.

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