Accueil Livres, Arts, Scènes Avec Les Roches rouges, dernier roman d’Olivier Adam, la jeunesse du style

Avec Les Roches rouges, dernier roman d’Olivier Adam, la jeunesse du style

par Émile Cougut

Vient de sortir en librairie, Les Roches rouges, qui ne connait pas Olivier Adam dont l’œuvre commencée au début de ce millénaire ne fait que s’enrichir ouvrage après ouvrage, livre pour la jeunesse après livre pour la jeunesse, scénario pour le cinéma après scénario pour le cinéma ?

Les Roches rouges, son dernier roman paru chez Robert Laffont, est une parfaite synthèse de ses thèmes récurrents : nous avons la banlieue parisienne, la mer (la Méditerranée pour une fois), un Antoine (comme À l’ouest ou La revanche), une vraie héroïne (comme dans Je vais bien ou Dans la ville silencieuse), les douleurs familiales, l’inadaptation sociale, la fuite. Et , fortement marquée dans ce livre la résilience et, dans une certaine mesure, la découverte de soi.

Quand on ne s’occupe que du personnage d’Antoine, il n’est pas difficile de penser à Simenon avec « le moment où tout bascule », le grain de sable qui change radicalement le chemin de vie tout tracé. Et Antoine les cumule : le premier qui le détruit, le fait tomber jeune adolescent dans la drogue et l’alcool, le second, quand il rencontre Leïla qu’il veut « baiser » mais dont il  tombe amoureux et qui va le sauver. 

La belle Leïla, victime de la violence de son père, déchirée par le départ subit de sa sœur Jennifer qui est victime de la violence de son mari, espèce de pervers violent, petit truand jaloux. Mais Leïla est une mère, une lionne, une tigresse, prête à tout pour défendre son fils, Gaby. Elle sait qu’Antoine lui ment, mais elle est prête à le croire pour sortir de la grisaille, de son enfer quotidien.

Et puis, il y a Lise, la sœur d’Antoine, morte vivante qui, petit à petit, grâce à Leïla et à Gaby, va surmonter le néant qui l’entoure pour réapprendre à vivre.

Le fédérateur autour de ces personnages, de tous les adultes, c’est Gaby, trois ans, la symbolisation de l’innocence, bien loin des tourments, des douleurs dont souffrent les « grands ».

Surtout, ce que l’on aime dans les livres d’Olivier Adam, c’est son style, limpide, parfait. Dans Les roches rouges, il bâtit son récit en utilisant deux intervenants : Leïla qui écrit son journal et Antoine qui raconte les faits qu’il vit.
Cela permet une progression parfaite de l’histoire en percevant l’évolution des deux protagonistes, de leur interrogations, de leurs souffrances, de leurs faits à tout instant et surtout de l’interaction qu’ils ont l’un pour l’autre. Cela, aboutit parfois à une vraie philosophie de vie, du moins pour Leïma : « Je ne sais pas ce ce que je pense, où j’en suis, ce que je vis exactement. Mais peut-être que ça n’a pas d’importance, qu’il faut prendre acte, de ce qui advient. Et de ce qui a précédé. Et faire avec. Peut-être faut-il avancer au jour le jour… Peut-être que c’est ça la vie. Un mélange permanent de douleur et de joie, de remords, de regrets et d’insouciance, de présent et de passé, de lumière et de ténèbres, de lourdeur et de légèreté. »

Et puis, il y a des fulgurances, des interrogations que se pose directement l’auteur : « pour écrire il faut d’abord écrire. Écrivez et vous verrez que vous avez quelque chose à écrire. Quelque chose d’unique. Qui n’appartient qu’à vous. Ou que vous avez une manière unique, qui n’appartient qu’à vous, de raconter » Tout est dit!

Les Roches rouges
Olivier Adam

éditions Robert Laffont. 17€90

Né en 1974, Olivier Adam est l’auteur de nombreux livres parmi lesquels Je vais bien, ne t’en fais pas (Le Dilettante, 2000) et, aux Éditions de L’Olivier, Passer l’hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), FalaisesÀ l’abri de rien (prix France Télévisions 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008), Des vents contraires (prix RLT/Lire 2009) et Le Cœur régulier. Il a publié aux Éditions Flammarion Les Lisières, (2012), Peine perdue (2014), La Renverse (2016), Chanson de la ville silencieuse (2018) et Une partie de badminton (2019). Il est également auteur de romans pour la jeunesse : On ira voir la mer (L’École des loisirs, 2002), La Messe anniversaire (2003), Sous la pluie (2004), Comme les doigts de la main (2005), Ni vu ni connu (2009) et Personne ne bouge (2011).
Plusieurs de ses livres ont été adaptés au cinéma, dont son premier roman, Je vais bien ne t’en fais pas, qui sera primé aux César en 2007, Poids léger et Des vents contraires. Scénariste, il a participé à l’écriture du film Welcome.
Son précédent roman jeunes adultes, La Tête sous l’eau, est paru en 2018 dans la collection R.

                                                    

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