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La collection du baron Empain en vente chez Artcurial

par Communique

PARIS – Le mardi 16 juin prochain, Artcurial orchestrera comme chaque année sa grande vente de Maîtres Anciens et du XIXe siècle. Au coeur de cette vacation, plus de 200 oeuvres, allant des tableaux des grands maîtres néerlandais du XVIIe siècle, aux dessins de Polidoro da Caravaggio, élève prodige de Raphaël, en passant par une rare sculpture du français Frédéric-Auguste Bartholdi préfigurant la conception de la Statue de la Liberté ou un chef d’œuvre de Bernardo Strozzi. La maison présentera la collection du baron François Empain, grand oncle d’Edouard-Jean Empain dit «Wado». Cette importante collection réunie par le baron Empain s’intitule Eloge de la folie.

La collection du baron F. Empain, éloge de la folie

Le baron François Empain (1862-1935) était le frère du grand industriel Edouard Louis Joseph Empain. Financier et homme politique, il fut sénateur de 1913 à 1920. Il était le grand oncle d’Edouard-Jean Empain, dit « Wado » (1937-2018). Cette collection s’intitule Eloge de la folie.

« Quoi que dise de moi le commun des mortels (car je n’ignore pas tout le mal qu’on entend dire de la Folie, même auprès des plus fous), c’est pourtant moi, et moi seule, qui grâce à mon pouvoir surnaturel répands la joie sur les dieux et les hommes. »Erasme, Eloge de la folie (1511)

Monomanes, fous, danseurs frénétiques, buveurs, animaux au comportement énigmatique jalonnent les œuvres de cette collection, lui apportant une réelle cohérence et un éclairage tout à fait inédit. Les collectionneurs se réjouiront notamment de découvrir Le roi boit du peintre Pieter II Brueghel, fils de Pieter l’Ancien. Cette huile sur panneau de chêne est estimée entre 400 000 et 600 000 €. On retrouvera également Erato, muse de la Danse amoureuse accompagnée d’une Danseuse avec le doigt sur le menton en marbre blanc, de l’atelier d’Antonio Canova (estimation : 100 000 – 200 000 €). Autre pièce remarquable: une huile sur toile intitulée Le roi boit provenant de l’atelier de Jacob Jordaens (estimation : 60 000 – 80 000 €).

Pieter II BRUEGHEL
Le roi boit
Huile sur panneau de chêne – 72,50 x 105 cm Collection du baron François Empain Estimation : 400 000 – 600 000 €

Vers la fin du XVe et au début du XVIe siècle, le thème de la folie prend une importance nouvelle dans l’histoire des mentalités aux Pays-Bas et dans les pays allemands. La figure du fou prend une place de plus en plus grande dans l’iconographie. Si Erasme est le plus célèbre auteur à avoir traité de la Folie, il n’est en revanche pas le premier. Cette iconographie va ensuite largement se diffuser, des truculentes scènes de réjouissances flamandes du XVIIe siècle au XVIIIe siècle plus confidentiel et codifié mais non moins dénué d’égarements et de fantaisies, en parallèle des recherches scientifiques menées sur les tempéraments humains et les indices permettant de les déterminer. L’apothéose sera sans doute le XIXe siècle, le romantisme et ses émois, la représentation des aliénés et la naissance de la psychanalyse. Les illustrations de la folie au cours des siècles ont de plus la caractéristique d’interpeller le spectateur et de l’interroger sur sa propre folie, la frontière entre sagesse et déraison n’étant jamais bien définie… La collection du baron Empain, mise en vente le 16 juin prochain par Artcurial, illustre la complexité de ce thème cher aux Maîtres anciens.

Dessins anciens, dont un important ensemble de dessins italiens des XVIème et XVIIème siècles

Polidoro CALDARA, dit Polidoro da CARAVAGGIO
Joseph jeté dans le puits par ses frères
Plume et encre brune, lavis bistre et rehauts de gouache blanche sur le trait de crayon noir 21 x 27cm Estimation : 200 000 – 300 000 €

Artcurial proposera une sélection d’oeuvres des plus grands dessinateurs, à l’image de Joseph jeté dans le puits par ses frères de Polidoro da Caravaggio. Cet important artiste de la Renaissance italienne fut l’élève de Raphaël et travailla avec lui notamment au décor des loges du Vatican. Egalement architecte, il fait partie de ces artistes qui donnèrent une place très importante à la technique du dessin au sein de leur carrière. Arrivé à Rome comme maçon, Polidoro travaille d’abord sur le chantier des Loges de Raphaël (1514-1519) comme manœuvre avant de se lier avec les peintres et d’intégrer l’équipe de Raphaël. On lui attribue d’ailleurs justement l’exécution du Joseph vendu par ses frères dans le cycle consacré à l’histoire de Joseph. Notre dessin reprend le même thème environ 10 ans plus tard. La scène de Joseph jeté dans une citerne puis extirpé est interprétée comme une préfiguration de la mise au tombeau et de la résurrection du Christ. Ce vibrant dessin est estimé entre 200 000 et 300 000 €.

Dessins du XVIIIème siècle, le goût d’une collectionneuse bruxelloise

La maison présentera également un ensemble de dessins du XVIIIe siècle, provenant d’une collection bruxelloise. Parmi les artistes représentés, de grands noms de l’art français, allemand et italien tels que Watteau, Oudry, Lancret, Géricault ou encore Mengs.

Anton Raphaël Mengs Aussig, 1728 – Rome, 1779 
Le Jugement de Pâris
Plume et encre brune, lavis brun et rehauts de gouache blanche sur trait de crayon noir, mis au carreau 
Signé ‘Raphael Mengs fecit & dedit’ en bas à droite. (Manque restauré à droite) 

Des études de femmes assises et de divers personnages par Jean-Antoine Watteau (estimation : 40 000 – 60 000 €), le dessin du Jugement de Pâris par Anton Raphaël Mengs (estimation : 40 000 – 60 000 €) ou encore plusieurs études d’hommes nus de la main de Théodore Géricault (estimation : 25 000 – 35 000 €) se distingueront parmi les plus belles oeuvres du goût de cette collectionneuse bruxelloise, mises aux enchères le 16 juin prochain par Artcurial.

Sculptures du XIXème siècle

La sculpture sera elle aussi à l’honneur avec notamment La Liberté du français Frédéric- Auguste Bartholdi. Il s’agit de l’un des rares exemplaires en terre cuite présentant l’une des étapes de la conception de la célébrissime statue de la Liberté dominant le port de New York. L’origine de la conception de cette figure de femme le bras levé portant un flambeau remonte à la fin des années 1860 et au projet d’une statue monumentale pour un phare sur le canal de Suez en Egypte. Trop coûteux, le monument ne verra pas le jour mais les recherches entreprises alors serviront de base à Bartholdi lorsqu’Edouard de Laboulaye lui confiera la réalisation d’un autre monument à la mémoire de l’indépendance américaine, cadeau de la France aux Etats-Unis. La terre cuite que nous présentons illustre l’une des étapes du travail de Bartholdi vers la composition finale. La monumentale statue de cuivre ornant Liberty Island sera inaugurée en 1886. Cette sculpture de Bartholdi est estimée entre 40 000 € et 60 000 €.

Aimé-Jules Dalou
Paysanne française allaitant son enfant
Terre cuite, Hauteur : 41,50 cm Estimation : 100 000 – 150 000 €

Une rare terre cuite de Jules Dalou sera également proposée au feu des enchères. Datée de 1872, période londonienne de l’artiste, elle est préparatoire à la version exposée au Salon de 1873. Devenu père, l’artiste réalise à cette période essentiellement des œuvres intimes, déclinant entre autres d’émouvantes scènes de maternité qui illustrent l’amour maternel commun à toutes les classes sociales. Notre terre cuite originale, estimée entre 100 000 et 150 000 €, constitue un touchant et rare témoignage du talent de Dalou qui enthousiasma les amateurs britanniques de la fin du XIXe siècle.

Consultation du catalogue de vente ( cliquer)
Illustration de l’entête: Bernardo Strozzi. Gênes, 1581- Venise, 1644. David tenant la tête de Goliath. Huile sur toile 

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