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Vu à Aix-en-Provence Casse-Noisette

par Pétra Wauters

Un grand classique pour toute la famille

Il y a eu de nombreuses adaptations de Casse-Noisette et le Roi des souris d’après Hoffmann. Celle proposée par le chorégraphe Vasily Vainonen avec les danseurs du Ballet Académique Yacobson est joliment ancrée dans la tradition et le respect des grandes œuvres classiques. Un rêve féérique pour tous les âges.

On se souvient, il y a deux ans déjà

Le Grand Théâtre de Provence accueillait en janvier 2018 « La Belle au bois dormant », un ballet interprété par les danseurs du Leonid Yacobson Theatre. Deux jours à guichets fermés. C’est dire si le retour du Ballet Académique Yacobson était attendu à Aix pour quatre représentations de ce nouveau spectacle, du vendredi 14 au dimanche 16 février 2020. Beaucoup d’enfants dans la salle pour accompagner les parents, à moins que ce ne soit l’inverse ! Des petites filles joliment habillées, ici des dentelles, là des strass dans les cheveux, et pour certaines un peu de rouge à lèvre, autorisé en ce jour très spécial. Ce ballet ne fait-il pas rêver les petits garçons et les petites filles ? Des histoires de jouets, de princes et de princesses. Tout y est ! Costumes et décors somptueux, tutus, diadèmes…

Créé à Saint Pétersbourg en 1892 par Marius Petipa, c’est l’un des ballets les plus enchanteurs du répertoire. Petit pas en arrière pour nous qui regardons déjà vers Pâques. L’histoire se situe à Noël. Tout le monde est réuni autour du sapin. On distribue les cadeaux. Clara tarde à recevoir le sien, mais enfin, son parrain lui offre un soldat de bois qui casse les noisettes. Pendant la nuit, le jeune fille rêve que son jouet se transforme en prince charmant. Jolie scène onirique, illustrée par la musique sublime de Tchaïkovski, véritable joyau connu de tous ! La musique de Casse-Noisette est sans doute l’une des plus célèbres de Tchaïkovski. N’avons-nous pas déjà entendu la valse des fleurs, ou encore la danse de la fée dragée ? Walt Disney a animé la valse pour son film « Fantasia  », une musique populaire entre mélancolie et gaité, qui, du reste fut souvent reprise dans les publicités.

Il y a tant à regarder dans ce Casse-Noisette qu’on ne sait plus où poser son regard. Quel soin apporté aux détails ! C’est justement à travers eux que la pièce prend vraiment vie. Les jouets déposés au pied du sapin s’animent et la jeune fille va être entrainée dans de drôle d’aventures. On découvre de méchantes souris guerrières, un chef « souris) (qui ressemble davantage à un rapace ou un rat) on traverse une forêt de sapins sous des flocons de neige, on visite avec gourmandise un royaume des délices, et on se laisse attraper par une joyeuse farandole de danses du monde entier. C’est sans doute l’un des moments forts du ballet. La danse espagnole, la danse arabe, la danse chinoise, la danse russe, toutes nous séduisent. Il y a aussi l’incontournable valse des fleurs, dont nous parlions, des pas de deux incroyablement virtuoses, des sauts qui défient l’apesanteur, et des portés vertigineux… Les corps suivent divinement la musique. 
On s’est régalé de la danse du soldat mécanique, une séquence assez courte, mais qui marque les esprits. La danse du grand-père, dans les premiers tableaux du ballet est très drôle. Moins captivante peut-être la danse des galops des enfants, pourtant l’un des moments les plus emblématiques du ballet.
Il faut avouer que la surprise est belle. On a toujours un peu peur de ce parfum parfois candide et sucré qui colle souvent au livret de ces contes.

Pourvu qu’elle ne présente aucun contresens à l’esprit initial de l’œuvre classique, la danse classique ainsi revisitée est une fête de tous les instants. Ce souffle contemporain magnifie la musique de Tchaïkovski, pleine de passion. Dans les contes de fées, tout est magique, il s’agit de s’amuser, de laisser place au rêve.

Parlons de Casse-Noisette. Avant qu’il ne redevienne un simple objet, il est le prince rêvé. Bien campé sur ses jambes, à la fois solide et délicat dans les portés, plein de grâce et de simplicité car précis dans les sauts et les pirouettes. Clara est ravissante, toute fine et légère et pourtant, quelle présence scénique. Elle est pour Casse-Noisette la partenaire idéale, et le duo fonctionne à merveille. Les autres danseurs ne déméritent pas. Il y a du monde sur scène. Leur virtuosité et leur vitalité époustouflent quelles que soient les séquences dans les solos ou dans les mouvements d’ensemble, pour certains particulièrement difficiles. Quelques réceptions sont approximatives, mais ce petit bémol n’entache en rien le plaisir de la représentation. Les tableaux sont de véritables peintures vivantes et on le doit aussi à la très belle mise en lumière du spectacle.

Ce Casse-Noisette est chorégraphiquement enthousiasmant et comme toujours, l’amour et la sincérité triomphent sur les forces du mal.

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