Accueil Archives 2011-2020 La Mata-Hari des alcôves, une femme si distinguée

La Mata-Hari des alcôves, une femme si distinguée

par Marc Gaudet Blavignac

The erratic world of art brokers


[**Par Marc Gaudet Blavignac*] / Récemment, j’écrivais quelques mots pour piquer dans le vif une viande parfois bien faisandée: [**les courtiers d’art*].

La barbaque s’étant encore avariée, je me dois de relacer le tablier, pour en cuisiner l’une d’entre eux.

Un ami que nous nommerons Sébastopol -c’est joli, ça lui ressemble et ça rappelle une bataille- me rapporte cette anecdote:

L’un de ses intimes, collectionneur avisé, l’invite à un cocktail privé. Occasion pour ce collectionneur de présenter ses dernières acquisitions à un cercle d’amis, plutôt restreint. Il ne vend pas, bien entendu. Il s’agit d’un pavanage de bon ton, sans intention mercantile. Du relationnel courtois, si ce n’est de l’amitié, parfois.|right>

Sébastopol, coupe en main, croise une jeune femme de ses connaissances. Etonnement de la savoir conviée en pareil cénacle! La donzelle -que l’on me pardonne l’expression, pourtant justifiée par la chute de cette histoire- se prétend également fort proche de l’histrion. Leus classes ensemble, des virées de jeunesse… Tout le tralala. On la nommera Messaline.

Sébastopol, historien de l’art explique sa profession à Messaline qui lui rétorque: « Ben ça tombe bien! je suis courtière. En tableaux… »

Fuite de l’historien, du côté des Corot. Avec crochet par le buffet, aimablement garni.

Le lendemain de cette rencontre si peu mémorable, Sébastopol reçoit un courriel, adressé par une certaine messaline@coutage&tralala.com. Ledit message contient une dizaine de photographies de tableaux -plus ou moins cadrées. Ainsi que leurs descriptifs -plus ou moins flous. Et vice versa.

Il s’agissait des oeuvres ornant les murs de l’intime. Discrètement, Messaline en avait tiré le portrait, en véritable Mata-Hari des alcôves.

Bille en tête, elle les proposait à la vente, prix sur demande, mais parfaitement « en accord avec leur propriétaire ».

Bien entendu, la missive vous était adressée de façon « personnelle, discrète, rien que pour vos yeux (jargon de courtier) », Une discrétion que démentait la mention « undisclosed recipients », faisant de ce courrier si personnalisé une véritable circulaire.

La demoiselle ne fut plus conviée. Pas plus ici qu’ailleurs.|right>

Sébastopol me rapportant -oh! le vialin rapporteur!- cette épiphanie suscita en mon for intérieur quelques réflexions.

En fin de compte, tout cela est normal. Parfaitement en adéquation avec le marché de l’art. Sans plus développer -ce sera l’occasion d’une prochaine saillie- on peut constater que:

– Les oeuvres « fraîches » sur le marché se raréfient: de provenance privée, n’ayant pas fait l tour des popotes en matière de salles de ventes ou visibles aux quatre vents sur la Toile.

– Il existe une poignée de marchands -qui n’aiment pas le terme « courtier », donnant l’impression que leur truc à un goût- auxquels on confie tout ce qui échappe aux prestigieux auctioneers. Pour le restant de la colère de Dieu: les miettes. Parfois cossues, mais miettes tout de même.

En guise d’apostille à ces deux remarques, on constate, mon bon monsieur, que les temps sont duuurs pour les oisillons, tandisquent planent les faucons – les vrais parfois.

Alors il faut innover -comme disent les communicants-. Ferrailler dur pour trouver la perle. Ou alors inventer. Des méthodes, parfois cavalières comme celle sus-nommée. Ou carrément… inventer des oeuvres! Pas des faux, que nenni. Des oeuvres… Véritables… Certifiées…

Mais qui n’existent pas ! Impossible?

Je vous en parlerai dans un brochain billet. Le sujet des courtiers étant une source d’inspiration inépuisable, ce ne saurait tarder. Comme l’écrivait je ne sais plus qui: « Le pire n’est jamais décevant. »

[**Marc Gaudet Blavignac*]|right>


Illustration de l’entête: Détail de la couverture de « The Art of the Con » (St. Martin’s Press/Photo montage par Salon


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[**Retrouvez les précédents (et jubilatoires) billets de Marc Gaudet-Blavignac*]

(Cliquer sur le titre)

Le cri du crieur, le soir au-dessus des jonques

Marchands d’art, hamsters infatigables !

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[
Les courtiers en art : de l’ascaris à «La Chaîne des Rôtisseurs»->http://www.wukali.com/Les-courtiers-en-art-de-l-ascaris-a-la-La-Chaine-des-Rotisseurs-3441?var_mode=calcul#.XCVw-C17RsM]

Du transporteur, acteur incontournable du marché de l’art

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WUKALI 08/02/2020 article initialement mis en ligne le 16/08/2019

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