In Aix-en -Provence, music flows with joy everywhere


[**Par Pétra Wauters*] /. Une grande soirée de musique au Grand Théâtre de Provence à Aix ce mardi 21 janvier 2020, le pianiste [**David Fray*] était accompagné par l'[**Orchestre Philharmonique de Marseille*], dirigé par [**Néstor Bayona*] dans un programme lumineux !

Premier temps fort, [**Georges Enesco*] (1881-1955) avec La rhapsodie roumaine n°2 en ré majeur moins populaire mais tout aussi belle que la n°1. Les deux ne sont pas sans rappeler les rapsodies hongroises de [**Liszt*], avec un ton patriotique roumain bien affirmé, des thèmes populaires qui mettent en scène des cordes de toute beauté. Brillante encore la sonorité du haut bois solo et du cor anglais. On aime l’esthétique introvertie, contemplative et méditative de cette rapsodie, ses moments de ferveur ou encore de mélancolie et son lyrisme romantique. Une dizaine de minutes de plaisir. Une première partie très apprécié du public.

Puis [**David Fray*] entre en scène. On ne présente plus ce musicien virtuose et profond, ce pianiste couronné de nombreux prix internationaux, comme le fut l’un de ses mentors, [**Jacques Rouvier*]. Il affirme souvent du reste que son professeur est l’une des meilleures choses qui lui soient arrivées, artistiquement et aussi humainement, même s’il reconnaît qu’il a eu la chance de bénéficier du soutien et des conseils d’autres artistes également admirables. C’est sans doute avec Jacques Rouvier qu’il a appris l’essentiel, le sens du rythme, le sens du style, et du style, il en a, aucun doute!

Il faut le voir le beau quadragénaire, qui assurément pourrait faire la une des magazines pour sa seule plastique. Sans doute ne souhaiterait-il pas que l’on en parle, mais si on peut lire dans le programme « des théâtres » : Visage d’ange et sérénité superbe… c’est que cela doit être autorisé !


Mais on oublie cela dès qu’il entre sur scène et qu’il s’assoie sur sa chaise, un peu « encombré » par ses longues jambes, reculant et avançant sur son siège, qu’il semble néanmoins préférer au tabouret de piano utilisé par les concertistes. Il croise ses bras, écoute l’orchestre qui entame le concerto n° 24 en do mineur K 491. Signe de trac, sans doute un peu. Cherche t-il un peu de réconfort ? On ne saurait dire. Toujours est-il qu’il s’éloigne inéluctablement de nous, pour rejoindre La Musique. David Fray rentre dans un état introspectif !

Cela lui réussit ! Avec[** Mozart*], le pianiste convoque l’une de ses figures d’élection. Il poursuit un joli parcours à travers la musique allemande, après [**Bach*], qu’il joue à la perfection. On a encore pu s’en rendre compte le 16 aout dernier, sur la scène du parc de Florans de la Roque d’Anthéron, dans un mémorable concert Bach où il était accompagné de son ami, le violoniste, [**Renaud Capuçon.*] On a de la chance, dans la région. Le pianiste est un fidèle du festival de Pâques d’Aix, ou encore du festival de piano de la Roque d’Anthéron.

Il aime les œuvres qui stimulent autant l’affect que l’intellect. De toute évidence, il est remarquable dans les œuvres qui demandent à concevoir des architectures complexes, élaborées. On pense à [**Bach*] qu’il nous offre dans un bis inoubliable. On se souvient de son dernier enregistrement des concertos de Bach.

Mais avant le bis, il y a l’œuvre de la soirée : Le Concerto n°24 de Mozart qui offre une belle tonalité mineure. Tout y est dans ce superbe et complexe concerto, et pourtant tout paraît facile dans ces trois mouvements. Surtout dans le larghetto qui semble d’une simplicité désarmante de par sa structure mélodique. Et pourtant… L’écriture de cette œuvre est d’une richesse incroyable. On aime la sensibilité déployée par le pianiste, très inspiré. Il nous a offert un Mozart d’évidence, jamais mièvre, ni affecté, jamais surjoué, toujours fluide. Il a su instaurer un lien complice, un lien tenu avec l’orchestre qui, on ne le sait pas encore, va briller de mille feux avec [**Manuel de Falla*], après l’entracte.
Arriba España !

El sombrero de tres picos (Le Tricorne) va nous permettre d’apprécier vraiment toute la subtilité de l’orchestre. Une œuvre qui « colle » joliment aux couleurs du Philharmonique de Marseille et qui va conclure la soirée de fort belle façon. On plonge dans un univers très différent des précédents, nous offrant toute la richesse dramatique et stylistique du compositeur andalou, l’un des fleurons de la musique espagnole moderne, à l’instar d’un [**Ravel*], dirions-nous. A l’origine, il s’agit d’un ballet commandé par [**Diaghilev*], fidèle chorégraphe de [**Stravinsky*]. Quelle vigueur dans cette œuvre arrangée peu après pour orchestre, un drame tout simple, une histoire banale en définitive, mais qui est prétexte à réinventer un folklore espagnol. On applaudit le basson, plein de malice qui incarne le Corregidor, la puissance du cor solo de «La Danse du meunier,» en réalité, tous les instruments mettent du soleil dans les sonorités et de la passion dans les rythmes. Les cordes chantent à merveille, les vents livrent un son clair, éclatant. Oui, le caractère ibérique de cette œuvre se colore délicatement sous la direction de Nestor Bayona.

[**Pétra Wauters*]


[(Orchestre philharmonique de Marseille
Direction Néstor Bayona
Piano David Fray
Mezzo-soprano Marina Rodriguez-Cusi
Georges Enesco
Rhapsodie Roumaine n°2 en ré majeur, op. 11
Wolfgang Amadeus Mozart
Concerto pour piano n° 24 en do mineur, K. 491
Manuel de Falla)]


Illustration de l’entête: David Fray © Paolo Roversi Erato

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Contact : redaction@wukali.com

WUKALI Article mis en ligne le 23/01/2020

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