A fierce demonstration against consumption greed


Serais-je assez discourtois pour vous faire regretter les fastes ou pour le moins les petits plaisirs festifs et de table que vous eûtes pour ces fêtes de fin d’année ? Voici un film de **Philippe Grammaticopoulos*], artiste dont j’ai déjà traité dans ces mêmes colonnes :[ Le Régulateur ou Le Processus (Cliquer).

C’est un plaisir au demeurant que de rédiger quand la forme et le fond se conjuguent dans une même perspective, s’épaulent l’un l’autre et que l’on sort de l’univers circonscrit pour aller vers l’essentiel c’est à dire quand un film permet le discours, le débat et la contradiction sans lesquels il n’existe pas de véritable liberté!


En quelques courtes lignes, et si vous le voulez bien, voilà ce que j’écrivais dans l’une de mes précédentes chroniques sur le travail de Philippe Grammaticopoulos : «L’individu se perd et est isolé, il est inconsistant, manipulé et façonné comme dans 1984 d’[**Orwell*]. L’humanité n’est plus qu’un vague souvenir, la civilisation de la liberté semble avoir fait place à un monde totalitaire déshumanisé où l’individu est devenu la marionnette dérisoire, le pantin d’une autorité invisible et omnipuissante. C’est aussi d’ailleurs une certaine critique du monde d’aujourd’hui. Tout ressemble à tout, un peu comme nos rues d’ailleurs. Le sujet se perd dans la masse, peu d’individualité, tout le monde se ressemble, ici dans l’univers de [**Philippe Grammaticopoulos*], le personnage héraldique est habillé d’une espèce de redingote et d’un drôlatique chapeau haut de forme. C’était patent d’ailleurs dans Le Processus où l’individu n’existait que par son appartenance au groupe et où toute velléité d’autonomie et de différenciation était empêchée. Le réalisateur file la métaphore d’une société sans spiritualité et sans âme. Une société totalitaire comme le vingtième siècle a malheureusement été prodigue, mais pas seulement, une société aussi consumériste et sans idéal, la nôtre, qui navigue à vue au gré des modes et sans substance.»

[**Les Ventres*] (2009) peut être considéré comme une métaphore de nos sociétés, d’est en ouest, du nord au sud et sur toute la surface de la planète. La société de la consommation, de production et des dérives de l’industrie agro-alimentaire, miroir aux alouettes pour ceux qui n’ont rien et qui aspirent, et c’est logique, à partager le festin, miroir aux alouettes pour nous autres aussi les bénéficiaires qui perdons la raison dans la démesure de nos appétits gargantuesques contre nature. On ne peut plus d’actualité par ailleurs, et il est loisible bien évidemment d’extrapoler !

Le film est rondement mené, une ville qui ressemble fort à un univers carcéral, une architecture nulle et répétitive, des individus sans originalité, la description si peu forcée des états-majors de direction qui courtisent avec obséquiosité leur chef, et surtout l’univers de l’élevage et de l’industrie alimentaire que l’on ne peut sans se tromper assimiler à un voyage d’agrément ! La conclusion est du domaine de la fable…

La musique au demeurant est judicieusement choisie combinant tout à la fois une transcription de[** Bach*] version [**Georges Crumb*] et [**Pierre Schaeffer*] pas moins, ([**Jacques Loussier*] n’est pas loin), ainsi que des bruitages et des sonorités de percussion !

En cadeau (et oui c’est Nouvel An), un petit film publicitaire que [**Philippe Grammaticopoulos*] a réalisé pour[** France 24*], son titre: Les Oiseaux… çà vous dit quelque chose …?

[**Pierre-Alain Lévy*]


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Contact : redaction@wukali.com

WUKALI Article mis en ligne le 04/01/2020

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