She was the Emperor of Anam’s wife ( Vietnam)


Par Félix Delmas /. Pauvre petite fille riche ! Voilà ce à quoi pense le lecteur après avoir fini de lire l’excellente biographie de la dernière impératrice du [**Vietnam*] que vient de commettre [**François Joyaux*].

Rien ne destinait, de fait, à [**Marie-Thérèse Nguyễn Hữu Thị Lan*], Mariette pour ses intimes, de devenir l’épouse de l’empereur d’Anam.

Elle est née dans la haute bourgeoise vietnamienne, totalement intégrée dans le système colonial mis en place par la France. D’ailleurs, elle a la nationalité française dés sa naissance. Elle est française et vietnamienne. Autre particularité familiale, se sont des chrétiens qui s ‘honorent d’avoir quelques martyrs dans leurs ancêtres, qui ont financé la construction d’édifices religieux. Toute sa vie, Nam Phuong sera une chrétienne pratiquante, elle a fait ses études à Paris, au Collège des oiseaux. Paris, la ville lumière qu’elle adore. Elle gardera toute sa vie une vraie reconnaissance et un très bon souvenir de son séjour en France et des sœurs qui l’ont éduquée.

Dés son retour au Vietnam, sans que l’on ait eu l’idée de lui demander son avis, des tractations ont lieu, menées par la France, pour la marier avec le jeune (20 ans) empereur [**Bao Daï 保大帝*]. Une sorte de dandy, beaucoup plus occupé par le yachting, les voitures de courses et bien sûr les femmes. Le principal problème est religieux. Impossible pour la cour d’avoir une impératrice (plus exactement l’épouse de l’empereur, car jusqu’à [**Nam Phuong*], l’impératrice était la mère de l’empereur) catholique, et pour le Vatican (consulté sur cette délicat question), impossible que les enfants du couple ne soient pas baptisés et élevés dans la religion catholique, apostolique et romaine. Quoiqu’il en soit, ils finissent par se marier. Et, au début, une vraie harmonie règne entre les époux (tempérés par la haine que lui voue sa belle-mère).|left>

On connait la suite, à partir de la Seconde Guerre mondiale : l’isolement du [**Vietnam*], l’arrivée des Japonais, la proclamation d’indépendance par Bao Daï, et la réaction de la France dès la capitulation du [**Japon*]. Et arrivent les communistes. La position de Nam Phuong a fait l’objet de nombreuses critiques, elle semble faire allégeance à [**Hô Chi Minh*]. Mais, à sa décharge, ce dernier « avançait caché », ne parlait que d’indépendance et n’avait pas mis en place les grandes épurations qui allaient faire des dizaines de milliers de victimes, dont les catholiques. La personne en qui elle avait entière confiance était au service des communistes et la « piégea ». De plus, l’empereur à cette époque, collaborait avec les communistes. Mais surtout, Nam Phuong était mue par l’idée qu’il fallait préservait toutes les chances pour que son fils aîné monte sur le trône. Tout cela aura était vain, et la situation de la famille devenue très précaire, d’autant que le couple vit totalement séparé, non seulement par la volonté des communistes, mais surtout par celle de Bao Daï qui enchaîne les maîtresses (ce qui ne pouvait que blesser une catholique fervente) et qui se montre un bien piètre politique.

Elle finit par s’exiler en France avec ses enfants et sa mère. D’abord sur la côte d’Azur puis à Neuilly et en Corrèze, dans le village de Chabrignac. Elle rencontre parfois son mari, mais le couple n’existe que sur le papier. Elle prend même un amant, Durant le peu de temps qu’il lui reste à vivre elle resta très attentive à l’éducation de ses cinq enfants.
Et en 1963, elle meurt d’étouffement suite à un phlegmon (personne n’osa pratiquer la trachéotomie qui aurait pu la sauver) et est inhumée dans le petit cimetière de Chabrignac. Elle avait 50 ans.

Une vie, un destin, une vraie volonté. [**François Joyaux*] nous peint une personne attachante, très attentive quant au devenir de ses enfants, une bien meilleure politique que son mari. Mais aussi une femme amoureuse ayant souffert des frasques de son époux, mais toujours une femme digne, droite avec une véritable rigueur morale. Et tout cela avec en toile de fond, les tourments de l’histoire dont elle fut une des victimes.

[**Félix Delmas*]|right>


[**Nam Phuong
François Joyaux*]
éditiins Perrin. 23€


[(

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WUKALI Article mis en ligne le 05/11/2019

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