Most visitors will most certainly discover an unknown Mondrian !


Par Pétra Wauters / Voilà une exposition complètement à contre-courant de la fameuse renommée de l’artiste hollandais. La peinture figurative de [**Piet Mondrian*] est restée longtemps méconnue du grand public.

Découvrir cette facette de Mondrian, c’est assez magique et étonnant, émouvant même parfois. Car on croyait le connaître. Au final, on s’aperçoit en découvrant cette soixantaine de peintures, que l’artiste n’a pas fait de la figuration dans sa jeunesse, pour devenir ensuite un peintre abstrait ! « Mondrian est figuratif jusqu’à cinquante ans » confirme l’historienne d’art, [**Marianne Mathieu*], directeur scientifique du musée Marmottan Monet et commissaire de l’exposition.

Mondrian n’a jamais opposé la figuration et l’abstraction On le voit nettement dans ce parcours chronologique, le peintre ne passe pas du noir à la couleur, ou encore de la figuration à l’abstraction. Le tout s’entremêle et il y a une logique dans ce cheminement artistique.

Le plus important collectionneur de l’artiste, [**Salomon Slijper*], s’est passionné pour cet aspect longtemps oublié de l’œuvre de Mondrian. Comme le souligne Marianne Mathieu « L’artiste vient d’une école classique et au début de sa carrière, il peint des tableaux réalistes, principalement des paysages de Hollande ». Des paysages et quelques natures mortes, comme le Lièvre mort, réalisé par l’artiste à 19 ans dans un rendu des plus réalistes qui nous rappelle Le lièvre, vivant celui-là, d’[**Albrecht Dürer*], un « chef d’œuvre » d’observation, dans la technique de l’aquarelle.

Les peintures que l’on découvre ont été sélectionnées par Mondrian lui-même vers 1920 pour son collectionneur et ami, un homme qui changera la vie de Mondrian et qui va, par l’achat de toiles, lui permettre de mener une carrière internationale. Ce qui est étonnant, c’est que la première œuvre qu’il lui achète est une peinture abstraite, la Composition No IV de 1914. Etonnant encore, Slijper va acheter son fonds d’atelier resté en France … sans l’avoir vu. Une confiance aveugle ? Pas vraiment. Ils écriront ensemble cette page de l’histoire de l’art !

Qui peut imaginer que Mondrian peignait une rose tous les matins, tous les jours de sa vie, jusqu’à sa mort ? Un joli rituel non ? Sans doute faisait-il ses gammes !

Qui peut encore imaginer que c’est ce même Mondrian qui a peint ce moulin et cette composition abstraite, faite de lignes orthogonales et de petits carrés jaunes ou rouges ?

Et pourtant déjà, en y regardant de plus près, on distingue dans bon nombre de tableaux comme dans celui de ce moulin dans le crépuscule, des verticales et horizontales qui caractériseront la peinture abstraite des vingt dernières années de sa vie.

L’artiste commence sa carrière dans son pays natal aux [**Pays Bas*], puis s’installera dès [**1911*] à [**Paris*], carrefour du cubisme. L’exposition nous présente « Portrait d’une dame », une toile cubiste qu’il aimait particulièrement. « Mondrian est un chercheur » nous dit encore la commissaire d’exposition. En effet, l’impressionnisme, le luminisme, les fauves, le symbolisme, le néo-plasticisme, tout l’intéresse. Dans une même année, il peindra des damiers colorés complètement abstraits et en même temps un autoportrait dans la plus pure tradition. On aime du reste ses autoportraits si différents : celui de 1918, une huile sur toile, et l’autoportrait de 1908, fusain et crayon sur papier de son époque « théosophe ». Regard perçant, un visage habité. Il entre dans sa peinture comme il entre en religion en quelque sorte et on se moquera de lui : « Ce dingue de Mondrian dans la position du Bouddah au beau milieu de la plage ». Mondrian adopte le genre bohème, barbe, collier de perles et chemises froissées. En tout les cas, ces portraits annoncent son œuvre symbolique.

Ce qui fait encore la force de l’artiste, c’est le rayonnement si caractéristique de ses toiles, ce travail sur la forme, la touche, et la couleur. On en a conscience au fil des salles en passant d’une toile à l’autre. C’est une constante. Une élément-clé de sa recherche. « Le rayonnement, c’est le curseur de l’œuvre de Mondrian. Pour lui, un tableau réussi est un tableau qui rayonne» explique Marianne Mathieu.

Et on s’étonne encore de ce que nous dira[** Daniel Koep*], directeur des expositions du Kunstmuseum de La Haye. «Lorsque Mondrian décide de changer sa composition de lignes et de carrés, toutes les pièces doivent trouver une nouvelle place, même si, volontairement il décide de laisser voir la trame initiale, comment tout a commencé sur la toile. C’est dynamique, cela évolue. On pense souvent que c’est possible de reproduire des œuvres néo-plastiques, sur un ordinateur ; c’est presque le cas, à quelques détails près» . Monsieur Daniel Koep nous raconte une belle histoire, authentique : «On peut faire 50 Mondrian en tenant compte des proportions et des nombreux aspects de son travail. On présente à des enfants et au public en général, 5 « vrais » Mondrian et 45 « faux », fabriqués sur ordinateur, tous vont toujours identifier les vrais Mondrian ! Pourquoi ? parce qu’ il y a une qualité d’émotion !
Le fameux « rayonnement » dont on parle depuis le début et qu’aucune machine ne peut produire.
»

Le [**musée Marmottan Monet*] a noué un partenariat exceptionnel avec le [**Kunstmuseum*] de[** La Haye*] pour organiser cette exposition à découvrir d’urgence jusqu’au 26 janvier 2020.

Rappelons que Les Dialogues Inattendus seront jusqu’au 29 sept au Musée Marmottan. Un accrochage sympathique et des œuvres qui nous ravissent dans ce dialogue effectivement inattendus entre le Maître des Nymphéas et ce « jeune artiste » de 80 ans, plus que jamais inventif[**, Gérard Fromanger*]. Monet / Fromanger Impression, soleil levant 2019

[**Pétra Wauters*]


[**Mondrian Figuratif, une histoire inconnue*]
[**Musée Marmottan Monet. Paris*]
2, rue Louis-Boilly. Paris

du12 Sept. 2019 / 26 Jan. 2020

Métro : Ligne 9, arrêt : La Muette ou Ranelagh
RER : Ligne C, arrêt : Boulainvilliers


Illustration de l’entête: Portrait d’une dame et autoportrait réalisés en 1912. ©photo Pétra Wauters


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Contact : redaction@wukali.com

WUKALI Article mis en ligne le 19/09/2019

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