An exhibition at musée d’Orsay in Paris around Berthe Morisot. Last days !


Par Pétra Wauters / C’est l’une des artistes les plus novatrices de son temps, en effet [**Berthe Morisot*] est, avec [**Mary Cassatt*] (1844-1926) et [**Eva Gonzalès*] (1849-1883), l’une des trois femmes peintres des débuts de l’impressionnisme.

Dans le mouvement impressionniste on évoque le plus souvent des figures masculines. Pourtant l’une des plus grandes représentantes de ce mouvement mérite le détour au [**Musée d’Orsay*]. Il s’agit de Berthe Morisot.

L’exposition a démarré le 18 juin et il ne reste que quelques jours pour découvrir [**75 œuvres majeures*] qui présentent tous les aspects de l’œuvre de l’artiste.
Scènes bourgeoises et familiales, paysages de Normandie, marines, jardins fleuris, portraits de jeunes filles en fleur, de superbes tableaux de Berthe Morisot, une formidable signature de cette époque. Une femme qui a travaillé avec les impressionnistes [**Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir, Paul Cézanne*] ou [**Camille Pissarro, Edgar Degas, Edouard Manet*] et bien d’autres encore…

Une belle artiste qui a fait battre le cœur de quelques uns. Elle épousera [**Eugène Manet*], le frère d’Edouard Manet, Edouard qui dira, en rencontrant Berthe et une de ses sœurs, Edma, également peintre : «Elles sont charmantes, c’est dommage qu’elles ne soient pas des hommes !» . Edma pourtant très douée aussi abandonnera la peinture. Elle sacrifie sa carrière artistique pour une vie familiale bien rangée et dans les correspondance qu’elle entretient avec sa soeur, on apprend beaucoup de choses sur le travail de Berthe, sa carrière, ses amis peintres et écrivains, ses soutiens, ses angoisses… ces lettres sont riches d’enseignements. Edma y est parfois très nostalgique de l’époque où elles peignaient ensemble.

Si Berthe est dévorée par le doute quant à son travail, elle est encouragée et respectée par le groupe et exposera souvent avec eux, même si, il faut bien le reconnaître, elle ne vendra que peu de toiles. Découvrir cette exposition à Orsay nous donne envie de nous replonger dans le livre de [**Dominique Bona*]. « Berthe Morisot, le secret de la femme en noir » chez Grasset. Oui, on s’émerveille de l’exposition, et on poursuit l’aventure Morisot au travers de nombreux tableaux décrits ou évoqués dans cette biographie publiée il y a presque 20 ans déjà.

On vit au milieu des impressionnistes et on découvre la vraie nature de cette femme dont l’art nous émeut par sa douceur, son élégance, la spontanéité de son trait, sa lumière, ses blancs sans nuls autres pareils. Sa vie est un roman. Une vie aussi courte que dense car elle est morte à 54 ans en soignant sa fille Julie de la grippe. « Sans profession » peut-on lire sur son acte de décès ! Surprenant !

Certes, l’artiste n’avait aucune complaisance devant son art, pourtant si éclatant aujourd’hui. Qu’il est bon de rétablir la vérité. Si vous avez du mal à quitter l’univers de ce peintre, vous pouvez poursuivre jusqu’au [**musée Marmottan Monet*] qui abrite le premier fonds mondial de son œuvre. C’était le vœu le plus cher des descendants de cette artiste… « sans profession » !

C’est [**Edouard Manet*] qui a su sans doute le mieux immortaliser [**Berthe Morisot*], sa muse et l’épouse de son frère cadet. Peut être son amoureuse ? Le livre aux milles références n’a pas pu lever le voile. Les lettres ont-elles été brulées par Berthe, qui n’en conservera que quatre ?

L’artiste de « Olympia », subjugué par son modèle, a voulu percer le mystère de la dame en noir ou le secret de la dame en noir. Souvenez vous de la toile, Berthe Morisot étendue, une belle jeune femme au sourire mélancolique et un regard intense qui captiva jusqu’à [**Baudelaire*], ou encore Berthe Morisot au bouquet de violettes, quelques mèches rebelles sous un haut chapeau noir et un regard qui en dit long encore. Celui d’une femme peintre entre ombres et lumières dans un monde réservé aux hommes, une épouse, une mère, une femme bourgeoise qui connaît les arts. Berthe Morisot ne sera pas seulement l’arrière petite-nièce de [**Fragonard*], elle deviendra la femme impressionniste, l’une des principales figures du groupe.

Tous apprécient son art à la fois puissant et délicat.

On sait que[** Manet*] collectionnait les tableaux de [**Berthe Morisot*]. Un coup de pâte reconnaissable, tout comme les sujets qu’elle affectionnait. Ils sont peut-être à l’origine de ce désintérêt d’une partie du public. Elle a peint son intérieur, ses enfants, son mari … des thèmes pour certains trop délicats ou gentillets. On pense à [**Mary Cassatt*], la plus française des Américaines, exposée au printemps 2018 au[** musée Jacquemart André*]. Des thèmes également puisés dans la vie « privée » : des enfants, la famille…
C’est également une peinture de l’intimité qui prend vie sous les pinceaux de Berthe Morisot. Peindre son environnement immédiat ne veut pas dire qu’elle manque d’audace et d’inspiration. Elle a cette touche rapide et très vive qui prouve le contraire, et il y a aussi cette volonté de fixer quelque chose qui est en train de se passer, capturer l’instant et par la même capturer la vie.

La peintre va s’intéresser à la figure humaine sous tous ses aspects. Elle va croquer ses proches en extérieur ou en intérieur, qu’ils soient occupés dans des tâches quotidiennes ou qu’ils se reposent tout simplement comme ces jeunes filles très contemplatives, méditatives, un peu nostalgiques, loin de nous qui les observons. La mélancolie n’est jamais très loin non plus dans les œuvres de l’impressionniste. On s’étonne du reste. Comment peut on imaginer un être en souffrance derrière ses scènes paisibles peintes dans des jardins ? Comment imaginer encore une femme souvent insatisfaite, tant la palette est lumineuse, claire et joyeuse ? Berthe Morisot était anorexique et souffrait d’affreuses migraines. En regardant de plus près certaines de ces œuvres, peut-être que ces touches nerveuses et fragmentées nous révèlent quelque chose de douloureux en elle.

Psyché, ou le miroir vibre de ses touches douces et offre encore une belle luminosité, La jeune femme qui s’habille est tranquille, toute seule, face à son miroir, et tout autour des blancs superbes, voilages qui bougent doucement on sent un peu de fraicheur entrer la fenêtre entrouverte, à moins que ce ne soient toute cette gamme de blancs si délicats qui rafraichissent la pièce ?

Mais c’est la vision d’ensemble que nous retenons. Elle nous ravit par sa fraicheur, sa délicatesse et nous procure un sentiment de sérénité et d’harmonie. On songe au merveilleux portrait d’Eugène Manet son mari. Dans une lumière sublime, elle inonde la toile de couleurs très douces. On admire la composition très subtile, le cadre dans le cadre, cette ouverture vers la mer qui est particulièrement belle et poétique.

On s’attarde encore devant le portrait de sa fille adorée, [**Julie*] alors âgée de 17 ans. Devant elle, le lévrier offert par [**Stéphane Mallarmé*], après la mort de son papa, [**Eugène Manet*] en 1892. Une estampe japonaise au mur nous rappelle que de nombreux artistes s’intéressaient à l’ art extrême-oriental à cette époque. Pour preuve encore la simplification de la silhouette de la jeune fille, les volumes à peine esquissés, des espaces libres ici et là entre les différents éléments.

Jusqu’au 22 septembre au Musée d’Orsay … Pressez-vous !

[**Pétra Wauters*]


Autre article consacré à cette exposition publié dans Wukali :
Berthe Morisot à Orsay.


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Contact : redaction@wukali.com

WUKALI Article mis en ligne le 15/09/2019

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