Artists-in-residence and Master classes, a fabulous concert with unique and new talents

Par Pétra Wauters, envoyée spéciale au festival / Il y a de la gravité et du sérieux dans l’air. Les musiciens de ce beau récital qui vient conclure une semaine de Master Class, savent que, surtout dans les premières années d’une carrière, chaque nouveau concert est un véritable challenge.

Tous les ans, des professeurs expérimentés et musiciens internationalement reconnus accueillent de jeunes professionnels et les encouragent à persévérer, à progresser, à s’aguerrir, en suivant les Master Class. Ces « classes de Maîtres » qui leur permettent de bénéficier de précieux conseils, sont également ouvertes au public qui a ainsi la possibilité d’apprendre une foule de choses sur les oeuvres travaillées. Dans ces semaines estivales et studieuses, les jeunes musiciens, qui viennent pour beaucoup des [**CNSMD de Paris et de Lyon*], réalisent une tournée enchantée « Sur les routes de Provence ». Puis, le concert, le grand concert qui clôture ces journées d’échanges et partages arrive.


« La soirée des ensembles en résidence » , un rendez vous qu’il ne faut pas manquer et qui est ouverte à tous. Un concert gratuit, qui plus est !. Ce 15 août 2019, le public a particulièrement apprécié la promotion de l’année et il était peu probable qu’il soit déçu par le récital. Oui, le trac s’est invité par moments, légèrement perceptible car la technique était joliment maîtrisée. Ne l’oublions pas, ces filles et garçons, promis à un bel avenir, se sont tous illustrés dans des concours internationaux. Ils sont justes très jeunes ce qui n’est pas un défaut et il est étonnant de voir combien les tempéraments se dévoilent déjà..

La facilité n’était pas au rendez-vous sur la scène du parc de Florans. On joue dans la cour des Grands, il est vrai, et la promo 2019 a su se faire apprécier dans des oeuvres pour certaines incroyablement sophistiquées, des sonates et ensembles de musique de chambre de toute beauté.
Dans cette promotion 2019 ces messieurs sont grandement majoritaires !
[**David Salmon et Manuel Vieillard, Trio Zeliha, Trio Pantoum, Trio Aralia, Quintette Astreos*]
Avec la participation des Maîtres,
[**Olivier Charlier*] violon, [**Lise Berthaud*] alto, [**Claire Désert*] piano, [**Emmanuel Strosser*] piano, [**Trio Wanderer*] piano avec [**Vincent Coq*].


David Salmon, Manuel Vieillard, pianos, Orchestre des jeunes du CRR de Paris. Enregistrement public 12.12.2013

Quelques coups de cœur et il y en avait ! Déjà avec [**David Salmon*] et [**Manuel Vieillard*]. Ils jouent ensemble depuis 2012. Ils s’entendent bien, cela se voit, cela s’écoute. De la « presque décontraction » dans le pourtant pas évident Capriccio Italien, transcription pour deux pianos de[** P.I. Tchaïkovsky.*] même s’il s’agit-là d’une des œuvres les plus populaires du compositeur. Il faut dire que la complicité des professeurs, installés de l’autre côté du piano, s’affichait joliment et cela encourage sans doute à appréhender une telle partition. [**Claire Désert*] et [**Emmanuel Strosser*] étaient visiblement heureux d’accompagner les deux jeunes gens. Et tous ont déployé une belle énergie dans ce voyage en Italie. On retrouvera les deux jeunes pianistes avant l’entracte, dans le premier tableau de Petrouchka de [**Stravinsky*], qui nous conduit à St Petersbourg, dans une fête populaire. Musicalement, c’est étonnant, bien interprété, foisonnant de motifs « inquiétants » qui colle à l’histoire. C’est résolument moderne et beau tout à la fois. Cela laisse présager le meilleur pour le rendez vous de 2020. En effet les deux musiciens ont le projet de jouer l’intégrale de la musique à 4 mains de [**Beethoven*] ! On les attend.

Là encore, le plaisir de jouer ensemble domine au sein du [**Trio Aralia*], qui a proposé les deux premiers mouvements du Trio no 2 de [**Mendelssohn*] Trio pour piano et cordes en Ut mineur Opus 66, Ils donnent une lecture intelligente de la partition, se faisant finement tempétueux dans l’allegro energico y con fuoco.

[**Dimitri Chostakovitch*], Quintette pour piano et cordes en sol mineur opus 57 3ème mouvement par les professeurs. Et si on vous disait que ce scherzo est jubilatoire ? Des Maîtres en phase pour interpréter de cette œuvre singulière un scherzo exalté, voire débridé.


Dimitri Chostakovitch que l’on retrouvera en deuxième partie avec le [**Trio Zeliha*]. Trio pour piano et cordes n°1 en ut mineur opus 8. Un andante de toute beauté. On est notamment séduit par [**Maxime Quennesson*], dont le violoncelle nous livre une sonorité chaude et profonde. Le vibrato au violon de la douce [**Manon Galy*] est aussi remarquable et au piano, on n’oublie pas [**Jorge Conzlez Buajasan*], romantique et nostalgique à souhait.

[**Mendelssohn*] revient pour un trio piano et corde N° 1 en ré mineur opus 49 et ce sont les 1er et 2ème mouvement qui sont offerts par le[** Trio Pantoum*]. On apprécie le formidable équilibre entre le piano de [**Virgile Roche*] et les deux instruments à cordes, [**Hugo Meder*] au violon, et [**Mélisande Ponsin*] au violoncelle.


[**Brahms*], Quintette pour piano et cordes en fa mineur opus 34, le 1er et 3ème mouvement. Comme cette œuvre, interprétée par le [**Quintette Astreos*], est difficile, mais de toute beauté, avec de magnifiques thèmes exposés. Le piano est bien mis en valeur et les cordes se font entendre, expressives et passionnées notamment dans l’allegro, aux accents très contrastés. Le Scherzo nous surprend davantage encore, tant il est débordant de passion, à la fois intrépide et inquiétant.


[**Grieg*] annonce la fin du récital et la « photo de famille » qui réunira sur scène tous les musiciens approche.

Suite Holberg, transcription pour cordes, Gavotte et Prélude, un moment jouissif de musique offert par l’ensemble de cordes. Il souffle sur la scène un petit vent frais, au sens propre comme au sens figuré. Un petit air de gaité aussi dans les entrelacs joyeux des parties à cordes qui se croisent avec vivacité.

Magnifique soirée ! On sera désormais à l’écoute de ces jeunes talents.

[**Pétra Wauters*]


Illustration de l’entête: photo ©Christophe Grémiot


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Contact : redaction@wukali.com

WUKALI Article mis en ligne le 16/08/2019

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