A modern history of Vatican


S’il y a bien un historien légitime pour écrire sur le Vatican, c’est bien [**Christophe Dickès*] il vient en effet de publier aux éditions Perrin [**Le Vatican. Vérités et légendes*], on se rappelle l’excellent « Dictionnaire du Vatican et du Saint Siège », qu’il avait dirigé (Robert Laffont/ Bouquins) véritable ouvrage de référence en ce domaine.

L’auteur n’étudie pas l’histoire du [**Vatican*] et de la papauté depuis Saint Pierre (soit des milliers de pages), mais depuis la période moderne. Son livre commence en 1870 quand les Italiens profitant de l’écroulement du Second Empire envahissent Rome, c’est à dire ce qui restait ses états pontificaux. Période qui va de [**Pie IX*] à [**François*]. Malgré la perte de leur pouvoir temporel (enfin plus exactement de la grande partie de leur pouvoir temporel car depuis les accords de Latran, le Pape est à la tête de l’état du Vatican qui ne faut pas confondre avec le Saint Siège), les papes ont réussi à imposer, avec plus ou moins de succès, une morale universelle au nom de l’Évangile. La diplomatie du Vatican a toujours été très active, et, si elle reste très discrète n’en rapporte pas moins des succès non négligeables. Bien sûr les appels à la paix de [**Benoît XV*] lors de la première guerre mondiale sont restés lettres mortes, mais le rapprochement entre les États Unis d’Amérique et Cuba est à mettre au crédit de la diplomatie vaticane.

A travers 23 courts chapitres, Christophe Dickès analyse les fantasmes liés au Vatican, mais aussi rétabli des vérités, amène à la connaissance du public les résultats des derniers travaux des historiens. Il faut lire celui dont le titre est « Peut-on condamner les silences de Pie XII face à la Shoah ? » tant il remet en cause les erreurs communes que tout un chacun a entendu sur ce sujet. Peu savent que le Vatican a eu une action énergique pour sauver le plus de juifs possibles lors de la déportation du ghetto de Rome (environ 10 000 juifs sauvés sur 12 000), que le grand Rabbin de Jérusalem en 1949 a remercié le Pape pour son action, mais [**Pie XII*] était un diplomate maniant parfaitement le langage diplomatique, ayant peur qu’une condamnation trop forte des crimes nazis n’entraîne une répression encore plus forte non seulement contre les juifs mais aussi contre les catholiques comme ce fut le cas en Norvège. Et rien ne montre une rupture entre Pie XII et son prédécesseur qui a toujours fortement condamné le nazisme.

On lira avec plaisir les chapitres sur la Curie, les rapports avec la mafia, la mort de [**Jean-Paul I*], la probable implication des services secrets russe dans l’attentat contre [**Jean-Paul II*], mais aussi sur une journée type d’un pape, ou les conditions de la renonciation de [**Benoît XVI*].

Voilà un livre court facile d’accès qui permet de mieux appréhender le fonctionnement de cet état qui joue encore un rôle non négligeable sur la scène internationale.

[**Félix Delmas*]|right>


[**Le Vatican. Vérités et légendes
Christophe Dickès*]
éditions Perrin. 13€


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WUKALI 16/03/2018)]

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