A perfect document to plunge into the turmoils of the French Revolution


J’ai envie d’écrire : enfin ! Enfin sont rééditées les (courtes) mémoires de [**Charlotte Robespierre*] (sans la particule que certains se plaisent à mettre, essentiellement des détracteurs de [**Maximilien*], histoire de faire croire que c’est une sorte de renégat à sa classe sociale). Nous ne pouvons que remercier les éditions MazetoSquare de ce que certains coïncidèrent comme une démarche culturelle d’utilité publique, et ce pour un prix symbolique (10 €).

Toute personne qui s’est intéressée au déroulement de la **Révolution Française*] et à ses principaux acteurs ont bien sûr rencontrer la figure écrasante de [**Maximilien Robespierre*]. Et, à ces côtés sa discrète sœur, souvent mentionnée : [**Charlotte*]. Et plus d’un ont appris que cette dernière avait écrit des mémoires. Actuellement tout un courant d’historiens travaille à réhabiliter l’action de Maximilien, à démontrer que son action n’est sûrement pas celle d’un fou sanguinaire, seul responsable des excès de la [**Terreur*]. Dernièrement, dans les colonnes de Wukali, j’ai fait référence à ces travaux avec mes recensions des livres de [**Jean-Clause Martin*] : [La Terreur : vérités et mensonges ou encore Les énigmes de l’Histoire de France de [**Jean-Christian Petitfils*]. Et je ne peux qu’inciter les lecteurs à lire L’histoire mondiale de la France (bien sûr tout le livre) qui consacre une entrée à Robespierre.

Les mémoires de Charlotte peuvent être considérées comme faisant partie de ce courant de réhabilitation. Elle aime son frères, ses deux frères, elle leur trouve toutes les vertus possibles et imaginables. Elle décrit un Maximilien intime, bon frère, bon ami, dirigé par une seule et unique obsession : le bonheur du peuple. Et de fait plutôt un modéré : il condamne (ou tout du moins il n’approuve pas comme [**Marat*] ou [**Danton*]) les massacres de septembre, il condamne les abus sanglants de certains comme [**Carrier*], [**Barras*], [**Fouché*]. Et de fait, toute la légende noire autour de Robespierre (et Charlotte sans le recul historique, bien que parfois « aveuglée » par son amour, en a tout à fait conscience) a été forgée, dès le [**10 Thermidor*], par les ennemis de Robespierre (souvent ceux qui avaient le plus à craindre ses foudres comme [**Tallien*], [**Barras*] ou [**Billeau-Varennes*], ([**Fouché*], comme à son habitude étant beaucoup plus ambigu)) et par les contre-révolutionnaires fortement aidés par la propagande anglaise de[** Pitt*].

Si Charlotte écrit, c’est pour dire sa Vérité sur ses deux frères. Mais c’est aussi elle que le lecteur découvre : une femme discrète, qui partage les idées de ses frères et qui manie parfaitement la rhétorique révolutionnaire. Elle suit ses frères, souffre de sa rupture avec [**Augustin*], fait montre d’une certaine naïveté due à sa candeur (elle tombe « tête baissée » dans le piège tendue par [**madame Ricord*]). Mais elle est toujours d’une totale fidélité à la mémoire de ses deux frères parés de toutes les vertus.

Elle ne cache rien sur elle : la pension versée par[** Bonaparte*] (et bien que diminuée, la Restauration la verse jusqu’à son décès), ami d’Augustin et admirateur de Maximilien ce qui lui valu quelques jours d’arrêt après le 9 Thermidor. Ce qu’elle ne sait pas c’est que cette pension a été donnée sur l’intervention de Fouché. [**Fouché*], l’ami de Robespierre, avec qui Maximilien s’est fâché à cause des massacres à Lyon ce qui a fait avorté le projet de mariage entre lui et Charlotte.

Ces mémoires, empruntes d’une certaine nostalgie et naïveté, sont d’une lecture facile car très bien écrites, avec un style fluide et limpide.

L’éditeur a eu la (très) bonne idée de mettre en introduction celle de [**M. Laponneraye*], le premier éditeur, l’ami de Charlotte, un ardent défenseur des deux frères Robespierre, ce qui lui a valu quelques séjours en prison. Entre les deux, la différence est grande : à la simplicité de l’une répond l’éloquence, l’emphase de l’autre. M. Laponneraye est un inconditionnel des montagnards dont la mauvaise foi est à la hauteur de celle de ses détracteurs.

[**Félix Delmas*]


[**Mémoires sur mes deux Frères
Charlotte Robespierre*]
éditions MazetoSquare. 10€


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WUKALI 17/02/2018)]

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