Destination Football in Marseilles


Une exposition pour ceux qui aiment forcément le foot ? Oui, bien sûr, mais aussi pour ceux qui ne le détestent pas ! Foot pour tous ! Le [**MuCEM*], lieu d’expositions culturelles, réserve depuis octobre dernier une belle place au foot sur 1 200 m2, le foot présenté bien au delà du simple sport. Quelles images gardons-nous de ces dernières infos sports ? Le sport business, le foot des affaires, de ces joueurs qui viennent « d’ailleurs » , transférés d’un club à l’autre, et au milieu de tout ça, beaucoup, beaucoup d’argent. Mais au delà de tout ça, les clichés, les clivages peuvent être brisés. Le foot ce n’est pas que pour les hommes, sur le terrain comme dans les tribunes. C’est une pratique et une passion populaires, capable de réunir une bande d’amis, d’unir un quartier, de rassembler une ville entière, de fédérer toute une nation, au-delà des fractures sociales et politiques qui, chaque jour, s’acharnent à la désunir. Et si nous osions accoler au mot « football » les adjectifs « social », « culturel » et « politique » ?

C’est une exposition qui donne à voir et à entendre. A découvrir jusqu’au 4 février 2018.

«La première partie est très sonore, reconnaît [**Florent Molle*], conservateur du patrimoine et responsable du pôle sport et santé au MuCEM, la deuxième l’est un peu moins. Dans la première, on parle de passions, de cultures populaires et tout cela se vit pleinement. Dans le foot, cela passe aussi par le son. Quand on est dans un stade, on se rend compte de ce que cela fait que d’entendre 30 000, ou 40 000 personnes chanter à l’unisson, que l’on se trouve à Marseille, quelque part en France ou n’importe où dans le monde. »

Florent Molle, stéphanois, a suivi et soutenu les Verts pendant des années. Maintenant, il ne supporte de club en particulier, mais il reste toujours aussi passionné. Grâce à cette exposition, « j’ai pu me rapprocher de nouveau du foot d’une certaine manière, et à travers ce sport, aborder quantité de sujets. On a pu parler de la violence dans la société, de la place de la femme, des dictatures, de la manière dont les propagandes des dictatures sud américaines ont utilisé le foot, on peut encore parler d’Israël et de la Palestine, d’économie, de la place des migrants… et bien d’autres encore.»

[**Le foot fédérateur*]

«On est dans un Musée national et on parle d’une tradition populaire. C’est déjà un grand pas de franchi se réjouit Florent Molle. On est là aussi pour mélanger les publics, faire en sorte que ceux qui sont habitués au Musée s’intéressent au football, et que ceux qui s’intéressent au football, entrent dans le musée. Brassage de deux cultures. C’est déjà le cas au Brésil, en Angleterre, et dans d’autres pays, où l’on ne fait pas de distinctions de classe entre différentes cultures. En France, ce n’est pas encore tout à fait ça, mais on espère déjà avec cette exposition, dépasser un peu ces clivages.»

Il se joue dans tous les pays, aux stades comme dans la rue, dans tous les quartiers, pauvres ou riches, voilà ce que nous dévoile cette exposition à travers 300 objets, des installations, des photos, à découvrir en 11 parties, autant que de joueurs sur le terrain, la visite peut se faire en 90 minutes, le temps de la durée d’un match.

Il faut prendre son temps. S’accorder quelques prolongations.

Un des objets exposé en fin de parcours de l’exposition touche particulièrement le commissaire de l’exposition. «Il s’agit d’un Maillot vert sur lequel on peut lire le 14 ème article de la déclaration universelle des droits de l’homme qui dit que toutes les personnes persécutées ont le droit d’asile et ont le droit de pouvoir jouir de ce droit. C’est un maillot avec lequel a joué une équipe de migrants, des gens qui ont traversé la méditerranée sur un bateau de fortune, et qui se sont retrouvés en Espagne. L’un des outils qui leur a permis de s’intégrer à la société européenne, c’était le football. On a invité le Président de cette équipe. C’était très émouvant. On a découvert toutes les histoires de tous ces joueurs de l’équipe. Ce sont les parrains de notre exposition. Autre objet qui vient de faire une entrée remarquée dans l’exposition au commissaire de l’exposition et au public en général, il s’agit du trophée de la coupe des champions. « Il s’agit d’un trophée inestimable. Les Marseillais ont gagné en 1993. Il représente symboliquement plein de choses pour quantité de gens. Il s’agit d’un prêt pour deux semaines

Une raison de plus pour courir au Mucem !

On revit de grands instants : La coupe du monde, prêtée par la Fédération Française de Foot, le trophée de la Champion’s League, des objets matériels sur lesquels le public aime s’attarder. Images précieuses encore, quelques buts, comme celui de [**Basile Boli*] marqué de la tête en 1993, en finale de la Ligue des Champions face au Milan AC. Les aficionados se souviennent parfaitement de ces moments-là, et il y en a d’autres à découvrir dans de nombreuses vidéos et installations. Par ailleurs, une grande salle immersive permet aux visiteurs d’être dans le match, au milieu des spectateurs, et revivre toutes ces émotions dans le tumulte, les chants, les cris… On s’y croirait ! On découvre encore des maillots de différents clubs, pour certains magnifiques. Les designers ont fait preuve d’originalité.

Les ballons ont la vedette, ils représentent l’essence même du football. Les vrais, et les « vrais faux », tout droit arrivés de la casbah d’Alger, réalisés par des enfants avec des objets de récupération, du scotch, du carton.

L’autre Foot : avec ces affaires de corruption qui noircissent le tableau depuis toutes ces années… L’expo montre tout simplement que ces deux foots existent, et qu’ils se nourrissent de valeurs différentes. Le foot reflète la société dans laquelle nous vivons.
Et nous sommes à [**Marseille*], l’[**OM*] est donc aux premières loges. On découvre la décoration d’une boucherie « fan » de foot. Une vitrine aux couleurs de l’Olympique de Marseille. Ici une chambre décorée respire le foot, là, notre [**Bernard Pivot*] national s’exprime sur ce sport, avec brio, comme toujours. Ici, on rit de cette partie de foot « en costume »…

Emotion communicative, émotion à partager : Les supporters en témoignent ! L’expo a accueilli plus de 50.000 visiteurs depuis octobre. 60 visiteurs étant le rythme de croisière du MuCEM, gageons que d’ici le 4 février il sera très largement dépassé.

[**Pétra Wauters*]

[(Posé face à la mer, sur l’ancien môle portuaire J4, le bâtiment conçu par [**Rudy Ricciotti*] (associé à [**Roland Carta*]) est le cœur du [**MuCEM*]. C’est ici qu’ont lieu les grandes expositions ainsi que les rendez-vous de la programmation artistique et culturelle du musée. Le MuCEM a été inauguré en 2013, au moment où Marseille était Capitale européenne de la culture.

Un événement Marseille Provence 2017 capitale européenne du sport. Commissariat général: Florent Molle, conservateur du patrimoine au Mucem, Gilles Perez, auteur, réalisateur et producteur de films documentaires

Illustration de l’entête: vue de l’exposition, ©Agnès Mellon. Mucem

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WUKALI 30/12/2017)]

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