The most famous Director of Research at the Centre for Theoretical Cosmology within the University of Cambridge


Tout le monde connaît [**Stephen Hawking*] (né en 1942), ce célèbre théoricien de l’astrophysique contemporaine atteint de la maladie de Charcot, une sclérose latérale amyotrophique, maladie des neurones moteurs impliquant une paralysie progressive des muscles finissant par la mort du sujet atteint : elle est irréversible. Le courage dont fait preuve Hawking et son combat contre le mal qui le détruit ont été unanimement salués, lui qui est cloué dans un fauteuil roulant et qui ne communique avec le monde que par ses branches de lunettes et sa voix reconstituée par ordinateur.

Son génie spéculatif se remarquait déjà au début de ses études. Son professeur de physique à Oxford, [**Robert Berman*], raconte ainsi l’examen oral de Hawking, en 1962 : « les examinateurs ont été assez intelligents pour réaliser qu’ils parlaient à quelqu’un de plus intelligent qu’eux  », ajoutant : « son esprit est radicalement différent de ceux de ses contemporains ».

Ce genre de personnalité est, quasi-systématiquement, rejetée par ses pairs parce que trop éblouissante et en avance sur son époque : ce que nous ne comprenons pas, nous l’ostracisons et le renvoyons aux oubliettes, voire à une mort violente suivant la période historique considérée. Il n’existe que deux exceptions : les mathématiques et la physique à partir des découvertes de [**Newton*] (Principia Mathematica, 1687). Les raisons en sont à rechercher dans le niveau intellectuel des honorables membres de ces deux corporations, bien supérieur à celui des autres.

Les premiers travaux de Hawking, en collaboration avec[** Roger Penrose*], eurent pour cadre la Relativité générale1, théorie « classique » (ne sollicitant pas le principe d’incertitude2) dont le couronnement fut un livre au titre évocateur : «  La structure à grande échelle de l’espace-temps  », en 1973. Trop mathématique, il est réservé aux spécialistes.

La « phase quantique3» des recherches de Hawking commence en 1974. Elle sera brillamment, clairement et simplement, exposée au public par le livre auquel nous consacrons cet article : « Une brève histoire du temps », publié en français par Flammarion en 1989. Cet opuscule de 240 pages fut un immense succès commercial, chose surprenante pour une publication concernant la physique théorique, bien au-delà du monde fermé des astrophysiciens. Comme quoi l’hermétisme n’est pas une caractéristique des meilleurs scientifiques, a contrario de certains auteurs de tous horizons…

Les titres des dix chapitres du livre sont précis : «notre vision de l’univers », « l’espace et le temps », « l’univers en expansion », « le principe d’incertitude », « particules élémentaires et force de la nature », «les trous noirs », «des trous pas si noirs que cela », «origine et destin de l’univers », «  la flèche du temps »
« l’unification de la physique 
 », suivis d’une conclusion qui provoqua la colère noire des tenants de l’obscurantisme: un univers sans limite dans l’espace, sans commencement ou fin dans le temps, et aucune place pour un hypothétique créateur !


Le livre est écrit dans un style clair, parfaitement lisible pour le profane. Bien entendu, entendre parler pour la première fois de nombres imaginaires ou de nombres complexes surprend, mais l’explication en est claire, facile à comprendre. Toutes les définitions délicates sont reprises en un glossaire final. Les consulter est donc aisé.

Tous les efforts des physiciens contemporains tendent vers un but unique : l’unification des forces d’interaction. Elles sont quatre : force électromagnétique, force d’interaction faible, force d’interaction forte et force gravitationnelle. La dernière est la moins importante à courte distance, mais la plus puissante à longue distance. Elle est opposée aux trois autres car elle est induite par la Relativité alors que les trois autres le sont par la mécanique quantique. Les deux théories sont réputées s’exclure l’une l’autre jusqu’à ce jour mais on progresse. C’est le Graal de la recherche scientifique actuelle, ce que l’on appelle « la théorie quantique de la gravitation  ». Si l’on en discutait avant la parution du livre, l’accélération des travaux réflectifs lui est due.

On peut aller jusqu’à affirmer qu’une prise de conscience en est issue. Le motif ? Les intuitions de [**Hawking*] sur l’avenir ont modifié les réflexions de ses confrères. Ce qui ne signifie pas qu’il ait eu raison sur tout mais dans sa synthèse temporelle, pour utiliser « le langage quantique », il a posé les problèmes et l’état des questions en cours de manière nette, sans compromissions et sans palabres inutiles.

Certaines nécessités ont déjà été résolues : la force électromagnétique et la force d’interaction faible ont été unifiées, premier pas indispensables pour aller plus loin. On a même réussi, dans des conditions très particulières, à les relier à la force d’interaction forte. Les expérimentations continuent…

L’Univers connu aujourd’hui est né voici environ [**14 milliards d’années*]. Il possède des milliards de galaxie. Chaque galaxie est composée de milliards d’étoiles. Et autour de chacune de ces étoiles gravitent d’encore plus nombreuses planètes…

Le vertige saisit le lecteur, au fur et à mesure qu’il avance dans sa lecture. Il découvre, effaré, ce que [**Voltaire*] ne pouvait imaginer, lui qui écrivait:«  le silence de ces espaces infinis m’effraie » : c’est que justement l’univers, ou plus exactement l’espace-temps n’est pas vide.. .Et qu’il y a peut-être de multiples espaces-temps en mouvement!

Une découverte incroyable de notre génie, c’est que les fameux trous noirs4, dont rien ne peut théoriquement s’échapper, émettent des radiations…Un chapitre ( des trous noirs pas si noirs que cela) explique ce non-sens littéraire qui est une vérité quantique.

Mais là où le lyrisme le plus affirmé s’empare du lecteur c’est dans le final du dernier chapitre « L’unification de la physique » où, avec des mots d’une précision limpide et d’une évidence douce, Hawking nous introduit au cœur de la théorie des cordes*****, cette vedette de la science moderne : « les différentes particules quantiques sont des cordes en train de vibrer  »… Les phrases explicatives afférentes sont extraordinaires d’élégance, ciselées à la perfection et immédiatement accessibles. Le lecteur, enchanté et ébahi, une vibration du violon de [**Paganini*] au cœur et une autre du piano d'[**Horowitz*] en tête, devient si intelligent qu’il saisit en une seconde l’idée-force de cette redoutable « théorie des cordes »5 

Le grand charisme de l’auteur, dans ce petit livre si important, c’est d’avoir compris la psychologie du lecteur néophyte et de lui avoir fourni les éléments de compréhension des travaux des astrophysiciens.

Hawking a écrit de nombreux livres depuis, mais aucun n’a touché le grand public comme celui-là. La polémique qu’il eut avec son confrère astrophysicien [**Higgs,*] en 2010, sema une certaine confusion et troubla son image publique. Plus grave fut son livre de 2010 traduit en français en 2011 : «  Y a-t-il un architecte dans l’univers ?» où il s’est trompé dans sa vision des choses. En 2013 il signe une pétition pour le boycott académique d’Israël en ignorant les fondements, les tenants et les aboutissants de ce qu’est et de ce qu’induit cet interminable conflit.

En janvier 2015, Stephen Hawking signe une lette ouverte avec **Elon Musk*] (Tesla Space X), [**Steeve Wozniack*] (cofondateur d’Apple),et [**Bill Gates*] et d’autres éminents scientifiques, ils lancent une alerte et prédisent que si le domaine de l’Intelligence artificielle continue à se développer à son rythme vertigineux actuel, la Singularité pourrait survenir dans moins de vingt ans.( lire l’article publié dans Wukali :[ La Singularité, bienvenue dans le futur

Ce qui est sûr c’est que le génie de Stephen Hawking est un moment lumineux de l’histoire humaine.

[** Jacques Tcharny*]


[**Glossaire:*]

1 – [**Relativité générale*] : les lois de la physique sont les mêmes pour tous les observateurs, quelle que soit leur mouvement. Elle explique la force de gravité en termes de courbure de l’espace-temps quadridimensionnel.
2 – [**Principe d’incertitude*] : on ne peut jamais connaître en même temps la position d’une particule et sa vitesse : mieux on connaît l’une, moins on connaît l’autre.
3 – [**Quantum*] : unité indivisible en laquelle les ondes peuvent être émises ou absorbées. La mécanique quantique est issue du principe des quanta et du principe d’incertitude.
4 – [**Trou noir*] : région de l’espace-temps d’où rien, inclus la lumière, ne peut s’échapper parce que la gravité y est trop forte.
5 – [**Théorie des cordes*] : les  « briques constitutives » de l’Univers ne sont pas des particules ponctuelles mais des cordes vibrantes ayant une tension. Ce que nous percevons comme des particules distinctes ne sont que des cordes vibrant différemment.


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WUKALI 15/12/2017)]

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