A glaucous dive into the islamist criminal phantasms


Dans la première partie de cette étude, [**Francis-Benoît Cousté*], a présenté ce qu’il nomme l’«apocalyptisme», de ses origines dans l’évangile de Jean jusqu’à ses dérives sectaires contemporaines. La seconde partie que nous vous livrons ici se focalise dans cette analyse sur l’islamisme et les théories qui le sous-tendent, puis d’une conclusion générale toute provisoire.

[**P-A L*]


Deuxième partie

[**VII. L’apocalyptisme dans la pensée musulmane traditionnelle*]

À en croire d’éminents spécialistes, tels que le Saoudien [**Safar Al-Hawali*] ou l’Américain [**David Cook*] (https://reli.rice.edu/people/faculty/david-cook), l’apocalyptisme serait davantage dans la tradition sunnite que chiite.
Bien qu’aujourd’hui – chose surprenante – sunnites et chiites fassent assaut de références au Nouveau Testament [et non plus seulement, comme naguère, au pseudo-évangile de Barnabé (du XIVe siècle) ou aux exégèses de la Bible de Scofield, du nom de leur auteur, Cyrus Scofield (1843-1921)].

*Pour les Chiites, la première figure messianique, c’est [**Jésus*], qui viendra nous délivrer de l’[**Antéchrist*]. Puis viendra [**Mahdî*], le Messie de l’Islam, à qui Jésus transmettra ses pouvoirs.

*Les Sunnites, quant à eux, sont davantage portés sur le cataclysmique [voir leur action présente, au Moyen-Orient]. Ils considèrent ordinairement la Guerre des Six-Jours comme une préface à l’Apocalypse – puisqu’elle aura entraîné la perte du contrôle des lieux saints de l’Islam. Le tout évidemment assorti de théories complotistes, stigmatisant la collusion des juifs, des infidèles et des francs-maçons afin de détruire le Dôme du Rocher…

Sachez enfin que d’autres auteurs sunnites prédisent la fin du monde pour l’an 2076 (an 1500 de l’ère musulmane). Apocalypse qui ne manquera pas d’être précédée de toute une série de catastrophes, l’ultime séquence devant, bien sûr, se dérouler en Israël – lieu réservé, de toute éternité, pour ce scénario.

Importante précision : le suicide n’appartint jamais à la tradition musulmane. Contrairement à ce qu’il en est, par exemple, pour les Japonais ou les Chinois… [Saviez-vous, à ce propos, que 56 % des femmes qui se suicident dans le monde sont des Chinoises ?]

***

[**VIII. L’apocalyptisme dans l’islamisme contemporain*]

Immense est le corpus de l’Islam – et l’on y peut trouver quasiment tout, et son contraire… Ainsi les islamistes ont-ils, à leur disposition, quelques textes sacrés fort incitatifs : « Tuez tous les mécréants, où que vous les rencontriez » (Sourate 2, verset 191)… « Ce n’est pas vous qui les avez tués, c’est Allah ! » (Sourate 8, verset 17)…
Reconnaissons toutefois que, pour l’incitation à la violence, l’Ancien Testament n’a rien à envier au Coran : il n’est que d’entendre, aujourd’hui, les évangélistes américains retrouver les saints accents de l’Inquisition.

L’exégèse du Coran était, jusqu’à présent, réservée aux oulémas – hommes sages et lettrés… Or il est malheureusement évident qu’[**Al-Qaïda*] a fait aujourd’hui un hold-up sur son interprétation – s’inspirant, en cela, de la pensée de deux théologiens : le Palestinien[** Abdallah Azam*] et l’Égyptien [**Sayed al-Qoutb*]. Mais voyons qui étaient ces personnages :

• À la différence de [**Ben Laden*], d’[**al-Zawahiri*] ou d’[**al-Zarqaoui*] [tous trois autodidactes sur le plan religieux], le Palestinien [**Abdallah Azam*] avait longuement étudié la Charia à l’université. Et d’affirmer que le jihâd est l’affaire de chaque musulman, lequel se doit de prendre les armes contre les mécréants ou, du moins, de donner de l’argent à la cause… Abdallah Azam fut assassiné en 1989 [probablement à l’instigation d’al-Zawahiri, qui guignait sa place auprès du milliardaire Ben Laden].

• Mais il y eut surtout [**Sayed al Qoutb*], célèbre Frère Musulman, dont le monumental « À l’ombre du Coran » est, aujourd’hui encore, le texte-phare du djihâdisme. Les Nassériens le pendirent en 1966, pour avoir [selon les attendus du jugement] « promu une théologie guerrière ».

[**Al-Qaïda et ses « franchisés »*]

Mouvement de mystique politique, Al-Qaïda [i.e. Front islamique du jihâd contre les juifs et les croisés] a été fondé, en février 1998, par le Saoudien [**Oussama Ben Laden*] et celui que l’on considère comme son inspirateur, le chirurgien égyptien [**Ayman al-Zawahiri*].

Voici ce qu’ils écrivaient, dans leur texte liminaire : « Nous appelons chaque musulman à tuer les Américains, et à piller leurs richesses, où que ce soit, et dès que possible ! » Autre sainte exhortation : « On peut toujours suivre dans la rue un Américain, et le tuer, puis brûler sa maison ». Pour ces deux fondateurs, l’Amérique était, en effet, la cible privilégiée, le terminus ad quem de la violence. Face à face haineux qui s’élargira bientôt à tout l’Occident : Jihâd vs McWorld, a-t-on pu dire.

Il faut tuer tous les kuffar, précise aujourd’hui le djihâdisme – Kuffar signifiant « impies », et désignant aussi bien les juifs (« sionistes »), les chrétiens (« croisés »), les hindous (« polythéistes ») que les traîtres (« Chiites »).

Al-Qaïda est désormais un label, un drapeau, une idéologie qui, jour après jour, se régénère – via notamment certaines chaînes de télévision [al-Jezira et, surtout, al-Manar], via des cassettes-vidéo et sites web [qui diffusent quotidiennement, en arabe et en anglais, l’Encyclopédie du Djihâd, manuel attribué à Al-Qaïda].

Le principal objectif étant de motiver les masses par des attentats spectaculaires (préemballés pour la télé), de galvaniser les musulmans en terrorisant l’ennemi.
Selon deux modalités : provoquer la stupeur par un acte inimaginable, et demeurer insaisissable (grâce à l’ubiquité des actes et le sacrifice des exécutants). Le tout naturellement accoutré d’un vocabulaire tiers-mondiste attrape-tout – visant à s’attirer les faveurs des masses laborieuses ou chômeuses…

Mais il est, à côté d’Al-Qaïda, d’autres nébuleuses tout aussi explosives. Ainsi de la Jemaah Islamiyah qui – bien que basée en Égypte – « franchise » à tout va en Indonésie, en Malaisie, à Singapour, dans les Philippines, à Bali ou en Thaïlande du Sud. Ainsi également du GIA, « Groupe islamique armé algérien » ou du GSPCA, « Groupe salafiste pour la prédication & le combat algérien » – lequel a d’ailleurs son homologue au Maroc : le GSCM, « Groupe salafiste combattant marocain » [qui revendiqua notamment les attentats de Madrid].

Reprochant à la France d’avoir laïcisé le Maghreb, ces différents groupes combattent l’intégration des musulmans dans la société française – intégration considérée comme une trahison, une insulte aux souffrances de l’Oumma, mythique communauté de l’Islam.

Je n’aurai garde, bien sûr, d’oublier les Frères Musulmans, confrérie dont est directement issue Al-Qaïda, et qui demeure populaire grâce aux hôpitaux et universités qu’elle subventionne. Il y a également le Hamas palestinien, et l’Armée de Mahomet [Jaish-e-Mohammad] ou bien encore l’Armée des Purs [Lashkar-e-Taiba], œuvre prétendument caritative, responsable de plusieurs attentats en France.

Toutes nébuleuses qui n’entendent rien négocier, ni même d’ailleurs obtenir – sinon une utopique régression vers ce mythique paradis de l’Islam où règne la Charia. Loi islamique qui correspond, à peu de choses près, aux règles sociales de l’Arabie saoudite du VIIe siècle.

Théocratie explicitement opposée à nos valeurs démocratiques.

• Rêve d’une théocratie panislamique où seraient confondus public et privé, religieux et profane, où ce qui appartenait à César n’appartiendrait plus à César…

• Rêve d’une théocratie conduite par des « parfaits » [les djihâdistes se considèrent comme tels], possédant le permis de tuer juifs, croisés et mauvais musulmans [parmi lesquels le sunnite al-Zarqaoui range naturellement les Chiites, qu’il nomme « demi-juifs »].

• Rêve d’une théocratie, où la culture n’a aucune part… Si, en effet, les islamistes n’ont aucun goût pour l’avenir, ils n’en ont pas davantage pour le passé. Ne rejettent-ils pas leur propre héritage culturel, notamment l’archéologie ? Souvenez-vous de la décision du [**mollah Omar*], chef suprême des talibans, de détruire toute la statuaire afghane – notamment les bouddhas géants de Bamiyan. Suivie de destructions perpétrées à Tombouctou, Mossoul, Hatra, Nimrud, Palmyre… Pour de tels intégristes, il n’est de transmission que cultuelle, de tradition que du Livre !

Aussi est-il indispensable de bien faire le départ entre ces visées salafistes de reconstitution d’un califat de type moyenâgeux, et celles de jeunes banlieusards endoctrinés dans les cybercafés pour lutter contre l’injustice politique ou sociale faite aux musulmans [en Tchétchénie, Irak, Syrie, Palestine et dans leurs propres cités]. Si, pour ces jeunes gens, l’idéologie vient de l’extérieur, leurs motivations sont ordinairement locales (ainsi a-t-on pu parler, non de globalisation, mais de « glocalisation », faite de solidarités locales, au sein de bandes). Ces « petites mains » du terrorisme étant ordinairement recrutées parmi les déshérités – petits délinquants aisément endoctrinables, heureux de se découvrir une importance sociale. Avec toutefois un fort sentiment d’humiliation…

Voici, d’ailleurs, la traduction de deux textes que j’ai trouvés sur Internet, sous la rubrique : The Why of Suicide Bombers :

• du Dr [**Jessica Stern*], de Harvard : « Il y a de nombreux motifs différents à leurs suicides, mais ils ont un point commun : ils se sentaient tous humiliés et disaient être contraints à une position inférieure »

• de[** Hany Abu-Assad*], directeur de la revue palestinienne Paradise Now’s : « Le motif le plus fort est un sentiment d’impuissance. Vous êtes prisonnier dans votre propre cité, vous ne pouvez rien y faire, vous n’êtes rien… En s’attaquant à la société, les Suicide Bombers se transforment en gagnants. Mais la religion n’est plus dès lors, pour eux, qu’une mise en scène, qu’une liturgie ».

Sentiment d’humiliation donc, éventuellement mâtiné de romantisme… Alors que, naguère, les gauchistes voulaient « la révolution pour la révolution » (on allait d’abord à Cuba, puis on intégrait Action directe ou les Brigades rouges), nos nouveaux romantiques proclament maintenant urbi et orbi, « le djihâd pour le djihâd ». Violence systémique, autrement dit : « Les moyens justifient les moyens ».

L’islam n’étant plus, dès lors, qu’un réceptacle de toutes les révoltes – avantageux alibi pour justifier bien des passions destructrices :

« Non pas changer le monde, disent-ils, mais le détruire ! » Et ce, au moyen de tous outils disponibles – et jusqu’à lancer des virus sur le web. Dans l’attente [hélas probable] de virus autrement efficients…

Mais cela s’appelle-t-il encore « l’aurore » ?

***

[**IX. De quelques fondamentaux du djihâd*]

La culture arabo-musulmane serait, dit-on, parménidienne (du nom du philosophe grec Parménide, père de l’ontologie). Cette culture est, en effet, obsédée par la représentation d’un être immuable, d’un principe qu’il s’agit de perpétuellement restaurer, de relever chaque fois que les bourrasques de l’histoire l’auront mis à bas. Ainsi, pas de flèche du temps pour les djihâdistes : il faut éternellement relancer le geste primordial… Et si la littérature arabo-musulmane regorge d’anecdotes, elle ne comporte aucune projection vers le futur… Comme l’écrivait joliment [**Lévi-Strauss*] : « Pour l’Islam, le présent se ressource éternellement dans les gravats d’un discours ancien ».

Les djihâdistes ont, par ailleurs, le culte du martyre. Fascination pour la mort, pour une apocalypse formulée en termes religieux…

Citons [**Ben Laden*] : « Ce qui nous différencie, c’est que vous aimez la vie ; nous, nous aimons la mort ». Pour un djihâdiste, en effet, la vie est dénuée de prix, la mort est l’accomplissement suprême. Et la figure du martyr tend à supplanter celle du combattant…

Tandis que, pour les chrétiens, le sacrifice est volontiers oblatif [« Tu aimeras ton prochain plus que toi-même ! »], les islamistes massacrent indistinctement innocents et «coupables».

Dans l’école de Beslan ( 01/09/2004) prise d’otages en Ossétie du nord, Fédération de Russie, qui fit rappelons-le 334 morts, dont 186 enfants)- pour montrer leur détermination – les Ingouches n’ont-ils pas été jusqu’à faire exploser deux des leurs ?… [Je conviens qu’il ne s’agissait que de jeunes femmes ; on exhorte, en effet, les femmes violées ou répudiées par leur époux à se sacrifier dans des attentats-suicides. Bienheureuse rédemption par un destin héroïque !]

Mais le martyre est aussi, fréquemment, un phénomène de groupe. Sinistre modernité : on se tue ensemble avec des copains !

L’attentat-suicide n’est toutefois pas une spécialité islamiste. Les champions en demeurent, contre l’armée sri-lankaise, les Tigres tamouls. S’inspirant du Hezbollah libanais, ils ont systématisé les actions suicidaires collectives (comprenant de 10 à 15 kamikazes). Et pour être sûrs de n’en pas réchapper, ils se dotent de capsules de cyanure…

Deux types d’attentats-suicides :

• Dans les régions de crise ancienne [Sri Lanka, Cachemire, Tchétchénie, Afghanistan, Irak, Palestine…], le soldat-terroriste se sacrifie – dans un attentat bien ciblé – pour sa communauté, à laquelle il adresse éventuellement un ultime message vidéo. Sacrifice comparable à celui des Japonais qui en 1944 – missions-suicides – précipitaient leur avion sur un objectif militaire…


• Inédit est le type d’attentat né avec le [**11-septembre*] [de caractère foncièrement apocalyptique, celui-là]. Avènement, plutôt qu’événement… Dans cette typologie, en effet, l’objectif du kamikaze est purement symbolique : gratte-ciel, banque, palace, pétrolier, night-club… Cibles hétéroclites, mais symbolisant toujours « juifs, croisés et hypocrites », pour reprendre la terminologie benladenienne. Et cela, sans nul souci de l’identité [ou même de la religion] des victimes… « Dieu reconnaîtra les siens ! »

Fascination pour une « cause » dont on sait, au demeurant, qu’elle ne pourra aboutir ici-bas. [L’éradication de la misère a-t-elle, d’ailleurs, jamais été au programme des islamistes ?] Peu importe la finalité politique, sociale ou religieuse d’un attentat. Seul importe de tuer – si possible en martyr – le maximum d’impies…
« J’ai raté ma vie, autant me racheter en mourant pour une cause supérieure ! » Sur de tels terroristes, quelle dissuasion peut avoir prise ?

***

[**X. Comment lutter, aujourd’hui, contre la montée des apocalyptismes ?*]
(Pour un catastrophisme éclairé…)

À cette question, il y a assurément plusieurs réponses, certes indissociables – bien que généralement dissociées…

Quelques idées, dans le désordre…

À court terme.

La réponse ne pourra jamais être que policière. Si le terrorisme ne se vainc pas, il peut en revanche se décomposer, s’autodétruire – sous la pression policière ou la paranoïa des terroristes eux-mêmes. C’est ainsi que disparurent les groupes terroristes des « années de plomb » : [**Bande à Baader, Brigades rouges, Action directe*]…
Aussi convient-il de développer la vidéosurveillance – laquelle a fait la preuve de son efficacité [sous réserve que l’on lutte contre les abus des sociétés privées].
Temporairement légitime, un état d’urgence ne saurait être banalisé : ainsi des couvre-feux, prolongations de garde à vue, etc.

À moyen terme

Contre ceux qui sacrifient leur vie, contre les bombes humaines, notre justice est inopérante. Aussi faut-il analyser les causes de ces violences.
Il n’est malheureusement pas de réponse-type : les Américains en auront fait (en Irak et ailleurs) la douloureuse expérience – persuadés qu’ils étaient de pouvoir universellement livrer la démocratie « clés en main ».

À long terme

Là, le combat ne peut être mené que sur le plan des idées [autrement dit, au plan politique] :

• Renouer avec la parole perdue ! Depuis le 11-septembre, en effet, la parole a quasiment disparu – au seul profit du couple « actions terroristes / « réponses punitives ».

• Renouer avec la conviction et son nécessaire corollaire, le courage ! Car il semble bien, hélas ! que la conviction ne soit plus désormais que du côté du Djihâd – nos sociétés post-héroïques ayant une peur quasiment panique de la mort…

• Renouer avec d’autres valeurs que financières. On ne mesure plus le succès d’un voyage officiel qu’au montant des contrats signés… Dans les avions des chefs d’État, il n’est plus que des représentants de sociétés boursières…

• Resacraliser la culture, qui a presque totalement basculé dans la sphère marchande. « Le chef-d’œuvre est humiliant », ai-je même entendu proférer dans un cercle branché. [**Non, tout ne se vaut pas ! Sinon, le cannibalisme ne serait qu’affaire de goût…*]

• Cesser d’être tolérant avec les dictatures, en particulier lorsqu’elles interdisent tout espoir d’alternance…

• Respecter les aspirations populaires – considérant le désir de différence, mais aussi… de ressemblance !

• Promouvoir une politique d’intégration [sinon d’assimilation]. Laquelle pourra, seule, servir d’antidote au terrorisme, en proposant des « valeurs » substituables au Djihâd. Récusant, bien entendu, le classique discours-alibi sur le néocolonialisme, l’impérialisme et l’agression culturelle de l’Occident…

• Redistribuer le pouvoir entre les États. N’est-ce pas pour pallier cette discrimination que des pays tels que l’Iran, l’Irak, la Corée du Nord, l’Inde ou la Chine se seront dotés de l’arme nucléaire ? Avec, de surcroît, un indéniable esprit de revanche sur les anciens colonisateurs…

• Redistribuer les richesses de la planète – par, notamment, l’abaissement des barrières douanières, la création d’élites locales, l’amélioration des systèmes de santé & d’éducation et, surtout, une lutte acharnée contre la corruption.

• L’école aura, bien sûr, un rôle déterminant – en restant ferme sur un enseignement « commun à tous ». Ne voit-on pas, aujourd’hui, des collèges où il est impossible de traiter du Moyen Âge ou du Temps des cathédrales, où deviennent lacunaires les enseignements de la biologie, de la littérature, de la philosophie ? Quant à la musique [discipline, entre toutes, satanique] elle est, bien sûr, bannie par le Coran !

• Éradiquer les ghettos, car c’est bien là que se développe le djihâdisme réticulaire, que les groupes fondamentalisto-mafieux alimentent l’apocalyptisme de jeunes déstructurés, sans emploi, se sentant condamnés avant que d’être adultes. Vivier de toutes les intifadas, mais aussi des « réseaux dormants »…

Utopies ? Certes… Mais y a-t-il une autre issue, pour notre survie ?

***

– [**XI. En conclusion*]

Plus cruel que jamais est le monde dans lequel entrent nos enfants… Pris entre le poids d’un passé que la plupart ignorent [mais qui n’en est que plus prégnant], et l’angoisse d’un futur illisible, le temps les écrase.

Aussi sont-ils nombreux à abdiquer – se réfugiant dans un zapping désespéré ou un « présentisme apocalyptique » que leurs musiques expriment admirablement : juxtaposition de purs instants, musiques-totems violemment pulsées, sans le moindre élément discursif… « Tant que le son est à fond, on n’entend pas le monde s’écrouler », lisais-je récemment sur un tee-shirt.

Pour reconquérir la jeunesse, c’est dans le domaine des idées que l’Occident devra se battre. Car, sachant habilement convertir en énergie politique les frustrations des nouvelles générations, les islamistes ont sur nous, pour l’instant, un avantage décisif.
Et nous-mêmes, croyons-nous suffisamment à nos propres valeurs laïques et républicaines pour les transmettre ou même les défendre ? De cela, la plupart des djihâdistes sont conscients, et ne doutent pas de leur victoire à long terme. Car, à notre différence, ils ne sont pas pressés…

[**Francis B. Cousté.*]


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Illustration de l’entête: Photo mise en scène par Daesh et largement diffusée aux médias. Au centre Abu Wahib présumé mort le 6 mai 2016.

Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 22/11/2017

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