A fantastic analysis about a redondant topic so cruelly presented in the medias


L'[**Apocalypse*], un sujet si vaste que nombre d’hommes s’y sont perdus… Foncièrement d’essence religieuse, ce texte à travers les siècles prendra diverses résonances jusqu’à devenir l’exutoire de philosophies et de discours de pacotille destructeurs et sectaires de pseudo prophètes, qui font la une de journaux en mal de sensations et d’auditoires fragilisés.

**Francis-Benoît Cousté*] livre dans [**Wukali*], une étude documentée dont il a le secret, et qui trace les théories qui découlent de l’Apocalypse, sous le vocable nouveau d’«apocalyptisme». Ainsi des origines du Nouveau Testament jusqu’aux épitopes contemporains, c’est à un voyage mouvementé, chaotique et cruel, que le lecteur est convié. Un article long et documenté que par commodité de lecture nous scindons en deux parutions (1ère partie: Origines et développement chrétien, [2éme partie: De l’Islamisme et conclusions provisoires.

Certaines images de l’iconographie documentaire que nous avons rassemblée peuvent choquer par la violence insupportable de leur contenu, le monde tel qu’il est n’est hélas pas un livre doré sur tranche!

[**Pierre-Alain Lévy*]|right>


[**L’Apocalyptisme*]

Sur pareil thème, je ne me hasarderai pas à formuler la moindre thèse. Seulement quelques hypothèses…

Et pour éclairer d’emblée votre lanterne, voici quelques-uns des aspects que j’aborderai :

• L’Apocalypse de Jean, le Livre
• De quelques définitions…
• L’apocalyptisme dans la littérature et les arts, en Occident
• L’apocalyptisme chrétien, aujourd’hui
• Les sectes apocalyptiques
• De quelques comportements apocalyptiques individuels
• L’apocalyptisme dans la pensée musulmane traditionnelle
• …dans l’islamisme contemporain
• De quelques fondamentaux du djihâd
• Comment lutter, aujourd’hui, contre la montée des apocalyptismes.


[**I. L’Apocalypse de Jean*]

En grec, [**Apocalypsis*] ( Αποκάλυψις) signifie « révélation ». Ce nom fut donné par l’évangéliste à un livre contenant les révélations qu’il avait eues dans l’île de Patmos [où l’avait relégué l’empereur [**Domitien*], de 81 à 96]. Ultime livre du Nouveau Testament, il fut rédigé par [**Jean*] en l’an 94 – soit 61 ans après la Passion du Christ, et 2 ans avant la rédaction de son propre Évangile.

Mais je ne m’appesantirai guère sur ce livre, sauf à rappeler 2 ou 3 points :|left>

• Il s’agit là, pour l’essentiel, de la prophétie de ce qu’il doit advenir entre l’Ascension et la Parousie. La parousie étant le second avènement du Christ glorieux, revenu débarrasser le monde de l’Antéchrist [malheureuse altération du mot latin Antichristus] (littéralement en latin: avant la naissance du Christ ). On ne trouve d’ailleurs ce nom que dans les Épîtres de Jean (5 occurrences).

• Lorsqu’il apparut à Jean, le Christ tenait sept étoiles en sa main droite, et lui sortait de la bouche une épée à deux tranchants effilés (Chap. I, verset 16). Notons la mystérieuse importance du nombre Sept dans l’Apocalypse. Lequel signifie toujours universalité et perfection : 7 esprits devant le Trône, 7 étoiles, 7 sceaux, 7 chandeliers d’or, 7 églises, 7 lampes, 7 fioles et enfin les 7 cornes et 7 yeux de l’Agneau.

• Lequel doux animal n’en proclama pas moins : « Dieu vomit les tièdes » (III, 16). C’est également l’Agneau qui lèvera les Sept Sceaux du livre contenant les jugements de Dieu. La levée du « Septième Sceau » déclenchant les 7 tonnerres cataclysmiques [souvenez-vous de l’admirable film d’[**Ingmar Bergman*]], puis les 7 trompettes angéliques – l’ultime sonnerie ouvrant les portes de la Jérusalem céleste (XXI). Pour les férus de numérologie, je rappellerai que la bête de l’Apocalypse [dont triomphèrent l’archange Michel et ses saintes cohortes] portait le chiffre maléfique de 666 (XII, 7).

• Et cela, bien avant que ne fût détruite la grande Babylone, « mère des fornications et des abominations » (XVII, 5)… Mais là, rien de bien neuf, puisque – dès l’Ancien Testament – Jéhovah nous avait obligeamment prévenus : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais la guerre ! »

***

[**II. De quelques définitions…*]

Or, qu’est-ce que l’apocalyptisme ? Ce n’est plus, comme naguère, la croyance en l’imminence de la fin des temps. C’est désormais, bien plutôt, la tentation de précipiter son échéance.

Brève incise définitoire. Il ne faut pas confondre apocalyptisme et nihilisme… Le nihilisme est froid, sec – expression le plus souvent de desperados, il vise au chaos. Cependant que l’apocalyptisme est chaud, humide, exalté, riche d’espoir en une vie future, parmi – mais qui n’en rêverait ! – un essaim bourdonnant de vierges attentives…

Pour un nihiliste : « Plutôt la barbarie que l’ennui ! » [selon la formule de [**Théophile Gautier*]]. Ou bien, en plus soft, la célèbre apostrophe du René de [**Chateaubriand*] : « Levez-vous, orages désirés ! »…

Toutes choses qui n’excluent naturellement pas, chez nos apocalypticiens, des pulsions plus inavouables, telles que vertige du pire, érotisme criminel, jouissance dans cette sensation vive et délicieusement perverse que donne le sang versé…

Je ne doute d’ailleurs pas qu’une étude attentive des sous-vêtements de ces salafistes qui massacrent à tout va, hommes, femmes et enfants – souvent de leur propre ethnie et religion -, serait riche d’enseignements…

On entend souvent parler [mais ce n’est heureusement, à ce jour, qu’une métaphore] de « Guerre des civilisations ». Aussi est-il peut-être nécessaire de bien faire le départ entre [**Guerre*], [**Terreur*] et [**Terrorisme*].|left>

• La Guerre est un jeu entre adversaires de poids comparables, bien identifiés, ayant un seul objectif : la victoire.

• La Terreur, elle, est un instrument de gouvernement, pour liquider les élites (il n’est que de citer [**Gengis Khan, Tamerlan, Robespierre, Lénine, Hitler, Staline, al-Béchir, Mao, Pol Pot*]…).

• Le Terrorisme, quant à lui, vise à déstabiliser – pour des motifs naguère politiques, aujourd’hui idéologiques.

À la différence de la guerre, terreur et terrorisme visent, le plus souvent, à purifier, à redresser, à façonner la nature humaine. Éternelle utopie prométhéenne, à laquelle nous ne sommes pas tous étrangers…

Le terrorisme tue, en outre, sans discrimination. Citons [**al-Zawahiri*] [à propos de civils musulmans victimes d’attentats] : « Ils n’avaient qu’à pas se trouver là ! »

Sans, bien sûr, faire d’amalgame avec les attentats ciblés de la Résistance, ou avec ce que les Israéliens pratiquent sous le nom de « liquidations extrajudiciaires ».
Sans non plus ignorer que des Français pratiquèrent parfois le terrorisme aveugle : tels, par exemple (après les accords d’Évian), les commandos Delta de l’OAS commandés par le lieutenant [**Roger Degueldre*] – en l’honneur duquel, le 6 juillet 2005 (date anniversaire de son exécution), on inaugurait une stèle à Marignane.

L’un des principaux leviers du terrorisme demeure toutefois le Fanatisme, lequel peut se définir par un « refus de l’existence de l’autre, voire de soi-même », s’accompagnant d’une série d’actes censés correspondre à un idéal. Actes ordinairement dépourvus de stratégie ou même d’esprit tactique… Le geste suprême consistant en le meurtre ou l’attentat – notamment s’il est lié au sacrifice de la vie de son auteur.|left>

Dépourvu de base idéologique solide, ce fanatisme est souvent le fruit d’une « conversion », d’une « illumination ». Il est le fait de ceux qui se qualifient de « Born again » [« Born again » ou « Reborn in Islam », aussi bien que « Born again Christians »]…

Autre caractéristique de ce fanatisme : son discours imprécateur, dénonçant – au nom du Bien et de la Vérité – l’objet de sa haine : l’impie, le mauvais musulman, le sexe féminin, l’ennemi de classe, le juif, le franc-maçon, l’autre quoi !

La psychanalyse explique cela, bien sûr, en termes de pathologie : il s’agirait de Thanatos ou d’un Éros perverti – pulsion de mort ou de destruction. Les idéologies n’étant plus, dès lors, qu’alibis, prétextes ou, au mieux, références identitaires…

***

[**III. L’apocalyptisme dans la littérature et les arts*]

« Si le monde entier s’effondre, moi je ne tremble jamais » affirme [**Don Giovanni,*] délibérément apocalyptique. N’est-il pas, en effet, conseillé – pour attester son pouvoir – de tuer, détruire ou saccager ?… Thèse également soutenue par la belle et perverse [**Mme de Merteuil*] (dans Les Liaisons dangereuses), illustrant admirablement le (bien méchant) propos selon lequel « les femmes n’ont conscience de leur pouvoir que pour autant qu’elles en abusent »…

Ne peut-on également découvrir une composante apocalyptique dans les excès de la Révolution française, dans cette incroyable explosion de sauvagerie que fut la Terreur ? Ensauvagement sans précédent dans l’histoire de l’humanité – mais qui eut hélas, ensuite, mille avatars ?

Et le joyeux [**Cioran*] d’en conclure : « Le progrès n’est jamais qu’un élan vers le pire ».

|center>

N’assistons-nous pas en effet – singulièrement en Occident – à une régression générale de l’exclamation (expression humaine) vers le cri (expression animale) ? Régression vers l’informulation des sentiments – dont les musiques dites « z-actuelles » sont, sans doute, le parangon. Ainsi, dès son premier album Kill Them All ! (1981), le groupe [**Heavy Metal*] prônait-il l’apocalypse. Puis ce furent le No future des [**Skinheads*], le suicide de[** Kurt Cobain*] et l’irrésistible ascension d’[**Eminem*]. Tandis que, dans son album Mylenium, la rousse [**Mylène Farmer*] s’identifie à la Bête de l’Apocalypse…

Mais on trouve bien des références similaires dans la musique savante – comme d’ailleurs dans tous les arts contemporains : théâtre, chorégraphie, installations (d’ordures), etc.

En musique, bien après qu’[**Olivier Messiaen*] eut composé, au camp nazi de Görlitz, son Quatuor pour la fin du temps, nous avons eu en 1968, de [**Pierre Henry*], L’Apocalypse de Jean – volcan, sur lequel dansa plus tard [**Maurice Béjart*]. Scénario cataclysmique qu’auront également illustré les compositeurs [**Penderecki, Wolfgang Rihm*] et [**Sofia Goubaïdoulina*]…


Au cinéma, nous avons eu Apocalypse Now de [**Coppola*] (en 1979), mais surtout, de [**Kubrick*], les prémonitoires Docteur Folamour (en 1964) et Orange mécanique (en 1971).

***

[**IV. L’apocalyptisme chrétien, aujourd’hui*]

*[**Martin Rees*], professeur d’astrophysique et de cosmologie à l’université de Cambridge, surnommé « le prophète de l’Apocalypse », considère comme inévitable [dans son célèbre ouvrage Notre dernier siècle] une ultime conflagration planétaire. Puisqu’il n’existe plus, selon lui, de centre de contrôle – notamment depuis la fin de la guerre froide… Et que, d’autre part, les grands États ne développent plus que des armements offensifs… Eu égard également à la banalisation croissante des armes de destruction massive – singulièrement chimiques et biologiques – bientôt accessibles à tout un chacun.

La question n’étant plus de savoir si tel cataclysme se produira, mais à quelle date… Et de citer la fameuse (et piquante) formule que se seront, tour à tour, attribués le [**prince de Schwarzenberg, Bonaparte, Émile de Girardin, Talleyrand, Clausewitz, Clemenceau, Poutine*] et [**Ariel Sharon*] : « On peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus ».

*Lorsqu’en juin 1967, les troupes israéliennes chassèrent les Arabes de la Vieille Ville de Jérusalem, ce fut – pour nombre de chrétiens fondamentalistes – le premier signe annonciateur de la Parousie, second avènement du Christ glorieux. Lequel Procrastinator nous fait toutefois languir…

Mais les scénarios de fin du monde sont cycliques. Ainsi, pour les protestants évangéliques, l’étonnante suite de catastrophes qui frappe notre planète [séismes, raz-de-marée, tornades, etc.] augure-t-elle de l’imminence du Jugement dernier [du Doomsday, dit-on à Hollywood].|center>

[**Aujourd’hui…*]

Seuls de tous les chrétiens, les protestants évangéliques font une lecture « littéraliste » du Livre de Jean. Sola Scriptura, seule compte l’Écriture !

Dans le chap. XX de L’Apocalypse, le règne du Christ est annoncé pour une durée de mille ans – millenium qui se situe entre la bataille d’Armageddon et le Jugement dernier

Or les évangélistes en font trois lectures différentes :

• Les plus optimistes considèrent que le Christ reviendra « à l’issue » d’un millenium de paix universelle, ce sont les post-millénaristes…

• D’autres considèrent que nous sommes « au cœur » de ce millenium, et que le mal ne sera éradiqué qu’au retour du Christ, ce sont les a-millénaristes.

• Quant aux pré-millénaristes, ce sont les plus pessimistes : ils estiment que nous entrons dans une période de terribles convulsions qui ne cessera qu’avec le retour du Christ, pour un règne de mille ans.|center>

C’est à cette dernière branche que se raccroche le « dispensationalisme », que revendique l’ex-président [**George W. Bush*]. Dispensationalisme dont les productions font florès dans le monde de l’édition, de l’audiovisuel et sur la Toile… Si ses tenants demeurent étrangement muets sur les problèmes sociaux [obligations envers les pauvres, notamment], ils ratissent en revanche d’immenses audiences en conjuguant Apocalypse et Internet.

Sachez enfin que s’il y a 70 millions de catholiques dans la Bible Belt [ceinture biblique des États-Unis], les évangélistes n’y sont pas moins de 135 millions. Cependant qu’ils sont déjà plus de 200 millions en Amérique du Sud… [Last but not least, saviez-vous que la Chine, avec ses quelque 100 millions d’évangélistes et ses 10 000 conversions quotidiennes, est déjà le 3e pays chrétien au monde ?]

Sur les Pentecôtistes en revanche (autre courant évangélique), je ne ferai pas de commentaire… Sinon pour signaler qu’ils considèrent le pape comme l’Antéchrist, et Rome comme la « Grande Prostituée ».

Quelques mots maintenant sur Left Behind, ce best-seller évangéliste qui, depuis plus de vingt ans, fait d’invraisemblables ravages chez les Américains.

En 1995, était publié aux États-Unis Left Behind, a novel of the Earth’s Last Days (« le roman des derniers jours »). Son auteur [**Tim LaHaye*] (1926-2016), spécialiste reconnu des prophéties apocalyptiques, dictait ses messages à un certain [**Jerry B. Jenkins*], romancier à la plume prolifique (plus de 150 ouvrages publiés).

Malgré une remarquable indifférence de la critique, Left Behind connut un succès foudroyant, donnant naissance à tout un cycle romanesque qui ne cesse, depuis lors, de croître et multiplier. Le livre resta 84 semaines en tête des best-sellers du New York Times. Et, si l’on en croit Newsweek, il était la lecture favorite des soldats américains en Irak. C’est un véritable miracle éditorial : plus de 70 millions d’exemplaires vendus.
[Il est disponible en anglais, à Paris, chez Brentano’s, Smith’s ou Galignani, et a été traduit en français sous le titre Les Survivants de l’Apocalypse (éd. Vida).]

[**Or, de quoi s’agit-il ?*]

Notre planète, « village global », sera bientôt gouvernée par l’Antéchrist, lequel prendra le pouvoir grâce au soutien… de l’ONU. Personnage qui répondra au nom de Nicolae Carpathia, et dont la capitale sera nommée « Nouvelle Babylone »… Les premières révoltes contre l’Antéchrist éclateront en Israël et aux États-Unis – pays dans lesquels se constitue, dès à présent, la « Force de la tribulation », avant-garde du Bien et de la Foi. [Israël devrait jouer un rôle décisif dans cette aventure, puisque aussi bien la conversion massive des juifs au christianisme est l’une des conditions sine qua non du retour du Messie.]|left>

L’habileté des auteurs est de présenter leur doctrine sous une forme distrayante, en alliant les bonnes formules que sont thriller politique, science-fiction et roman à l’eau de rose… Il n’empêche que, pour les « born-again Christians » [et [**George W. Bush*] se dit également être l’un d’eux], la lecture de ce roman, essentiellement fondé sur l’Apocalypse de Jean, doit être « littéraliste »… Autrement dit : revisitées par nos deux romanciers, les visions de l’apôtre de Patmos sont à considérer comme les vraies nouvelles de l’avenir !

Quant à la prémisse des « Sept années de tribulations » dont parle l’Apocalypse, elle devrait se situer dans la haute atmosphère, lorsque le pilote d’un Boeing 747 sera informé, en plein vol, de la disparition subite et mystérieuse de plusieurs passagers – ne restant sur leurs sièges que vêtements et effets personnels. C’est ainsi que les « Purs » seront enlevés à notre planète. Cet « enlèvement » (rapture, selon nos auteurs) ne serait rien moins qu’un événement historique. À vivre… de toute imminence !

Plusieurs films éponymes ont été réalisés : en l’an 2000 (par [**Vic Sarin*]), en 2002 (par [**Christof Putzel*]), en 2014 (par [**Vic Armstrong*], avec [**Nicolas Cage*])… Dits « Church theatrical releases », ces blockbusters sont projetés dans les églises évangélistes. DVDs à commander en ligne…

***

[**V. Les sectes apocalyptiques*]

*Le groupuscule ésotérique de l’Ordre des Esseniens qui compte un millier de fidèles dans le monde, qui se revendique chrétien, mais n’est affilié à aucune religion ( un millier d’adeptes dont une centaine de membres en Suisse) et s’attend à une apocalypse imminente, est l’un des premiers cas répertoriés

*Les Témoins de Jéhovah. Fondée aux États-Unis, en 1881, par un nommé [**Charles Taze Russell*], cette secte éminemment prosélyte a successivement prédit la bataille d’Armageddon pour les années : 1914, 1925, 1943, 1975 et 1976 (cette bataille devant ouvrir une période de mille ans conduisant au Jugement dernier). Mais curieusement, les Témoins de Jéhovah ont, depuis lors, cessé toute prédiction…

*Fondée également aux États-Unis, en 1972, la secte de Tabitha’s Place a largement essaimé dans le monde. Et notamment en France, à Sus-Navarrenx (Pyrénées-Atlantiques)… Dissoute en 1997, sur ordonnance du parquet de Pau, cette communauté s’est aujourd’hui reconvertie en « Tribal Trading Company », laquelle est censée importer de la Yerba maté.|center>

*L’Alliance Rose-Croix, aussi bien que L’Ordre du Temple solaire [branche apocalyptiste New Age], s’attendent, l’une et l’autre secte, à un cataclysme cosmique…

*Les Rastafaris. Pour les membres de cette secte messianique d’origine jamaïcaine, la fin des temps aurait commencé en 1930, avec le couronnement du Négus, autrement dit de l’empereur éthiopien [**Haïlé Sélassié*], autoproclamé « Roi des Rois » – souverain suprême dont il est question dans l’Apocalypse (V, 5-6). Or le Roi des Rois, c’est l’Agneau, nous dit saint Jean. Mammifère en lequel la plupart des chrétiens voient naturellement le Christ ; tandis que pour les rastafariens, il s’agit d’Hailé Sélassié Ier. Lequel devrait également revenir sur Terre, afin de conduire son peuple en Afrique, sur le mont Zion, mythologique Paradis terrestre où tout bon rasta accédera à la vie éternelle. Quant à Babylone, la « Grande Prostituée » – autrement dit le reste du monde -, elle sera détruite par le feu…

N’oublions pas que[** Bob Marley*], dieu vivant du reggae, demeure aujourd’hui encore – 36 ans après sa mort – l’un des musiciens les plus populaires de la planète, lui qui aura converti des millions d’adeptes au mouvement rasta, en proclamant : « They say Jesus, we say Negus ! »

*Le Temple du Peuple fut fondé en 1953 par [**Jim Jones*], gourou qui – au Guyana, en 1978 – contraignit les 923 adeptes de sa secte [dont 260 enfants] à s’empoisonner.|left>

*La secte de Waco : Encerclé par la police, son gourou [**David Koresh*] mit le feu, en 1993, au ranch de la secte, dit « Ranch de l’Apocalypse », faisant 88 victimes.

*La secte japonaise « Aoum, Vérité Suprême » a été plus loin encore, en organisant nombre d’attentats-suicides (tel celui au gaz sarin, dans le métro de Tokyo).

*Les Raéliens : Dans le n°101 de son Bulletin, sobrement intitulé « Apocalypse International », le rockeur psychédélique [**Claude Vorilhon*], dit [**Raël*] (°1946), écrit : « Quelle grandeur d’âme n’y a-t-il pas dans ce bonze qui s’arrose d’essence, puis craque une allumette afin que son pays ne supporte plus la tyrannie américaine ! Serions-nous capables de faire cela pour nos Élohim ? »

*Citons aussi le bon [**Pierre Corneille*] qui fait dire à Horace : « Mourir pour la patrie est un si digne sort, [Qu’on briguerait en foule une si belle mort ».
Or, dans le patriotisme des Romains – voire dans tout patriotisme – ne peut-on déceler une composante apocalyptique ? Sacrifice sur l’autel de la Patrie – patrie comme palliatif, comme succédané de Dieu, sinon d’un père…

*Citons aussi [**Yvonne Trubert*] (1932-2009), « gouroute » [voire « mère gourelle », selon les écoles], qui fondait en 1983 la secte apocalyptique I.V.I. [Invitation à la vie]. Reconnue comme la réincarnation de Jésus, cette excellente personne exorcisait, un peu partout dans le monde…

*Enfin, le Nantais [**Arnaud Mussy*] (°1968), gourou de la secte apocalyptique Néo-Phare, se proclame également la réincarnation du Messie.|center>

La doctrine de la plupart de ces sectes inclut, bien sûr, l’idée d’une apocalypse imminente… À telle enseigne que les R.G. ont pu établir un « Calendrier des fins du monde » (cf. Bulletin des Renseignements généraux). Joyeuse apocalypse par, notamment : guerre mondiale, cataclysme nucléaire, chute de météorite, collision avec astéroïde ou autre planète, invasion d’extra-terrestres, raz-de-marée, déglaciation des pôles, passage dans la 4e dimension, pollution majeure, Tchernobyl planétaire, pandémie, etc. Cataclysmisme qui permet de voir – de plus en plus clairement, à chaque instant – s’appesantir la main de Dieu…

Une telle imminence de l’Apocalypse justifie naturellement toutes formes de suicides ou massacres (individuels ou collectifs), tels que les prônent :
*Les sectes « antispécistes », sectes écolo-fondamentalistes qui préconisent l’extermination de l’espèce humaine pour sauver la planète.
Ainsi du joyeux VHEMT (Mouvement pour l’extinction volontaire de l’espèce humaine) ou du FLG (Front de libération de Gaïa)… Quant à l’Église d’Euthanasia, basée à Somesville aux États-Unis, son séduisant mot d’ordre est : « Économisez la planète, détruisez-vous ! » Notons avec intérêt que l’Église d’Euthanasia (qui interdit la procréation et encourage le cannibalisme) est officiellement reconnue aux États-Unis.

*[**Adolf Hitler*], lui-même, n’écrivit-il pas, aux derniers jours : « Pour qui n’a pas d’héritier, mieux vaut se laisser brûler dans l’incendie de sa maison. Avec tous ses biens, comme sur un bûcher funéraire ! » Cependant que, dans les camps de la Hitlerjugend, on pouvait lire l’inscription suivante : « Nous sommes nés pour mourir pour notre Führer ! »

Encore heureux qu’Hitler n’ait pas eu sous la main le bouton nucléaire… Peut-on imaginer, un seul instant, qu’il ne s’en serait pas servi ?
|center>

Bref commentaire sur le Tantrisme :

Pour le syncrétisme balinais, se succèderaient – de toute éternité – une alternance de genèses et d’apocalypses, dans une sorte d’aller-retour, de palindrome à l’infini. Nous viendrions, en quelque sorte, du Big Bang pour retourner vers le Big Crunch [ravalement de l’énergie], puis tout recommencerait. Balancier temporel régi par des divinités féminines [pour les hindouistes, en effet, l’énergie est d’essence féminine ?]…
Conception à la base de toute la cosmogonie balinaise aussi bien que de sa musique [dans le tantrisme, en effet, musique et univers sont de même nature].

***

[**VI. Comportements apocalyptiques individuels…*]

*Universelle est notre fascination – petitement néronienne – pour les incendies. Mais aussi excitation – pour le moins suspecte – devant les accidents de la route, les crimes de sang, les cyclones, les tsunamis…

Ou, en moins dramatique, notre dilection pour les feux d’artifice, les apocalyptiques amoncellements de nuages, ou bien encore l’ordinaire spectacle d’un « soleil, qui se noie dans son sang qui se fige »…

Sans avoir besoin d’autrement insister sur l’horreur sacrée qui nous aura tous saisis devant le spectacle, quasiment mythologique, de l’effondrement des Twin Towers. « Probablement le plus beau spectacle auquel nous aurons jamais assisté » disait, le lendemain même de l’attentat, le compositeur [**Karlheinz Stockhausen*] – qui, seul, aura reconnu d’emblée son caractère monstrueusement esthétique.

*Quand ça va mal pour soi, qui n’aura eu un jour, in petto, la tentation secrète, l’inavouable espoir que tout explose, disparaisse ? Fascination du pire, vertige philobatique, suicidaire fuite en avant… Non plus « Après moi le déluge », mais « Avec moi le déluge » !

*Cogito, ergo **BOUM !*] professait le mathématicien [**Theodor J. Kaczynski*] (°1942), alias le terroriste[ « Unabomber »... N’y a-t-il pas, en vérité, une part d’Unabomber en chacun de nous ? Quand bien même nous ne passons pas à l’acte…|left>

*« La violence pour la violence » – aussi bien que « l’art pour l’art » ou « le sexe pour le sexe » – ne nous procure-t-elle pas l’illusion d’accéder à une libération, à une vérité, à un secret ? Évidente prime de plaisir accordée à l’extrême violence…

*On trouve aussi, hélas ! de plus en plus de comportements suicidaires chez les jeunes enfants (fillettes ou garçonnets kamikazes) ou, tout du moins, d’attrait pour des comportements qui flirtent avec la mort : jeux de non-oxygénation ou de défi (Blue Whale Challenge, etc.).

[**Francis-Benoît Cousté*]|right>


**A suivre… !*] Mise en ligne de la [2ème partie [**De l’Islamisme et conclusions provisoires*]; mercredi 22 novembre 2017. [**Ne manquez pas de vous connecter, ne le loupez pas…

Qu’on se le dise !*]


Cet article vous a intéressé, vous souhaitez le partager ou en discuter avec vos amis, utilisez les icônes Facebook (J’aime) ,Tweeter, + Partager, positionnées en contrebas de la page.

Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 19/11/2017

***

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Notre site utilise des 'cookies' pour améliorer votre expérience et son utilisation. Si vous le refusez vous pouvez les désactiver. Accepter En savoir plus