British secret service against nazis. An excellent spy story


La jeune journaliste du Parisien, [**Alexandra Echkenazi*] vient de signer son second roman : Le joueur de baccara. Il s’agit bien d’un roman comme elle le précise dans la postface, surement pas une biographie d’un des deux protagonistes : [**Ian Fleming*] l’auteur des James Bond et [**Dusko Popov*], sûrement l’espion anglais le plus efficace durant la Seconde Guerre mondiale. D’ailleurs, plus d’un des exégètes des James Bond disent que Popov a servi de modèle à ce personnage de roman. On sait que les deux hommes se sont rencontrés, mais le reste est à mettre au compte de l’imagination de l’auteur.

Deux destins se croisent durant la Seconde Guerre mondiale : d’un côté [**Ian Flemming*], jeune homme riche, désabusé, trainant sa mélancolie autour du monde. Mais il tombe amoureux de la belle Ann O’Neill, une relation qui le détruit, qui le déchire, il est jaloux de son mari, des hommes avec qui elle parle, mais il ne veut surtout pas l’épouser, fonder une famille. Comme il écrit bien on l’engage dans les services secrets britanniques, mais il y est cantonné dans un rôle d’administrateur et ne peut réaliser son rêve : être sur le terrain, faire partie des services actifs. Il est de plus en plus aigri et dès qu’il rencontre par hasard Popov, il lui voue une sorte de haine car il représente tout ce qu’il voudrait être et ne sera jamais.

De l’autre côté [**Dusko Popof*], jeune yougoslave riche et mondain, mais doté de convictions politiques : il est profondément antinazi ce qui lui vaut quelques problèmes avec ces derniers alors qu’il fait ses études de droit à Fribourg. Expulsé d’Allemagne, il est recruté par l’intermédiaire de son seul et meilleur ami par les services secrets de l’Abwerh. Tout de suite il va proposer ses services aux Anglais qui vont faire de lui l’une des pièces principales dans l’opération de désinformation et d’intoxication qu’ils vont lancer. L’opération double Cross est en grande partie une des raisons du succès en Normandie (les Alliés ayant fait croire que le débarquement aurait lieu dans le Pas-de-Calais) et Popov y a grandement contribué.

A l’inverse de Flemming, Popov est magnétique, courageux, plein de sang-froid, impassible quand il faut l’être. Sa seule faiblesse, mais il sait en faire une force, sa haine du nazisme. Une seule vraie déchirure dans son parcours sans faute, la mort de son ami Jebsen, lui aussi agent double, assassiné par la Gestapo pour une histoire de trafic de devises.

[**Alexandra Echkenazi*] nous amène à Dubrovnik, Budapest, Londres sous les bombes allemandes, Lisbonne, lieu interlope rendez-vous de ceux qui fuient les nazis et des espions de tous pays, mais aussi en Jamaïque et même sur la Côte d’azur à Cannes où Popov (aussi bien le vrai que le personnage du roman) s’est retiré la guerre finie. A la lire, il vient une évidence au lecteur : voilà la vérité de la naissance de James Bond.

Et puis Dusko Popov ne mérite pas, loin de là de tomber progressivement dans les oubliés de l’histoire alors que la démocratie lui doit tant.

[**Emile Cougut*]


[**Le joueur de Baccara
Alexandra Echkenazi*]
éditions Belfond. 18€50


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WUKALI 15/11/2017

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