Napoleon’s death mask sold by Drouot in Paris


Voila trois jours nous écrivions que le masque mortuaire de Napoléon avait été vendu 148.000 euros au marteau, soit légèrement moins que la cote estimée. Qui plus est nous avions même pu voir en direct sur le réseau internet de l’Hôtel Drouot à Paris la vente se dérouler, et le marteau du commissaire-priseur tomber rapidement, peut être trop rapidement. Mais la vente ne s’est pas faite. Mystères et servitudes des salles des ventes, peut-être… Napoléon s’en est retourné à son repos cireux !

Nul doute les maisons de vente aux enchères constituent l’antichambre de la petite et de la grande Histoire. Toutes sortes d’objets sont soumis aux désirs des amateurs tel à Drouot mardi 7 novembre, un masque en cire de l’empreinte du visage de [**Napoléon Ier*] prise peu après sa mort le 5 mai 1821, vendu par la maison [**Coutau-Bégarie*] il était estimé entre 150 000 et 200 000 €.

En 1820, le docteur [**François Antommarchi*] fut envoyé par [**Madame Mère*] à Ste Hélène pour s’occuper de l’illustre prisonnier sur les conseils de l’oncle [**Fesch*], le cardinal. Il est à l’origine de la réalisation de ce masque mortuaire.

Le moins que l’on puisse dire c ‘est que ce médecin italien n’est guère en odeur de sainteté dans les cercles napoléoniens ! En effet il a vingt-neuf ans quand il part pour l’ile de l’océan Atlantique sud. Jusque là on le connaissait comme préparateur des dissections à l’amphithéâtre de Florence. Peu d’information filtrent en France sur le sort de l’empereur déchu, des bruits farfelus courent même qu’il ne serait pas sur l’ile et aurait été enlevé par des anges et vivrait sur une autre île. Le cardinal Fesch croit dur comme fer à cette ineptie. Missionné pour se rendre au chevet de l’empereur (et payé pour cela pour la coquette somme de 9.000 francs par an, ce qui devait être considérable à l’époque) le médecin prend son temps. Il quitte Florence, passe quarante jours à Rome, puis quatre mois à Londres en se glorifiant du titre de «médecin de Napoléon», avant de s’embarquer pour la traversée maritime. Il arrive à Ste Hélène le 18 septembre 1820. Croyez-vous qu’il va alors immédiatement rencontrer Napoléon? Non, il prend son temps et accepte l’invitation à dîner d'[**Hudson Lowe*], le gouverneur de l’île. Pour ce dernier Napoléon serait un malade imaginaire qui ne souffrirait que d’une maladie diplomatique, las …! Les relations entre le médecin et l’empereur sont exécrables, cela ajouté aux brimades de toutes sortes imposés par les Anglais à leur prisonnier. Napoléon vitupère contre Antommarchi .

Tout cela est connu et bien documenté ne serait- ce que par les témoignages de l'[**abbé Vignali*] qui avait tenu à accompagner dans son exil l’empereur, que du valet de chambre attaché à la personne de celui-ci [**Louis-Joseph-Narcisse Marchand*], des généraux [**Bertrand*] ou [**Montholon*] ainsi que de la petite colonie corse qui était venue s’installer dans l’ile pour tenir compagnie à l’empereur.

Le 15 avril 1821, Napoléon rédige son testament, son aide de camp le comte de Montholon, l’assiste comme témoin. C’est à ce moment là qu’il écrira cette phrase devenue fameuse : «Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé» (le testament a été vendu aux enchères en 2013). Napoléon meurt le[** 5 mai 1821*] à 17 h 49.

Le masque mortuaire est alors réalisé, voila ce que l’on peut lire plus précisément à ce sujet dans le catalogue de vente de Drouot:

Cependant, selon les voeux du sire ouverain, le docteur [**François Antommarchi*] reçut l’autorisation de pratiquer l’autopsie avec le docteur [**Francis Burton*] le 7 mai 1821. À l’issue de celle-ci, les deux médecins, avec l’aide des domestiques et de son valet [**Jean-Abram Noverraz*] (1790-1849), réalisèrent deux empreintes de masque : une du visage et une de l’arrière du crâne afin d’immortaliser les traits de l’empereur.

La volonté première de cette procédure était de réaliser plusieurs masques à destination de la famille de l’Empereur. Le docteur Antommarchi conserva la version de l’empreinte faciale, considérée par la famille Bonaparte comme le masque officiel. En 1821, il réalisa à partir de ce moulage initial (détruit depuis) un second masque qu’il commercialisa en 1833.

Cette oeuvre, signée « D.F Antommarchi », représente le visage de l’empereur quelques heures après sa mort et offre deux particularités intéressantes.
D’abord son origine : selon les spécialistes, ce masque pourrait avoir été réalisé avant 1833 d’après un des moulages initiaux coulés par Antommarchi. Il appartint au valet de l’empereur qui, par transmission, devint la propriété de [**Madame Louis Sandoz*] qui le vendit à un antiquaire en 1923, Monsieur [**Georges Souvairan*]. La seconde caractéristique réside en la présence de poils à sa surface sur le menton, les sourcils, les cils ayant appartenus à l’empereur. Ils furent prélevés par [**Jean-Abram Noverraz*] lors de la toilette mortuaire de [**Napoléon Ier*].

Dans le royaumes des âmes mortes, celle de l’empereur errerait-elle encore, Mort où est ta victoire ?

[**Pierre-Alain Lévy*]


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WUKALI 08/11/2017

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