Love, social issues, the right to die with dignity, all together a good novel


Un homme, une femme, un coup de foudre ravageur, les difficultés de le vivre et la mort qui plane. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un thème traité des centaines, pour ne pas dire des centaines de milliers de fois par toute la littérature mondiale. Le tout est de l’aborder non de façon originale (cela parait plus que difficile, voire impossible), mais avec nouveauté. Après, bien sûr, il y a le style, l’ambiance, l’empathie que le lecteur peut avoir vis-à-vis des protagonistes et j’en passe.

Nina est une jeune femme style « soixante-huitarde » attardée, menant une sorte de vie de bohème avec les moyens et la philosophie de vie d’une bonne « bobo » toulousaine. C’est une féministe convaincue, une vraie militante qui, atteinte par une sclérose en plaques, ajoute à son premier combat celui de la défense des droits des handicapés. David est un acteur mannequin irlandais au sommet de sa gloire. Un instable affectif qui souffre de son manque de liberté tant il est poursuivi par ses admirateurs (et admiratrices). Mais David a, depuis l’enfance, une grave insuffisance cardiaque qui peut le tuer à tout moment. Le hasard les fait se rencontrer sur un plateau de télévision et ils tombent tout de suite amoureux l’un de l’autre. Passion qu’ils ont du mal à assumer car tous les deux perçoivent dans ce sentiment le risque de porter des chaînes, de perdre leur liberté. D’aucuns penseront que tous deux ont des ego tellement développés qu’ils ne peuvent imaginer de faire des concessions. Se succèdent des pages de fusion (intellectuelle et sexuelle) et de déchirures, jusqu’à ce qu’ils assument et leur maladie, et leur sentiment.

Sous bien des aspects, [**Nataly Bréda*] écrit une vision moderne et adaptée (il n’y a aucun filtre) de Tristan et Iseult (fin comprise), matinée de Cléopâtre et Marc-Antoine (dans sa version shakespearienne). Mais ce n’est pas tout, car il y a aussi, au-delà du lien entre Eros et Thanatos, très présent dans les deux œuvres précitées (du moins en filigrane), une réflexion sur le droit de mourir dignement. Bien sûr, cette réflexion concerne essentiellement Nina et sa maladie dégénérative, mais aussi, (et c’est ce qui fait l’originalité de ce livre) traite des conséquences que ces choix peuvent avoir sur les tiers (essentiellement sur ceux que l’on aime et qui nous aiment). On a le droit de mourir dignement, mais ce droit peut-être avant tout perçu comme égoïste. A force de s’enfermer dans son droit, on finit par devenir autiste. Et cela a pour conséquence la souffrance de l’autre et sa propre souffrance. Au nom de son droit à vouloir mourir librement, on risque de se priver du bonheur auquel la vie, même avec une épée de Damoclès, nous réserve encore. Un thème banal, mais une façon moderne, actuelle, de l’aborder.

[**Emile Cougut*]


[**Souffles coupés
Nataly Bréda*]
éditions French Pulp. 18€99


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WUKALI 31/10/2017

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