About Argentina dictatureship

[**Padre*], voici un film argentin réalisé en 2013 par [**Santiago Bou Grasso*] et coproduit par Opus Bou, Les Films de l’Arlequin, ARTE France. Il a obtenu 102 récompenses dans le monde entier.

C’est tout d’abord un décor, une ambiance, une émotion. Tout apparait sépia comme dans les vieilles photographies d’autrefois, certaines d’ailleurs s’y trouvent et sont encadrées, on y voit représentés un militaire, on le reconnait à son uniforme, et une petite fille. Le décor, les objets et le mobilier semblent d’un autre temps, âgés, usés. Un journal nous donne une indication, 1983, la dictature argentine, sur sa une , un militaire de haut rang accusé de crimes contre l’humanité.

PADRE from opusBou on Vimeo.


Deux acteurs, deux protagonistes ou plus précisément un seul, une vieille dame, toute maigre et desséchée comme les fleurs qu’elle retire d’un vase, et une horloge qui impose son diktat et les saccades lancinantes de son balancier. Trois heures sonnent comme un Dies irae. Tout semble figé, dans un coin, un fauteuil d’invalide replié. Et le temps passe, sans saveur. La vieille femme en chignon, semble préparer sur un plateau un repas à servir, pourtant dans la chambre qu’elle ouvre, le lit est sans occupant. Dans la cour, sous sa fenêtre, un holocauste de petits oiseaux morts. Tel est le film.

Plus tard, bien plus tard, et nous ne sommes plus dans le film, sous cette même dictature, des femmes, des mères viendront chaque semaine sur la place de mai à [**Buenos Aires*], les folles de mai, manifester à la recherche de leurs proches, de leurs fils, de leurs enfants disparus… et dont elles sont jusqu’à ce jour sans nouvelles

[**Pierre-Alain Lévy*]


*Courrier des lecteurs *] : [redaction@wukali.com
WUKALI 21/10/2017
Première diffusion 05/11/2016

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