Unesco chose a French candidate to lead, manage and implement its organization


Le conseil exécutif de l'[**UNESCO*] réuni à Paris, vient de désigner vendredi 13 octobre [**Audrey Azoulay,*] ancienne ministre de la culture sous la présidence de [**François Hollande*], comme Directrice-Générale de l’organisation internationale. Elle succède ainsi à [**Irina Bokova*]. Son mandat prendra effet à partir du 15 novembre prochain.

Au début du processus de l’élection les Etats membres de l’UNESCO ont présenté neuf candidats : Polad Bülbüloglu (Azerbaïdjan), Qian Tang (Chine) ; Moushira Khattab (Egypte) ; Audrey Azoulay (France) ; Juan Alfonso Fuentes Soria (Guatemala) ; Saleh Al-Hasnawi (Iraq) ; Vera El-Khoury Lacoeuille (Liban) ; Hamad bin Abdulaziz Al-Kawari (Qatar) ; Pham Sanh Chau (Viet Nam).

In fine, l’élection mettait en présence trois candidats: [**Moushira Khattab*] pour l’Égypte, le candidat du Qatar [**Hamad bin Abdulaziz al-Kawari*], et pour la France [**Audrey Azoulay*]. L’élimination rapide du candidat égyptien suscita la colère de ce dernier qui déposa un recours pour vis de forme. L’ambassadeur quatari était arrivé en tête au premier tour et son élection paraissait assurée. Au deuxième tour de l’élection l’Égypte a voté pour la candidate française. Une victoire pour la diplomatie française. Le président[** Emmanuel Macron*] a salué cette élection remportée sur le fil en ces termes: «La France continuera à se battre pour la science, l’éducation et la culture dans le monde.»

Le vote final fut serré et Audrey Azoulay remporta l’élection par 30 votes sur 28. Cette élection est considérée comme une défaite pour le camp des pays arabes qui voulaient ardemment voir un de leurs représentants accéder à la direction de l’exécutif onusien. Rappelons qu’en juin dernier l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte avait rompu leurs liens diplomatiques avec Doha.

Quelle est donc la stratégie du Quatar, et quelle mouche a piqué leurs dirigeants pour avoir désigné comme candidat au poste de directeur-général de l’Unesco monsieur al-Kawari? Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture, tout est dit, pourquoi alors un tel candidat, Le Centre Simon Wiesenthal avait pourtant à plusieurs reprises alerté l’opinion sur les propos inquiétants de l’Ambassadeur al-Kawari, notamment ses propos furieusement antisémites tenus lors du salon du Livre de Doha et sur ses écrits. On aurait pu souhaiter que pour une telle responsabilité à ce poste éminent Doha fût plus circonspect sur ses choix… Par ailleurs dans les semaines qui précédèrent le vote, le Quatar avait multiplié les pressions et les invitations généreuses auprès de délégués, ce qui n’avait pas manqué de susciter pour le moins l’irritation de certains. En outre la stratégie diplomatique du Quatar manque (en termes diplomatiques) de lisibilité.

Audrey Azoulay devient ainsi le second directeur-général français de l’Unesco après [**René Maheu*] (1962-1974). Elle est la fille d'[**André Azoulay*], conseiller du roi du Maroc et de [**Katia Brami*] femme de lettres. Elle est née à Essaouira au sein d’une famille juive marocaine.

Elle arrive à la direction de l’**UNESCO*] dans un contexte particulièrement lourd pour l’organisation et dans la semaine même qui a vu les [**USA*], puis [**Israël*] la quitter. L’annonce par l’administration [**Trump*] de cette mesure prendra effet le 28 décembre 2018. [**Irina Bokova*] avait immédiatement réagi à cette mesure isolationniste pour le moins des USA ( voir le [communiqué intégral publié dans Wukali). La situation financière de l’agence onusienne sera particulièrement difficile, en effet, la contribution américaine compte pour plus de 30% du budget général.

Dans ses premières déclarations et dans la joie de son élection, Audrey Azoulay a déclaré: «Dans un moment de crise, il faut plus que jamais s’impliquer, chercher à renforcer (l’Unesco), et non pas la quitter». Elle a aussi rappelé que la « première chose à laquelle elle s’attacherait », serait « de restaurer la crédibilité » de l’UNESCO «et la confiance des Etats membres»

[**Pierre-Alain Lévy*]


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WUKALI 14/10/2017

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