[**Hors de la piscine, plein les yeux !*]

[**31°37’ 48’’ nord, 8°00’00’’ ouest*] et vous voilà dans cette ville berbère de 976 ans, au coeur des maisons ocres et rouges en plein désert.

Après avoir récupéré d’un vol de 3 heures et surtout de la différence climatique, je déambule entre les différents quartiers touristiques : la grande mosquée [**Koutoubia*] الكتبية ou la place [**Jamâa El Fna*] جامع الفنا avec ses charmeurs de serpents et ses magnifiques étales remplis d’oranges.

Bien évidemment lors de mes pérégrinations, j’ai passé le portail de l’ancienne maison d’un célèbre hôte de cette ville : Yves Saint Laurent non loin du Palais de la Bahia
A travers les palmiers, les fleurs exotiques, les crocus et autres nénuphars, nymphéas, bougainvilliers, jasmin en fleurs… bim un énorme bleu dans les rétines !

Et je me retrouve face à cette maison au style Le Corbusier au bleu intense et clair dont j’avais repéré quelques indices ici et là dans les allées du jardin.

J’imagine déjà cet artiste peintre français amoureux de cette ville avant la Seconde Guerre Mondiale qui mélangea cobalt et outremer pour créer son bleu et en répandre sur tous ses murs en plein centre-ville! Un vrai acte créatif subversif et urbain. Précurseur de Klein, [**Jacques Majorelle*] inventa sa couleur comme un point, une touche, un bassin, un îlot d’intensité en plein milieu du désert.

[**Ni une ni deux*]

Après avoir rempli mon corps de Majorelle, je fonce plonger dans la piscine de l’hôtel faire quelques longueurs pour évacuer. En vérité, je reste à faire la planche les yeux au ciel !

Je sèche, je déambule dans les rues. Fait étonnant, il y a toujours du monde, du bruit.
A travers cette vie je perçois des signes de présence. Au bout d’une ruelle, dans un angle, sur des portes. Ma curiosité et intérêt font un bond dans mes lobes.
Il me suffira de lever les yeux sur l’oeuvre de l’allemand [**Henrick Beikirch*] près de la gare routière.

Ce drôle de personnage avec son dromadaire qui m’observe près du palais Bahia قصر الباهية ‎.

Ca y est, c’est confirmé, les artistes de rues sont bien aussi dans cette enceinte.
Je suis venu pour profiter de la chaleur reconnue et visiter une propriété atypique.
Une fois dans le taxi, on cherche ensemble la route pour ce riad spécial.
Des hésitations, un téléguidage par téléphone et une trentaine de kilomètres plus loin, je repère une pancarte le long de la route, entre bambous, figuiers, agaves et maisons de travailleurs agricoles. Nous y sommes

Le ton est donné

Dès passé, le magnifique portail noir, je suis plongé dans un oasis de verdure et d’art.
Ici la Fondation Montresso, propose des résidences à des artistes urbains.
Voilà donc l’espace de l’artiste allemand dont j’ai croisé l’oeuvre sur la façade face à la gare.

Elise la responsable de la communication m’attend devant le pavillon central, avec le sourire. Cela se mérite d’arriver en ce lieu. Dans son bureau climatisé, elle m’offre gentiment un expresso et un verre d’eau. Je découvre les ouvrages édités par la fondation. J’ai hâte

On commence alors la promenade : d’abord des ateliers, j’aperçois deux artistes qui customisent un canapé.

Dès que je pose les yeux, il y a une oeuvre, un tableau ou un objet insolite.

Le Jardin Rouge a pour vocation de suivre le travail d’artistes urbains sur plusieurs années même après leur passage dans la résidence.

Entre les travaux de [**Jonone, Fenx, Crepel, Ceet, Mesguich, Skunkdog, Tarek Benaoum*] ou [**Jace*] et ses Gouzous (que l’on peut aussi retrouver placer partout au Maroc).

Les pièces sont presque construites autour des oeuvres, entre nature, matière brute, lumière. Depuis 2009, la fondation est engagée activement pour aider, soutenir et promouvoir leur travail.

Je repars donc avec trop de couleurs, d’odeurs, d’émotions.
J’ai juste le temps de faire splash dans l’eau avant de reprendre l’avion retour.

[**Jérôme Pilleul*]


Illustration de l’entête: oeuvre de David Mesguich. Jardin Rouge » residence, Montresso art foundation


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WUKALI 12/10/2017

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