A tragic period of the French Revolution


Qu’est-ce que la Terreur ? Avec une majuscule. Tout de suite on pense à l’histoire de France et plus exactement à la Révolution et à celui qui est devenu son symbole [**Maximilien Robespierre*]. Et après on va parler de la Terreur blanche surtout celle du midi en 1815 dont la victime la plus connue fut le maréchal Brune, mais aussi de la Terreur rouge des communistes, de la Terreur brune des fascistes en Italie, noire en Allemagne. Et que dire de celle qui sévit dans les pays musulmans et qu’un pseudo-état sectaire voudrait étendre dans le monde entier : la Terreur islamiste.

[**Jean-Clément Martin*], professeur émérite de l’université Paris1-Panthéon-Sorbonne, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la révolution française nous livre un ouvrage particulièrement éclairant sur ce concept. En reprenant toutes les principales études des historiens du monde entier sur cette période de cette histoire, il fait le constat qu’ils ne s’accordent que sur un point (et encore), elle prit fin le [**9 Thermidor*] avec la chute de Robespierre. Par contre, quand commence-t-elle ? Dès l’antiquité pour certain, tout au long de l’histoire, mais quel était son but ? Pourquoi utilisait-on ce terme ? En France a-t-elle commencé en 1789, en 1793 ? en 1794 ? Plus globalement, en prenant en compte la Révolution, la Terreur était-elle une politique « lucide », « programmée », ou comme dans les années 1790 par une vacance du pouvoir du essentiellement à une lutte pour le pouvoir ? Toutes les factions lors de la Révolution se sont servis, souvent de façon ambiguë, souvent pour des intérêt personnels (il suffit de penser à [**Danton*]) de la Terreur pour s’imposer et éliminer ses adversaires. Comme en plus les rares textes concernant les lois d’exception étaient sujettes à interprétation, chaque acteur les ont interprété suivant sa vison. [**Carrier*] à Nantes, [**Fouché*] à Lyon furent de vrais bouchers. Dans d’autres endroits, les victimes furent bien moins nombreuses. La guerre de Vendée est une des conséquences de ce « flou » juridique et de l’absence d’une vraie politique au sommet de l’état.

A la lecture de ce livre, celui qui au-delà de bien de ses ambiguïté semble être le plus « légaliste », le moins prompte à légitimer la violence (les massacres de septembre plus ou moins voulus mais approuvés envers et contre tout par [**Marat*] et [**Danton*] et pas par lui) fut [**Robespierre*] qui fit condamner les extrémistes les plus violents : les sans-culottes autour des Hébertismes. Pourtant c’est Robespierre qui est devenu le « bouc-émissaire » des horreur de la Révolution et de la Terreur. Et si ce terme n’avait pas été justement créé pour disqualifier Robespierre par ceux qui voyaient par cet artifice un moyen de faire oublier leurs turpitudes. [**Tallien*] en est l’exemple le plus criant, mais, dans une moindre mesure [**Fouché*], [**Barras*] et même [**Bonaparte*] qui fut très proche du frère de Maximilien. Mais, ce terme de Terreur a été aussi employé par tous les détracteur de la Révolution, par tous les réactionnaires voulant remettre en cause les acquis de cette période.

Soit, la Terreur a fait (trop) de victimes. Mais combien ? Suivant la date prise pour son début, les chiffres varient très fortement. Il en est de même si on y intègre ou pas les soldats tués à la guerre. Et à la même époque est-ce que la Terreur en France a fait plus de victimes civiles et militaires que dans d’autres endroits comme les États Unis (en proportion il y a eu plus du double d’immigrés qu’en France lors de la guerre d’indépendance) ou l’Irlande ou les massacres faits par les Anglais font apparaître les horreurs de la guerre de Vendée comme une « joyeuse plaisanterie ».

Voilà certains questionnements que nous oblige à prendre Jean-Clément Martin. Il nous oblige à remettre en cause bien des a priori que nous a inculqué l’éducation républicaine ? A avoir une vision bien plus éclairée de ce fondement de notre « roman national ».

Robespierre chargé de tous les mots, encore une preuve, s’il en avait encore fallu, que l’Histoire est écrite par les vainqueurs et que le métier des historien est de démêler le vrai du faux.

[** Félix Delmas*]


[**La Terreur
Jean-Clément Martin*]
éditions Perrin. 13€


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WUKALI 08/10/2017

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