Jolly good, Well done !


« Bang bang !» de Julien Bisaro est un film d’animation français qui court les grands rendez-vous internationaux de la profession. Il a notamment été présenté au Festival du film d’animation de Tokyo et a remporté le prix du jury au Shanghai international film festival.

On ne sait que préférer, de l’histoire, du scénario, de la fine qualité esthétique ou de l’aisance à manier les outils informatiques.

C’est d’abord un film en noir et blanc, et si la couleur rouge fuschia fait des occurrences pour figurer la robe du renard (à moins qu’il ne s’agisse d’un chien !) ou aussi vers la fin, la jeune fille, elle n’est pas et de loin essentielle à l’esthétique générale. L’intensité des noirs, la diversité même apportée à cette couleur, tout à fait sensible dans le traitement des frondaisons percées par la lumière, est tout à fait remarquable. L’abandon des autres couleurs au profit de la binarité du noir et du blanc, participe pleinement, sans jamais tomber dans le manichéisme schématique, à la narration de cette histoire. Peu de formes arrondies, bien d’avantage de formes aigües, coupantes, épurées, pointues, notamment pour les représentations humaines et qui ne sont pas sans rappeler l’univers formel des mangas japonaises. Une certaine tendresse est apportée au film dans la description des animaux, mais jamais l’on ne tombe dans la mièvrerie ni la facilité.


L’angle narratif est particulièrement subtil, vif et dynamique, à la limite du film de suspens, fantastique ou du thriller. Les dialogues sont stricts et austères et dans une langue aux mots choisis et percutants. La stylisation de ce court métrage est aux antipodes de bien des films d’animation français, son registre est différent. Avec «Bang bang!» on se trouve dans une veine que l’on pourrait qualifier de réaliste, c ‘est une histoire contemporaine, la relation d’une fille avec son père, mais bien au delà des schémas et des poncifs fréquents sur ce sujet, on aboutit içi à une orientation quasi éthique, psychologique, voire politique sans nullement empêcher une part de poésie et de mystère. C’est en fait une histoire sur les valeurs et l’argent.

Une fois de plus, mais est-il vraiment nécessaire de le démontrer, Julien Bisaro le talentueux et jeune réalisateur de ce court-métrage, fait la démonstration de la puissance du film d’animation à porter tous les messages, à narrer toutes sortes de sujets voire les plus dramatiques. Le meilleur exemple de mon point de vue est le «sublime» ( je n’aime guère dans mes critiques utiliser cet adjectif, mais il est le seul qui vaille ) « Tombeau des lucioles» d’ Isao Takahata .

Ce film est le projet lauréat de la Bourse auteur de film d’animation de la Fondation Jean-Luc Lagardère, il a bénéficié de la Résidence d’écriture de l’Abbaye de Fontevraud avec le soutien du Ministère de la culture et de la communication et de la Région des Pays de la Loire. C’est une coproduction Caïmans Production-Arte-France (2014).

Faut-il préciser que «Bang bang !» est le premier film d’animation réalisé par Julien Bisaro ? Messieurs, chapeau-bas !

[**Pierre-Alain Lévy*]


WUKALI 07/10/2017 prudemment mis en ligne 30/04/2016
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