Enjoy this charming French animation movie, besides you have an English version, isn’t beautiful ?


Ne le sauriez-vous point, j’ai une affection particulière pour les films d’animation réalisés par les étudiants de l'[**ESMA*]. Je devrais ajouter pour être juste que je suis très sensible à la qualité des productions des écoles françaises d’animation, celle des Gobelins par exemple, et ce n ‘est point un hasard si les producteurs américains, les grandes maisons telles Pixar ou Disney, recherchent ici dans notre pays des spécialistes parmi les si nombreux talents qui ont été formés et qui y opèrent. Mieux encore elles ont carrément ouvert des studios de production en France dotés d’immenses budgets pour concevoir de A à Z ces grands films qui enchanteront la planète. Elles y emploient d’ailleurs des centaines de graphistes et autres artistes et spécialistes numériques. La France, et il n ‘est pas inutile de le préciser en ces temps de grisaille et de désinformation, est sans le moindre doute, dans le niveau d’excellence dans ce domaine, et ses réalisateurs sont pareillement très nombreux.

J’aime ESMA, car j ‘y trouve un style, une élégance, une technique digitale notamment parfaitement maîtrisée, mais ce que j’aime particulièrement c’est cette «French touch», cette spécificité française faite d’humanisme, d’humanité, d’humour joyeux et pour couronner le tout de tendresse. Ce film «Rubato» illustre parfaitement mes propos antérieurs. Un certain regard ( et je ne suis pas dans une sélection cannoise), cette tendresse, et cette humanité que je viens précisément d’évoquer. J’aime aussi le travail effectué sur les décors, les paysages et les atmosphères, observez à cet égard le traitement du décor parisien, les toits de zinc, les façades des maisons, les coins de rue, les impasses, les éclairages. Chaque détail compte, un raffinement subtil, dès le début par exemple observez la main du musicien, ses ongles, sa peau hâlée, ce n ‘est pas la main d’un habitué des fosses d’orchestre, voyez le tabouret, les devantures des boutiques et leurs enseignes, et bien entendu ce métronome à balancier, devenu aujourd’hui «vintage» et hélas remplacé, mais c ‘est la rançon du progrès, par des appareils électroniques japonais au demeurant plus performants. Le chien a une bonne bouille, une bonne tête de basset ou de beagle, de bons yeux. Au total, une ambiance, une signature bien reconnaissable, et une ville, Paris, un cadre unique et exceptionnel pour les créateurs, comme ici ceux du film d’animation qui y déploient leurs imaginaires et leur fantaisie.

[**Pierre-Alain Lévy*]


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WUKALI 16/09/2017

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