Corsica , the location place of this beautiful novel


Je ne peux qu’inciter les lecteurs de Wukali à rechercher dans les archives du site la recension critique que je fis du dernier (et toutefois premier) livre de **Catherine Scapula*] : [Stabat Mater Dolorosa. Il est certain que je puis réécrire au mot près plus des deux tiers de cette chronique. Ce n’est pas que l’histoire soit la même, loin de là, on passe d’une famille de 6 enfants à un homme solitaire, mais le fond, lui est identique. Il y a cet arrière plan : la Corse, l’Île avec un I majuscule, ces personnages « qui ne peuvent imaginer vivre ailleurs, on finit par se diluer en elle », la mort et surtout la violence toujours aussi omniprésentes, la mère, sorte de déesse vivante qui écrase sa progéniture de sa présence, de son aura. Toute tentative de révolte ouverte semble être vouée à l’échec, alors on se dissimule, on dissimule à sa mère ses aspirations, ses actes, son mal vivre. A force de tout dissimuler, on ne revendique pas ses actes, car on agit jamais de face, jamais à plein jour. C’est le cas de Pascal, homme à tout faire du maire d’un petit village, écrasé par sa mère, qui commet quelques tracts anonymes appelant les jeunes à se révolter contre l’ordre établi symbolisé par les anciens et leur culte quasi obsessionnel des morts. Des tracts il glisse à l’action armée (et toujours cachée). Mais voilà, il tombe amoureux de Bella, jeune veuve qui, enfin libérée des chaînes créées de par son statut de femme par un mari alcoolique, veut vivre en étant une femme. Une relation pour le moins tumultueuse va se tisser entre eux, chacun voulant prouver à l’autre qu’il peut aller encore plus loin. Un amour impossible, quelque peu pervers, mais surtout caché, violent qui n’est qu’une sorte de course mortifère vers le néant.

On peut rajouter à la description que [**Catherine Scapula*] fait de son île ce désespoir, cette impasse que ses habitants subissent : quoi qu’ils fassent, ils tombent toujours dans des excès, excès qui les poussent rapidement dans les bras de la mort. La Corse est belle, elle est si belle nous dit l’auteur, que seuls les morts peuvent goûter de sa douceur de sa sérénité. Mais ceux qui y vivent, qui l’aiment sont inéluctablement pris dans son tourbillon de violence, de folie, d’amours impossibles, et la Corse devient vite une vraie vallée de larmes.

Alors est-ce qu’Agnus Dei et comme Stabat Mater Dolorosa, un « livre sur le crépuscule de ce qui n’est plus  » ? Je ne le sais, mais ce qui est certain, c’est un livre sur un endroit nous offrant une image du paradis, mais qu’une image, car y vivre c’est connaître les tourments de l’enfer.

[** Émile Cougut*]


[**Agnus Dei
Catherine Scapula*]
éditions Écriture.17€

Lire un extrait


Cet article vous a intéressé, vous souhaitez le partager ou en discuter avec vos amis, utilisez les icônes Facebook (J’aime) ,Tweeter, + Partager positionnées en contrebas.


Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 16/09/2017

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Notre site utilise des 'cookies' pour améliorer votre expérience et son utilisation. Si vous le refusez vous pouvez les désactiver. Accepter En savoir plus