2017 Trends in Art Market


Comme chacun le sait, le marché de l’art actuel est très volatile et plutôt instable car les nombreuses tendances qui y cohabitent sont, pour le moins, contradictoires. 
Certes un chef d’œuvre reste une pièce d’exception, quelle que soit la catégorie à laquelle il appartient : peinture, sculpture, arts décoratifs, photographie, etc… Malheureusement, il est bien rare et immédiatement reconnaissable à l’œil exercé d’un bon connaisseur… Niveau atteint par une nuée de professionnels, voire d’amateurs éclairés. De plus, avec la vulgarisation mondialisée qui existe de nos jours, en cas de découverte, il est probable qu’il sera vendu en salle des ventes, soit à [**Drouot-Paris*], soit chez [**Sotheby’s*] ou [**Christie’s*] à [**Londres*] ou à [**NewYork*], suivant la classe de la découverte.

Bien entendu certains noms sont magiques, faisant parler l’inconscient, individuel comme collectif : [**Cézanne, Michel-Ange, Brancusi.*]…Pour ne citer que ceux-là mais bien d’autres sont répertoriés à l’applaudimètre de l’Histoire.

Un des tous derniers exemples est le dessin abîmé d’un martyr de Saint-Sébastien (19,3x13cm) de [**Léonard de Vinci,*] retrouvé par l’expert [**Patrick De Bayser*] dans la collection provinciale d’un médecin à la retraite venu consulter la maison de ventes [**Tajan*]. L’œuvre ayant obtenu l’agrément de [**Carmen Bambah*], sommité mondiale sur l’artiste, son autographie est maintenant universellement reconnue.

Classé « trésor national », et donc frappé d’interdiction de sortie du territoire, le dessin est estimé [**15 millions d’euros*]. L’état a trente mois pour faire une offre…
En toute honnêteté, la qualité de l’œuvre n’est pas fantastique pour un Léonard de Vinci, mais la présence, au verso, de deux schémas scientifiques et d’inscriptions spéculaires ( écrites à l’envers et nécessitant un miroir pour être lues), véritable signature de l’artiste, rajoutent beaucoup d’attraits et augmentent la valeur vénale du dessin. Naturellement, ce genre de trouvaille fait rêver tout-un-chacun…

Les domaines classiques sont, en ce moment, à la baisse pour tout ce qui n’est pas « extra-class ». Même le contemporain, lié au marché boursier car le premier domaine dans lequel les « golden-boys » de la[** City*] londonienne ou de [**Wall Street*] investissent en Art, est assez stagnant pour ce qui n’est pas extraordinaire. Comme toujours dans ces situations relativement troubles, de nouvelles voies sont explorées puis défrichées par quelques uns, avant d’être prises en mains par les investisseurs : la bande dessinée en est le parfait exemple. Que l’on en juge avec des planches d'[**Hergé*] dépassant le million d’euros l’unité, avec celles de [**Franquin*], comme celles d’Astérix par [**Albert Uderzo*], se situant entre [**100.000*] et[** 300.000 €*]… Et derrière bien d’autres créateurs apparaissent ( Corto Maltese d'[**Hugo Pratt*], [**Peyo*] et les Schtroumpfs, [**Giraud-Moebius, Mézières, Hermann, Boucq*]…). Le phénomène est identique à celui que connaît encore la photographie, démarré légèrement plus tôt. Une nostalgie de l’enfance, comme celle d’un « âge d’or disparu », étant à l’origine de cela.

La forme d’investissement la plus élaborée était celle concernant la peinture chinoise contemporaine ( [**Zao wou ki, Chu Teh-Chun*]…). Elle semble avoir des difficultés à trouver un souffle nouveau… L’avenir dira ce qu’il en sera.

Quant aux professionnels, ils souffrent aussi : les clients potentiels ne sont pas en nombre infini et répugnent, de plus en plus, à se déplacer vers des galeries ou des boutiques sises en ville. Grâce à Internet, certains galeristes parviennent à réaliser quelques ventes. Mais, généralement, ces dernières concernent des œuvres de prix inférieur à quinze mille euros.

Les acheteurs à forte capacité d’achat vont soit vers les grandes ventes internationales préparées à [**Hong-Kong*], à [**NewYork*] ou à [**Londres*] par [**Sotheby’s*] ou
[**Christie’s*] ; soit vers les grands salons artistiques : [**Foire de Maastrich, BRAFA de Bruxelles, Biennale des antiquaires de Paris, FIAC, Salon d’art contemporain de Bâle*], etc… Or les prix de location des stands sont exorbitants, voire carrément délirants avec le mètre carré pouvant dépasser, largement, [**dix mille €*]… Présenter un ensemble choisi devient alors un risque financier pour quiconque n’a pas de structure suffisamment solide, surtout si la création d’un décor de présentation s’avère indispensable. Ce genre de pari devient dangereux dans de telles circonstances… Ce qui n’empêche pas certains de connaître la réussite. Ceux-là sentent bien le vent et savent s’adapter à de nouvelles catégories d’Art mais ils sont une petite minorité.

Autre détail important : l’expression des prix en devises. Il est bien évident que la valeur du dollar va évoluer avec l’élection de [**Donald Trump*] et ses idées protectionnistes. La faiblesse relative de la monnaie US, depuis quelques années, n’a pas encouragé l’achat à l’étranger des investisseurs potentiels américains. En sera-t-il de même demain ? On peut en douter. Il semblerait que, au moins dans un premier temps, il faille s’attendre à une envolée du dollar US. Quelles conséquences cet effet, s’il persiste, aura-t-il ? Question sans réponse, pour l’instant.

La taxation ou non des œuvres d’art est une autre question, qui est régulièrement posée en[** France*] et pour laquelle la réponse a toujours été négative. Mais le simple fait de la poser paralyse de nombreux investisseurs potentiels ! Aux [**États-Unis,*] cette idée sacrilège n’a jamais effleuré le législateur ! D’ailleurs la fiscalité de ce pays permet de créer un musée et de défalquer les investissements à cet effet de ses impôts.
Imaginer une harmonisation des lois fiscales internationales en ce domaine est, malheureusement, une utopie extra-terrestre…

[**Jacques Tcharny*]


*Contact *] : [redaction@wukali.com
WUKALI 11/08/2017 ( Précédemment publié le 25/01/2017)
Illustration de l’entête: ©TEFA Maastricht

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