Among the Aymara people in a genuine society in the Bolivian Mountains so far away from our western civilization


Qui ne connaît pas [**Henri Gougaud*] ? Un écrivain soit, mais aussi un conteur et avant tout un passeur de savoirs, de ces savoirs qui font la richesse de l’humanité, de ces savoirs qui nous apprennent les différences et par voie de conséquence la tolérance. Henri Gougaud sait nous sortir de nos certitudes, de nos a-priori, il nous ouvre l’esprit, la pensée, la réflexion. Et il le fait avec ses moyens, ceux de l’écrivain. Il n’est pas ethnologue, loin de là : il expose, raconte, ce qui l’intéresse se sont les faits, à charge pour ses lecteurs d’aller au-delà d’eux pour mieux comprendre l’univers culturel qu’ils représentent. Henri Gougaud ne fait aucune théorie, aucune analyse. Les faits que les faits, rien que les faits.

Cette démarche il a continué à la faire avec [**Churla*], une kalawaya bolivienne, membre, dépositrice du savoir multi-centenaire du[** peuple Aymara*]. Pendant 3 ans il l’a rencontrée, écoutée et nous restitue leurs discussions, nous raconte sa vie : son enfance, sa chance d’avoir pu suivre des études dans une école que son statut social et la pauvreté de sa famille lui aurait interdit. Son engagement contre la dictature, son mariage, l’assassinat de son mari, son obligation de partir en exil en Suisse, ses combats pour la démocratie, pour la défense des droits des femmes, pour la dignité.

Mais Churla a été en quelque sorte « repérée » et très jeune elle commence son apprentissage pour devenir kalawaya auprès de [**Vilma*] accoucheuse, experte en plantes guérisseuses. Un apprentissage long, demandant beaucoup de patience et surtout sortir de la rationalité occidentale. Elle sait qu’elle n’aura la plénitude son savoir que quand elle récupérera son kissa, ce châle brodée avec son nom et sa date de naissance. Ce kissa tissé alors qu’elle était encore aux prémisses de l’apprentissage, ce kissa qui fut vendu à des inconnus, ce kissa qui reviendrait à elle. Et c’est ce qu’il fit. Alors qu’elle avait compris qu’il était vain de le chercher, un soir à Genève, son hôte iranienne lui fit cadeau d’un châle bolivien qui n’était que son kissa.


Churla est une kalawaya, pas une chamane (ce terme étant purement occidental), une kalawaya est une sorte de guérisseuse, avant tout des tourments de l’âme. C’est surtout et avant tout une personne qui sait entrer dans l’âme des êtres et des choses, qui sait en percevoir leur intelligence et leur sensibilité : les arbres et les herbes, l’eau et la pierre. La pierre a elle toute seule détient le savoir le plus important car c’est elle qui apparut la première sur terre.

Churla se sert de l’eau dans l’exercice de ses fonctions de kalawaya. Ce n’est pas loin de là un métier, un métier est fait pour gagner de quoi vire. Jamais une kalawaya se fera payer, même par un don en nature, car elle ne fait qu’accomplir ce pour quoi elle est là. Quand elle guéri, elle n’est qu’un instrument, un instrument qui sert à guérir le patient. Son « salaire, c’est le « savoir » qui et en chacun de ses patients qu’elle sait percevoir et dont elle apprend les leçons.

[**Henri Gougaud*] nous fait découvrir une vraie destinée humaine et nous ouvre sur un univers qui nous est inconnu.

Cartésiens s’abstenir ! Maintenant si vous voulez ouvrir votre esprit sur d’autres cultures, alors lisez vite [**Churla, Chamane Bolivienne*]

[** Pierre de Restigné*]


[**Churla, Chamane Bolivienne
Henri Gougaud*]
Éditions Le Relié. 16€


Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 01/07/2017

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