An anthropologist who lived within a tribe in Papua New Guinea, describes the pernicious influences of missionaries and business


En 1951 était découvert dans des vallées de ce qui va devenir la [**Papouasie Nouvelle Guinée*], une tribu, celle des [**Baruyas*] qui n’avait jamais eu encore de contact avec les blancs et la civilisation occidentale. [**Maurice Godelier*] est le premier anthropologue, au début des années soixante à venir vivre avec eux et à essayer de comprendre leurs relations sociales, leurs coutumes, leurs rites. Parfaitement intégré, il arrive à comprendre toute la complexité de leur culture, basée essentiellement sur la peur pourque ne soit trahit le « secret des hommes  ».

Dans une première partie il nous explique simplement, clairement, les fondements de cette société : société égalitaire entre les hommes (il n’y a pas de « chef » et celui qui voudrait mettre sa domination sur les autres est assez vite  éliminé), société en lutte avec des ennemis héréditaires, société de guerriers, société agraire avec des jardins dont la propriété passait de père en fils, société très inégalitaire où les femmes étaient dominées par les hommes, où elles étaient un enjeu important pour les mariages. Tout est fait pour que cette domination perdure car les grands initiés (ceux qui ont subit les 4 initiations depuis leur enfance) connaissent le « grand secret » : de fait se sont les femmes qui au début des temps dominaient le monde, les hommes n’étant à la base que des têtards, et c’est à partir d’un vol qu’ils ont pu se rendre maître du monde et les seuls à pouvoir faire la guerre.

Petit à petit, cette société complexe, a évolué et Maurice Godelier montre bien que le passage du néolithique à la modernité, s’est fait avant tout grâce à la christianisation des Baruya par le messianisme des églises et autres sectes protestantes. Certaines avaient des buts louables comme la construction d’écoles, d’autres avaient une philosophie raciste. Quoiqu’il en soit les Baruyas ne se servent plus de sel pour commercer mais de monnaie. Leur entrée dans la mondialisation s’est essentiellement faite par la culture du café, plante qu’il ne connaissaient pas il n’y a que 50 ans qui plus est, ils ne boivent pas de café !

Soit la modernisation a mis à mal bien des coutumes ancestrales comme le cannibalisme, l’homosexualité rituelle chez les hommes ou l’infanticide ; mais elle a eu aussi des effets positifs comme une progression démographique importante due à l’absence de guerre et à une baisse de la mortalité infantile, une alphabétisation importante qui a permis aux femmes de sortir de leur domination. Mais, comme dans beaucoup de sociétés, les plus jeunes reviennent vers la culture de leurs ancêtres et on assiste à de nouvelles initiations alors que les rituels furent longtemps peu appliqués.

A la fin de son livre Maurice Godelier présente un très intéressant tableau avec une colonne de ce qui n’existe plus ou résiduellement, les représentations continuant d’exister avec un podis et un rôle différent, et l’autre sur ce qui est nouveau. Il résume parfaitement son analyse sur l’occidentalisation forcée d’une société tribale et la formidable résistance de ses valeurs traditionnelles.

Un livre qui au-delà des Baruya montre les effets d’une mondialisation monétaire qui ne prend pas assez en compte les valeurs, la culture des différents groupes composant l’humanité. Bien des constats faits sur cette culture de Papouasie Nouvelle Guinée pourraient être faits dans nos sociétés occidentales en recherche de valeurs spirituelles.

[**Pierre de Restigné*]


[**Suivre Jésus et faire du business
Maurice Godelier*]
Éditions Thierry Marchaisse. 17€90


Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 18/04/2017

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