Griet Op de Beeck, her first novel, already a success


Voilà un roman, un premier roman de [**Griet Op de Beeck*], une histoire, un instant de vie écrit par ses cinq personnages : Jos, Elsie, Eva, Lou et Casper. Lou le père de famille, alcoolique, écrasé par sa femme Jeanne maniaco-dépressive. Elsie, la fille ainée, mariée à Walter, médecin toujours absent qui sacrifie sa famille à son travail. Elle est une « terrienne », réaliste, mais tombe amoureuse de Casper, un peintre de renommée internationale. La cadette Eva est une montagne d’empathie, travaillant dans un service de psychologie pour les détenus, à l’écoute des autres, toujours là, pour réconforter les autres, mais dépressive, mal dans sa peau, n’arrivant pas à trouver un conjoint. N’arrivant pas ou ne voulant pas… Lou la fille d’Elsie, 12 ans qui est tourmentée par les affres de l’adolescence. Heureusement que sa tante Eva est là !

Tous n’arrivent pas à vivre, à vivre avec eux-mêmes, avec les autres. Ils jouent la partition que les autres veulent qu’ils jouent, mais l’hypocrisie a ses limites. Si Jos se réfugie depuis toujours dans l’alcool, Elsie n’arrive pas à quitter Walter pour vivre son amour car elle craint de faire du mal à son mari et à ses conjoints, Eva est plongée dans un univers de solitude qu’elle s’est créée. Tous sont sincères mais enfermés dans leur routine, les apparences, les conventions, ils risquent le drame à tout moment.

Tout est résumé par Jos : « personne ne te dit quand tu es petit ce que te réserve la vie. Une vie silencieuse et triste, dont ne s’échappent que les âmes tourmentées. Pour la rendre encore plus silencieuse et triste, pour ceux qui restent ».

[**Bien des ciels au-dessus du septième*] n’est pas un roman d’un grand optimisme, mais sûrement d’un grand réalisme. Non, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, loin de là nous dit [**Griet Op de Beeck*], chacun réagit à sa solitude comme il peut, avec ses moyens, essaie de surmonter ses doutes, ses douleurs pour arriver à survivre, pour essayer d’atteindre une parcelle de bonheur.

Bien des ciels au-dessus du septième est un premier roman, alors nous nous devons d’être indulgents avec des lieux communs, certaines lourdeurs, voire des phrases tout juste compréhensibles (« c’est encore plus de ma faute que qui que ce soit ne peut s’en douter»). Mais est-ce de la faute de l’auteur ou du traducteur ? Le second roman de Griet Op de Beeck n’aura sûrement pas ces petites facilités.

[** Emile Cougut*]

[(Griet Op de Beeck

Née en 1973 à Turnhout, Belgique, Griet Op de Beck a donné pendant dix ans des cours de théâtre. Elle est aujourd’hui chroniqueuse pour De Morgen. Bien des ciels au dessus du septième, son premier roman – adapté au cinéma par Jan Matthys –, a reçu en 2013 le Prix Bronze Owl Audience. Son succès phénoménal a immédiatement propulsé Griet au premier rang des lettres néerlandaises.)]


Bien des ciels au-dessus du septième
Griet Op de Beeck

éditions Héloïse d’Ormesson.19€


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Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 13/04/2017

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