A zest of politic plus a tear of imagination, science-fiction and mystery


Actuellement les médias, dans le cadre de la campagne électorale, nous bassinent avec l’existence ou la non existence d’un cabinet noir auprès de la présidence de la République. De tout temps ce genre de rumeurs, parfois exactes, d’autre fois non, et je n’aurai pas la prétention d’apporter une vérité, voire même mon avis dans le débat actuel. Et de tout temps, existe une autre rumeur : l’emploi de « barbouzes » par les gouvernants pour faire « le sale boulot » que nos règles de droit empêchent de faire clairement. Ce ne sont que des variations autour d’un sujet bien plus grave qui est la raison d’État. Mais je ne vais pas traiter de ce très intéressant sujet pour beaucoup de raisons dont la première est que cette problématique n’est pas le sujet de ce roman policier. Mais, l’auteur invente un groupe de deux personnes dénommé Titan, directement relié et actionné par le président de la République chargé de régler discrètement et définitivement certains problèmes qui peuvent se révéler ennuyeux pour le pouvoir. Nous sommes donc dans la catégorie des barbouzes.

Un industriel d’un puissant groupe agroalimentaire est enlevé. On le retrouve enfermé dans une bétaillère pleine de génisses qui l’ont gravement blessé. Pourquoi ? Qui sont les commanditaires ? Que se cache-t-il derrière cette matière de procéder pour le moins très original ? Titan est chargé de répondre à ces questions et d’apporter une réponse qui se veut définitive. Titan, c’est Jacques Salomon, un policier neurasthénique, voire suicidaire et Justine Barcella, une jeune femme ancienne des commandos de la DGSE qui se voit confier sa première mission auprès de son nouveau mentor. Très vite se dessine la piste de trois femmes, piste qui les amène à Lagos au Nigeria, ville monstrueuse, tentaculaire ou la richesse la plus voyante côtoie la misère la plus profonde, ou règne la loi du plus fort ou la vie n’est rien, seul compte l’argent et peu importe les moyens pour en obtenir.

Leur enquête les amène à s’intéresser à la société Histal, groupe tentaculaire scientifique et industriel, leader mondial des nanotechnologies, créé par un ingénieur australien, secondé par une Américaine ancien cadre de l’aéronautique et surtout un indigène dont le frère est le chercheur principal du groupe. Nos deux enquêteurs vont aller de surprise en surprise, vont chuter, Justine va se révéler et défendre les valeurs démocratiques. Les morts s’entassent, l’horreur est caché par la beauté, le mensonge, la manipulation sont partout et il est difficile d’arriver à percevoir le vrai du faux. A cela se rajoute un journaliste qui enquête sur Titan et qui trouble quelque peu son enquête.

[**Naija*] aborde des sujets aussi importants que l’eugénisme, le trans-humanisme, une société robotisée, Le meilleurs des mondes de Huxley a du servir de livre de chevet à [**Thierry Berlanda*] ! Des sujets le moins que l’on puisse dire d’actualité. Maintenant, la façon doit l’auteur traite ces sujets peut prêter à critique. Ils sont abordés, mais sûrement pas analysés. Surtout, un certain sentiment de malaise parcours le lecteur à partir de la seconde partie du roman, quand les héros se trouvent au [**Nigeria*]. Se développent des idées conspirationnistes, les illuminatis ne sont pas loin. Je ne critique pas les romans qui abordent ce sujet, mais parfois, comme c’est le cas ici, on comprend, peut-être faussement, que l’auteur n’est pas loin de croire en ce qu’il écrit. Je me trompe sûrement, mais c’est l’impression que j’ai eue.

Sinon, je ne vais pas relever les invraisemblances, les caricatures car il y en a ni plus ni moins que dans ce genre littéraire. De fait, les sujets abordés sont intéressants, mais hélas, Thierry Berlanda, du moins à mon avis, ne va pas assez loin dans les conséquences de ce qu’il expose. Tout au plus, j’ai trouvé une phrase dite par Justine qui montre que l’humanité est loin d’être morte : « ce que vous appelez le danger, c’est la vie elle-même ? Vous voudriez que j’y renonce ?  »

[** Émile Cougut*]


[**Naija
Thierry Berlanda
*]
éditions du Rocher. 20€50


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WUKALI
13/04/2017

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