A fantastic Ulysses by Monteverdi directed by John Eliot Gardiner


[**Aix en Provence*] est sur le même modèle que [**Salzbourg*] où ont lieu le Festival de Pâques et le Festival d’été. Des moments de pur bonheur en perspective avec de grands talents réunis sur différents sites de la ville. Il est recommandé d’ouvrir grand ses yeux, ses oreilles et son cœur, du 10 au 23 avril 2017.

C’est parti ! [**Renaud Capuçon*], directeur artistique du Festival, [**Dominique Bluzet,*] Directeur du Grand Théâtre de Provence, et le CIC, partenaire fondateur et officiel du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence peuvent se réjouir, car ce grand moment de Pâques poursuit sa route joyeusement, devenant l’une des manifestations majeures de la musique classique.

Grande nouveauté pour cette 5ème édition, le festival a donné un superbe coup d’envoi le 10 avril à 20h30 au Grand Théâtre de Provence avec un opéra de [**Monteverdi*] dirigé par [**John Eliot Gardiner,*] Le retour d’Ulysse dans sa patrie – Il Ritorno d’Ulisse in patria– . Il s’agit de l’un des trois grands opéras de Claudio Monteverdi dont on fête le 450ème anniversaire. Composé au crépuscule de son existence et représenté pour la première fois à Venise en 1640, cet opéra remporte un succès immédiat. Il s’agit là l’un des tout premiers débuts de l’opéra créé par celui qui sera véritablement le fondateur du genre, l’incontournable Orféo étant le premier.

C’est impressionnant et très émouvant de découvrir cette œuvre, et le public venu nombreux a bien compris qu’il s’agissait d’un événement hors du commun. Déjà dans la durée : plus de trois heures de spectacle !Le public était visiblement heureux de retrouver le chef anglais aux cinquante ans de carrière. Il dirigeait le Monteverdi Choir et les English Baroque Soloists pour la première fois dans cette œuvre, signait lui-même une intelligente et subtile mise en espace, assisté d’[**Elsa Rooke*]. Des instruments de l’orchestre, narrateurs à part entière aux côtés des solistes, des chanteurs qui vont et viennent sur scène, montent ou descendent les escaliers d’une estrade en U. Jolis tableaux que cette galerie de portraits qui se présente à nous sous des jeux de lumières froides ou dorées, où le jour semble laisser place à la nuit. Des contrastes, il y en a déjà par cette incursion des dieux dans l’univers des mortels. Deux mondes qui s’opposent. Des moments poétiques, dramatiques, drôles, pathétiques, sont soutenus par une musique superbe qui accompagne les émotions des personnages. On peut difficilement citer tous ces chanteurs, interprètes, tous de très haut niveau. Ils interagissent de manière complice tout au long de l’œuvre. On découvre une pléiade de personnages sur scène, comme c’est souvent le cas dans les opéras de Monteverdi.

Une oeuvre d’une belle modernité, car le livret nous offre une infinité de thèmes intemporels, et poignants tout à la fois, déjà parce qu’ils sont profondément humains. Sir John Eliot Gardiner, ses musiciens et ses choristes ont su restituer toute la richesse dramatique et expressive de l’œuvre, réussissant à fusionner musique et théâtre avec maestria. Quelle belle connaissance de l’œuvre faut-il avoir pour lui apporter ce relief si particulier. Le chef fait preuve d’une expressivité, toute en finesse. Cette œuvre est également toujours sur le fil, à la limite entre théâtre parlé et théâtre chanté. Il y a encore un côté très psychologique très marqué, et ce sont les personnages qui veulent ça, ces personnages que nous connaissons bien. Ulysse, Pénélope… Ils souffrent, ils doutent, sur une musique très « charnelle »… [**Lucile Richardo*]t incarne une Pénélope investie de toutes les vertus, son timbre est envoûtant, déchirant, sa voix charnelle, notamment dans son « Reviens Ulysse ». [**Furio Zanasi*], Ulysse, ne pourra qu’entendre son appel ! Lui aussi est digne et convaincant, joyeux et lumineux dans ce rôle.
Belle palette de couleurs, de contrastes, d’effets, qui tour à tour sont audacieux, énergiques, généreux, dynamiques, raffinés.

Sir John Eliot Gardiner est venu il y a deux ans à Aix. Il avait proposé une Messe en si de [**Bach*] qui est restée dans toutes les mémoires. Il a eu cette nouvelle opportunité de nous toucher une fois de plus avec cet opéra si moderne et si bouleversant. Gageons que la tournée mondiale qui démarre déplacera les foules !

[**Pétra Wauters*]

Renseignements Festival de Pâques : 08 2013 2013


Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 13/04/2017

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