Fantastic and so beautiful an exhibition in Les Baux de Provence in the South of France


Les Carrières de Lumières présentent leur sixième exposition multimédia :
Produite par Culturespaces et réalisée par Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi avec la collaboration musicale de Luca Longobardi, cette nouvelle création [**Bosch, Brueghel, Arcimboldo, Fantastique et merveilleux*] aux Carrières des lumières, située aux [**Baux-de-Provence*], nous invite à explorer le monde foisonnant des trois artistes du XVIe siècle à l’imagination folle et débridée. Un sujet moins léger et poétique que [**Chagall*] présenté la saison précédente, mais beaucoup plus dense, au contenu riche et diversifié.

[**Une « scène » de 7000 m2*] : Les surfaces au sol, les plafonds, les murs géants des carrières, allant pour certains jusqu’à 14 m de haut, sont investis par des images étonnantes, plus incroyables encore dans ce lieu insolite d’exposition. Plus de 2000 images numériques ont été traitées, retravaillées, enrichies. Quelle belle capacité à créer des « tableaux » uniques et originaux ! Nous faisons référence à ces trois artistes du XVIè mais également à ce trio de réalisateurs italiens, habitués des lieux : Iannuzzi, Gatto, et Siccardi. « Ce qui nous intéresse particulièrement, c’est de raconter une histoire. » confie Renato Gatto. Tout tourne autour de la dramaturgie. Pour cela on travaille des mois sur les peintres, on étudie les peintures, on s’imprègne de leur histoire.

[**Bosch, Brueghel, Arcimboldo*]

Que l’on aime ou pas les peintres présentés, le spectacle multimédia est à couper le souffle.
Si par définition l’irréel est insaisissable, la visite permet pourtant de se plonger dedans et de l’appréhender. Parfois avec quelques défiances, car les artistes sont assurément inquiétants, voire intrigants. Certaines séquences sont parfois tellement étranges qu’un arrêt sur image s’impose. On se pose un instant pour mieux voir. Les yeux sont sollicités de toute part. On ne marche plus, pourtant tout bouge autour de nous. « C’est comme un kaléidoscope » dira Gianfranco Iannuzzi. L’image est comme « éclatée » dans ce Kaléidoscope, et nous sommes en immersion totale, on est dedans.

[**Spectateur au cœur de l’action.*] «  Le public construit une image éphémère, poursuit le réalisateur. Il passe devant les images, se déplace, il apparaît puis disparaît derrière un mur, ce qui fait qu’il est lui-même dans le kaléidoscope. Cela rend la projection encore plus vivante. C’est une expérience sociale aussi !  »

Les monumentales Carrières se peuplent de monstres. Dans cette époque-là, on a peur du mystère, on se questionne sur le purgatoire, l’enfer, les croyances, le bien, le mal, et [**Jérôme Bosch*] n’est pas loin. Le Jardin des Délices, La Tentation de Saint Antoine, ou encore Le Chariot de foin sont connus certes, mais ainsi présentés, les détails apparaissent, et nous les voyons d’un regard nouveau.

«Ce type de spectacle dans un tel lieu apporte plein de choses que l’on ne peut pas voir dans les musées», commente le réalisateur. «Ce sont deux choses complètement différentes et complémentaires. On me dit souvent qu’après avoir découvert les tableaux aux Carrières, on a envie d’aller voir les œuvres originales dans les musées et d’en savoir plus. C’est donc une ouverture intéressante, une invitation à aller au musée, à être davantage curieux.» Quand on demande au réalisateur si ce spectacle est tout public, il répond, amusé : » Ma petite fille de 9 ans a vu le spectacle hier. Elle m’a dit : « je n’ai pas trop aimé l’enfer, j’ai préféré la forêt enchantée, les papillons » (passage poétique et coloré dans le spectacle) ! voilà sa réaction. Je ne pense pas que les enfants soient choqués.  »

On se souvient de ses créatures fantastiques et figures allégoriques, les vanités, les plaisirs, la nature éphémère de la vie, les vices. C’est parfois drôle, cocasse et on dirait vraiment que ces personnages ont été saisis sur le vif. C’est aussi ce qui peut plaire aux plus jeunes.

Pas plus rassurant, mais tout aussi intéressant, [**Giuseppe Arcimboldo*] et ses fameuses têtes anthropomorphes, et l’on peut comprendre qu’elles aient inspiré les surréalistes. Dire qu’il signait L’homme Potager, le cuisinier réversible, ou les quatre saisons en une tête entre 1570 et 1790. On a du mal à le croire tant il fait figure pour beaucoup de précurseur de l’art Moderne. Voilà un art qui régale tout à la fois de ses fruits et de ses fleurs, mais ne nous mettent pas en appétit ! On fait la fête avec [**Bruegel*] et des gens du village, un peu stéréotypés, caricaturés. Sur les murs des carrières, on voit de près ces personnages si minuscules que l’on a croisés un jour au musée. On découvre leur attitude, leur démarche même et leur façon de danser.

On traverse avec eux les carrières comme on traverse les villages de Flandres où la noce bat son plein : danses, repas, jeux, fêtes populaires, et chacun y a un rôle à jouer. La musique nous accompagne plus que jamais et donne plus d’énergie encore à la scène. Les jambes bougent, les bras se lèvent, on se déhanche. C’est la magie des Carrières de prendre des personnages qui font entre 3 et 5 centimètres sur la toile et de les agrandir 100 fois jusqu’à faire 5 mètres de haut, commente [**Augustin de Cointet*] le directeur des Carrières et des Baux-de-Provence.

« [**Emporté par la foule, une folle farandole…*] pourrait chanter [**Piaf*] ». Mais pour accompagner les scènes villageoises, ce sont Les Quatre Saisons de [**Vivaldi,*] recomposées par [**Max Richter*], ou encore la symphonie de [**Moussorgsky*], orchestrée par [**Maurice Ravel qui*] ont été choisies. Cette année encore, les choix musicaux sont judicieux. Il y a quelques séquences contemporaines qui surprennent et séduisent comme Starway To Heaven de [**Led Zepppeling*], version 2012, avec orchestres et chœurs. Zeppeling pour accompagner le tableau de Bosch, « Jardin des délices « voilà qui place œuvres et musiques hors du temps et de l’espace avec cette quête universelle : la recherche du paradis et cette invitation à aller davantage vers la spiritualité.

«Au niveau technologique, il y a eu de nombreuses améliorations», commente Augustin de Cointet de Fillain. «Les carrières ont été équipées de vidéo-projecteurs à technologie laser. Ils apportent encore plus de luminosité, de puissance et de contrastes pour révéler les détails

La qualité de l’image est telle, explique encore Gianfranco Iannuzzi, que sous la fine couche de peinture, on peut observer tout le soin apporté au dessin préalable, à ce sens aigu du détail, on voit même les repentis des peintres.. Et il était important pour nous de ne pas rester sur une vision moyenâgeuse. Le spectacle s’ouvre aussi sur l’art baroque, on suit le parcours de l’art flamand. C’était une des difficultés de ce spectacle, mais c’est aussi ce qui nous paraissait intéressant.


Le spectacle court présenté après l’exposition rend hommage à Georges Méliès 1861 – 1938, le cinémagicien, comme il se surnommait lui-même. Réalisé par Cosmo AV, ce court-métrage est un petit bijou. Il nous présente le cinéaste et inventeur de génie du début du XXe siècle et là encore, il s’agit d’une invitation à voyager dans un monde fantastique. Moments d’émotions, on découvre des pellicules de vieux films connus, truffés de trouvailles, de truquages cinématographiques, de visions merveilleuses…Toute l’inventivité de ce maître de l’illusion est projetée sur les murs des Carrières, et on le voit en action, la mine réjouie. S’il devait revenir parmi nous, nul doute, il serait heureux et dans son élément aux Carrières de Lumières.

– [**Deux évènements :*]

Ne pas rater également, un nouveau court métrage de 16 minutes qui retrace la vie de [**Jean Cocteau*], très inspiré par les lieux. Ce film est réalisé par [**Nicolas Patrzynski*] et produit par [**Hugues Charbonneau*]. ( à voir salle Cocteau là où était présenté Le Testament d’Orphée ».

De mai à décembre, le Château des Baux-de-Provence accueillera 4 sculptures monumentales de l’artiste [**Philip Haas*] dans une exposition intitulée « Les quatre saisons » : Hommage à Arcimboldo. Un joli clin d’œil aux Carrières des Lumières.

« Les quatre saisons » sont des sculptures de plus de cinq mètres de haut, composées de végétaux, fruits et légumes de chaque saison, inspirées des tableaux de Giuseppe Arcimboldo.

[**Pétra Wauters*]

[(
[**Les Carrières de Lumières*] sont ouvertes tous les jours.
Janvier, mars, novembre et décembre : 10h-18h
Avril, mai, juin, septembre et octobre : 9h30-19h
Juillet et août : 9h30-19h30
Dernière entrée 1h avant la fermeture.
Carrières de Lumières Route de Maillane 13520 Les Baux-de-Provence Tél. : 04 90 54 47 37. Email : message@carrieres-lumieres.com
Attention ! Les carrières sont fraîches (14° à 16° dans la salle de spectacle). Bien se couvrir, même en été. )]


*Contact *] : [redaction@wukali.com
WUKALI 08/03/2017

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