A congenial editorial inauguration around Edward Hopper’s paintings

Les[** éditions Robert Laffont*] viennent de créer une collection appelée Les passe-Murailles. L’idée est simple : prendre un ou des tableaux, de préférence connus du monde entier et raconter l’histoire qu’ils représentent. Un tableau représente un moment figé à un moment précis, mais avant les personnages ont eu une histoire (qui perdurera après), le tableau n’est que le résultat, la conséquence de ce passé, et le futur ne peut commencer et être que parce qu’il y a eu ce moment, cet instant. Voilà une excellente idée, d’ailleurs qui, devant une œuvre, ne s’est pas compté une histoire dont le spectateur serait le centre.

Les Attentifs sont non un recueil mais une suite de 12 nouvelles (certains personnages se retrouvant dans plusieurs) autour de 12 tableaux d’[**Edward Hopper*]. Pas obligatoirement les plus connus, mais très représentatifs du style de ce grand peintre américain. Il suffit d’avoir vu, admiré une exposition de ses tableaux ou même d’avoir feuilleté un livre comportant des reproductions pour s’apercevoir qu’Hopper a su créer un univers qui lui est propre autour de la vie aux[** États Unis*] d’Amérique des années 1930-1960. Impossible de le confondre avec un autre artiste ! Devant un de ses tableaux ce n’est pas la peine de rechercher la signature, ce ne peut-être qu’un Hopper.


Maintenant, le moins que l’on puisse dire c’est que son œuvre, son univers sont loin de respirer le bonheur, la joie, mais plutôt l’idée de solitude voire d’abandon.

[**Marc Mauguin*] arrive parfaitement à recréer l’atmosphère de Hopper à travers ces 12 nouvelles. Un tableau, un personnage, une attitude et tout un monde est créé. Peu de mots, mais une vraie histoire humaine, une variation sur la solitude, composante essentiellement de la nature humaine. Chaque personnage est placé là où sa naissance a voulu qu’il soit à charge pour lui de bien jouer le rôle que les autres attendent de lui. Aucun ascenseur social, mais une société de classe très rigoureuse. Et quand on est une femme à cette époque, la pression sociale vous enferme dans une vraie prison, ne vous laisse aucune autonomie, aucune initiative!

Seule une peut, dans un certain sens, passer pour quelque peu plus optimiste :une nouvelle de premier plan inspirée de Second story Sunlight de 1960, seule nouvelle dans laquelle une femme ose sortir de son cadre social en manipulant son entourage.. Bien sûr, il y a une autre révolte féminine (Second plan à partir de Morning in a City de 1944) et même une masculine (ligne d’horizon inspirée par Hotel by a Railroad de 1952) mais se sont avant tout des fuites avant d’être des révoltes.

Ce premier opus de cette nouvelle collection est un coup de maître pour un coup d’essai. [**Marc Mauguin*] a su parfaitement créer avec des mots l’univers et sa philosophie désespérée qu’Hopper avait peint.

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[** Émile Cougut*]


[**Les attentifs
Marc Mauguin*]
éditions Robert Laffont. 18€


*Contact *] : [redaction@wukali.com
WUKALI 11/02/2017

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