Paris in Love !


Les habitués de Wukali connaissent **Nicolas Barreau*] dont ils ont lu les recensions-critiques de ses derniers romans [Le sourire des femmes ou Tu me trouveras au bout du monde et savent donc tout le bien que j’en pense. Contrairement à ce que son nom laisse préjugé, Nicolas Barreau est allemand, mais c’est un vrai amoureux de [**Paris*], ville qu’il décrit parfaitement, dont il sait restituer les odeurs, l’âme. Bien des auteurs franco-français parisiens n’arrivent pas au dixième du résultat de Nicolas Barreau qui fait de la capitale un vrai acteur, héros de chacun de ses romans. Peut-être même le personnage principal. Je ne crois pas qu’il est une autre ville au monde dans laquelle pourrait se dérouler l’histoire comptée dans ce roman. Paris est une fête écrivait [**Hemingway*], et il avait raison, Paris est bienveillante pourrait écrire Nicolas Barreau.

Donc, comme dans ses romans précédents, l’auteur place Paris en toile de fond d’une belle histoire d’amour, avec toujours ce moteur qui s’appelle le hasard, mais est-ce vraiment du hasard n’est-ce pas plutôt des destins qui se croisent qui doivent se réunir ? De fait ses personnages se connaissaient déjà mais ne le savaient pas, se fréquentaient, parfois dans le passé et avec le temps chacun a suivi sa voie et des liens se sont distendus. Mais parfois, on se trouve côte à côte sans le savoir et il faut soit un certain courage pour aller vers l’autre, soit un événement imprévisible pour se rapprocher. On est pas loin, pour ne pas dire que l’on a toute la philosophie de [**Simenon*] dans cette vision de la vie, oh combien conforme à la réalité du vécu de tout un chacun.

Alain Bonnard a une situation professionnelle plus que confortable dans le négoce de robinetterie de luxe quand au décès de son oncle il hérite du «Paradis», un petit cinéma d’art et d’essai à Paris. Petit cinéma par la taille, par le nombre de spectateurs, essentiellement des habitués amateurs du septième art et pas des grosses productions insipides voire interchangeables. Au Paradis aucune chance de voir le dernier [**Besson*], mais quand on apprécie Le dernier métro, Les Enfants du paradis ou Le rayon vert, on va dans cette salle. Pour essayer de « fidéliser » les amateurs, Alain fait un cycle « Les grands films d’amour  » tous les mercredi.

A la dernière séance, tous les mercredis, au rang 17 s’installe une jeune femme avec un manteau rouge. Vainquant sa timidité, il l’invite à l’issue de la séance. Il découvre alors Mélanie, une femme drôle, sensible, fragile, mystérieuse. C’est le vrai coup de foudre réciproque. Rendez-vous est pris la semaine suivante car elle doit partir chez sa tante en Bretagne. Une belle histoire d ‘amour est en train de se construire. Mais deux jours après cette rencontre magique, le grand réalisateur américain Allan Wood (aucune difficulté pour reconnaître derrière lui [**Woody Allen*]) accompagné de la grande star Solène Avril lui annonce qu’il veut tourner son prochain film au Paradis. Solène est française et dans son enfance elle venait régulièrement dans ce cinéma plein de souvenirs.

Pour Alain, l’avenir est plus que radieux. Mais Mélanie ne vient pas au rendez-vous. S’ensuit une longue quête dans Paris, Alain ne comprend pas, Alain souffre, il doit surmonter des malentendus, payer au prix fort la visibilité médiatique qui s’abat sur lui et son cinéma. Et puis il y a des coups de théâtre, enfin plutôt, la résolution des blessures, des incompréhensions du passé, des haines qu’il faut surmonter pour se retrouver, pour retrouver l’absent que l’on ne veut plus voir mais dont l’absence nous détruit intérieurement. Tous les personnages ont des blessures, des plaies ouvertes dues à leur passé, à leurs choix dans le passé, qu’il faut surmonter, guérir pour pouvoir repartir sereinement dans la vie, pour qu’Alain et Mélanie puissent se réunir.

Ce livre est une ode à Paris et aussi une longue déclaration d’amour au cinéma. Bien sûr, sans mal on perçoit l’hommage de Nicolas Barreau à Midnight in Paris de [**Woody Allen*], mais aussi à des dizaine d’autres films que les cinéphiles se feront un plaisir de découvrir. Nicolas Barreau aurait pu prendre comme titre pour ce roman Les amants du pont Alexandre III, en hommage à ceux du Pont-Neuf. Et puis dans une chronique sur un livre de Nicolas Barreau je faisais allusion à [**Amélie Poulain*] et quand je lis Un soir à Paris, je ne puis m’empêcher d’y penser.

Nicolas Barreau signe ici sûrement son meilleur roman, ses variations sur Paris, sur l’humanité, sur le destin continuent sans jamais lasser. L’œuvre qu’il est en train de créer est une véritable « Comédie humaine parisienne » !

[**Émile Cougut*]


[**Un soir à Paris
Nicolas Barreau*]
éditions Héloïse d’Ormesson. 19€

[(Un soir à Paris de Nicolas Barreau a été placé dans la Sélection Livre du Mois de Wukali)]


*Contact *] : [redaction@wukali.com
WUKALI 11/03/2017

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