A delicious Russian short movie with great lyrics : « Grey Wolf and Little Red Riding Hood  » by Garri Bardin


Après «Le Chat botté» du réalisateur russe Garri Bardine, nous poursuivons notre
série de films d’animation du même auteur avec «Le Petit Chaperon rouge et le loup gris».

Du pur bonheur et on ne sait trop quoi préférer de la technique de modelage et des personnages en pâte à modeler ou des choix musicaux qui structurent la bande sonore et l’humour. Tout y est parfait et joyeux, une mécanique qui fonctionne à merveille, une esthétique des figurines en pâte à modeler époustouflantes et tout particulièrement la figure du loup, personnage improbable et fantasque, aux antipodes d’un formalisme zoomorphe, une caricature de loup, quant à la la mère du petit chaperon rouge elle a des formes rubenniennes particulièrement accueillantes. Ce film est une parodie, celle d’abord du conte, ce qui en soit est plutôt courant, mais le plus drôle et qui confère à ce film cette vis comica, ce sont toutes ces compositions musicales et ces adaptations, ces juxtapositions, ces mises en opposition bon enfant.


On reconnait au passage l’air de Maki tiré de l’Opéra de quat’sous de Kurt Weil, des airs fameux tirés tout particulièrement d’un Américain à Paris de Gershwin et où le personnage du loup donne une interprétation gouailleuse et très drôle. On pourrait continuer cet énoncé en signalant une chanson russe célèbre ( Podmoskovnyie vetchera, Le temps du muguet) ou un tango argentin qui se développe joué à la balalaïka, et ce clin d’oeil aux films de Walt Disney avec des airs tirés des films Blanche Neige et les sept nains ou des Trois petits cochons. On notera tout autant ces références aux airs d’opéras célèbres( l’air des brigands). Dans tous ces arrangements l’orchestre symphonique de Russie pour le cinéma est remarquable. Ce film est tout de tendresse notamment à travers l’image donnée par la France,«La Vie en rose». Sujet du film, il s’agit au demeurant d’un voyage qui conduit le Petit chaperon rouge de Moscou à Paris, et l’énonciation de chanteurs français sur France 3 est tout à fait savoureuse. L’on pourrait continuer avec ce Yodl autrichien, ou «o sole moi». Les clins d’oeil sont nombreux. On est dans l’air du temps, dans cette période de la Perestroïka qui a précédé la fin de l’URSS, un vent de liberté souffle sur la Russie. L’on note en passant la dénonciation, l’air de ne pas y toucher, des douaniers corrompus, mais le loup lui même ne serait-il point aussi la métaphore du régime russe soviétique, le film a été réalisé en 1990 soit un an après la chute du mur de Berlin ! Observons que si ce grand méchant loup gris dévore les 3 petits cochons américains de Walt Disney ou les 7 nains, ceux ci avec tous leurs compagnons russes d’infortune et ils sont nombreux, ressuscitent et célèbrent la paix et la fraternité.


Le Loup gris et le Petit chaperon rouge
de Garri Bardine a au demeurant obtenu le Premier prix du Jury du Festival International du Film de Los Angeles 1991 et le Grand Prix et Prix du public au Festival international du film d’animation d’Annecy en 1991

Pierre-Alain Lévy


WUKALI 04/02/2017
( Première mise en ligne 04/06/2016)
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