A congenial place where to breathe and vibrate in harmony


La Mareschale, source d’inspiration pour l’art et la culture

Cette bastide du XVIIIe située dans les quartiers populaires à ouest de la ville d’[**Aix en Provence*] est un superbe lieu de création et de vie.

C’est d’une belle évidence dès que l’on franchit le portail de l’entrée de l’unique Maison de quartier d’Aix. En 1973 La famille [**de Mareschale*], cédait ce bâtiment à la ville à condition qu’y soient développées des activités socioculturelles. Mission accomplie, et bien plus encore, puisque l’association « La Mareschale » participe autant au développement du quartier qu’au rayonnement de la ville en général. Il faut dire que l’on est à Aix, tout de même, une « ville d’art, ville d’eau » qui a toujours affiché un joli dynamisme, « sous le soleil, exactement » !

On passe la cour et le parc, on pousse la porte, ou les portes du rez-de-jardin. On est d’emblée séduit par cette enfilade de pièces au charme désuet. Certaines ont bien souffert des affres du temps. Quelques beaux ensembles de toiles peintes, des décors et des objets d’époque, une belle cheminée, on pourrait imaginer les anciens maîtres des lieux en costumes brodés, et robes en crinoline faire soudain leurs entrées pour nous accueillir.
Pour l’heure, c’est le directeur de la Mareschale, [**Jean Markidès*] qui nous reçoit, en toute simplicité.

Rencontre.

Monsieur Jean Markidès, directeur de la Mareschale Copyright ©Petra Wauters

– [**Jean Markidès, vous êtes le directeur de la Maison de quartier La Mareschale à Aix-en-Provence. C’est bien plus qu’une simple maison de quartier.*]

Oui tout à fait. En tout cas, c’est ce que nous essayons de développer et de promouvoir. Faire en sorte que ce soit un lieu de rencontres, d’épanouissement, d’échanges et de partages de toutes les personnes qui fréquentent maison, que ce soit en terme d’activités, de spectacles ou encore de visites d’expositions. Tout cela est porté par le fait que cette bastide a une histoire. On est inquiet quand même parce que, qui dit histoire, dit temps passé, et justement, les marques du temps se voient un peu partout dans la maison ! Mais d’un autre côté, c’est très porteur pour nous de faire vivre un lieu qui ait cet ancrage historique et patrimonial.

– [**On peut visiter la Mareschale aux Journées du patrimoine? *]

Ce n’est pas un lieu répertorié aux Journées du patrimoine pour une question de normes très spécifiques. Mais une année, nous avons organisé, avec une association aixoise, un spectacle vivant qui a eu beaucoup de succès. Des saynètes, en costumes d’époque XVIIIe étaient présentées au public qui découvrait ainsi l’histoire de la Mareschale, une histoire très documentée, à partir d’archives. Par petits groupes, le public suivait les comédiens à travers les salles et pièces de la bastide. Ce qui est amusant, c’est que l’on peut faire le tour de la maison, toutes les pièces communiquent entre elles.

Il y a donc bien quelque chose de patrimonial que nous aurions envie d’exploiter mais c’est un peu compliqué, car nous sommes aussi dans une maison où il y a en permanence des activités.

La Mareschale, somme toute, ce n’est pas un musée, même s’il n’existe pas vraiment de musée figé de nos jours, puisque c’est un lieu qui bouge. Dans l’historique, ce qu’il faut aussi retenir, c’est que les descendants de la famille de Mareschale ont fait don de la bastide à la ville d’Aix-en-Provence il y a une quarantaine d’années en 1973, pour en faire un lieu d’activités culturelles, socioculturelles et artistiques. C’est une « maison de quartier », la seule d’Aix du reste, et on s’aperçoit vite que l’on se trouve devant un bâtiment, un parc, qui imposent tout autre chose. Je pense que c’était important pour les personnes qui ont fait cette donation que leurs souhaits soient respectés. Cette mission a été confiée à l’Association « la Mareschale, Maison de quartier d’Encagnane. »
D’autres lieux culturels ont une architecture qui se prêtent davantage à la polyvalence de salles, qui peuvent être plus modernes ou encore plus fonctionnelles, mais ils n’ont pas forcément l’aspect patrimonial et l’ancrage historique que nous avons.

– [**Est-il question de rénover les lieux ? *]

Nous avons effectué des démarches. Nous avons vu l’année dernière l’adjointe au patrimoine de la ville d’Aix-en-Provence qui a commandé un diagnostic, notamment sur des toiles peintes et tapisseries qui se trouvent sur les murs. Il y a un gros travail de restauration à faire. Au mois de juin et juillet derniers, nous avons reçu à plusieurs reprises la visite d’un cabinet d’expertise qui a examiné de façon précise l’ensemble. Il y a quelque chose d’enclenché mais notre souci c’est qu’il y a toujours des activités dans notre maison. Il faut donc étudier comment organiser les travaux. Il y aurait peut-être des possibilités pendant les vacances mais par rapport à l’ensemble des travaux de structure du bâtiment cela demanderait un peu plus de temps… on peut envisager des préfabriqués dans le parc mais cela est à étudier.

Nous sommes quand même à Aix-en-Provence, une ville au patrimoine conséquent, il faut qu’à un moment donné les priorités s’orientent vers nous. Certes il y a une bienveillance de la part de la ville d’Aix vis-à-vis de la maison de quartier, parce qu’il s’agit quand même une maison assez atypique. Il y a des centres sociaux culturels à Aix, mais qu’une seule maison de quartier.

– [**Existe t-il un livre, ou un livret qui parle de la Mareschale ? *]

Non, il existe pas de livre retraçant l’histoire de la Mareschale. Nous disposons de nombreux documents historiques, également des photos, et c’est vrai que ce serait effectivement intéressant de les réunir.

– [**Comment êtes-vous venu à la Mareschale ?*]

Je suis Directeur depuis mai 2013 mais je connaissais la maison depuis plus longtemps car j’y avais travaillé en tant que formateur du Greta. Je suis venu dispenser quelques formations d’insertion professionnelle sous forme d’ateliers d’écriture, de projets professionnels, de relaxation pour un public de femmes isolées. Le but était de proposer tout un ensemble d’ateliers qui offre la possibilité de retrouver du travail ou entrer dans la vie professionnelle.

J’ai également fait partie de l’équipe d’encadrement du conseil municipal des adolescents de la ville d’Aix-en-Provence. Un certain réseau s’est mis en place et cela m’a appris pas mal de choses sur le fonctionnement de la municipalité. J’ai également une expérience professionnelle assez diversifiée sur la formation et l’animation culturelle, sur l’éducation populaire, et cela m’a amené, un moment donné, à présenter ma candidature au poste de directeur.

– [**Que proposez-vous à la Mareschale ?*]

L’activité danse est très diversifiée – danse indienne, danse orientale, danse contemporaine, danse tahitienne, Zumba, hip-hop, éveil à la danse pour les tout-petits, danse tribal fusion, qui est une danse orientale un peu particulière. Nous avons également des activités de bien-être, tai-chi, yoga, qi gong, une activité d’arts plastiques qui fonctionne bien aussi, un atelier d’écriture, deux ateliers de cours de langues, espagnole et tchèque.

– [**Un atelier de langue tchèque, ce n’est pas courant ?*]

Oui, mais cela s’est fait. Nous n’allons pas spécialement vers les associations, ce sont plutôt les associations qui viennent à nous et qui nous sollicitent. Nous passons ensuite une convention avec elles et nous collaborons à partir de cette mise à disposition de salle. Par exemple, l’an dernier, notre manifestation « la nuit danses » qui s’est déroulée dans le parc de la Mareschale a été organisée avec le concours de l’ensemble des compagnies et associations de danses qui travaillent dans nos locaux tout au long de l’année.

– [**Vous organisez aussi de nombreux stages.*]

La formule des mini-stages ou encore des stages de week-end se développe bien, surtout depuis ces deux dernières années, C’est très bien pour des gens qui ont des difficultés à suivre une activité sur l’année à cause de leur métier, de leurs obligations familiales.

– [**Le fait qu’Aix-en-Provence soit une ville culturelle, c’est un bon terreau pour vous ?*]

Oui, si on a la possibilité de faire des partenariats. Je pense notamment au Partenariat « C’est Sud » , manifestation organisée par la Direction de la Culture d’Aix-en-Provence qui se déroule tous les ans durant le week-end de la Pentecôte. Il y a également un dispositif très suivi, le « Mômaix » qui a démarré le 22 octobre et se termine en décembre. Il s’agit d’un festival ouvert essentiellement sur le théâtre, la danse et les spectacles jeune public. On y retrouve de nombreux programmateurs tel que le GTP, le Pavillon noir, des « grands » donc, et des plus « petits » comme nous! La journée de lancement du 22 octobre a réuni de nombreuses compagnies de théâtre et de danse. Nous avons eu, dans notre salle de danse et notre petit théâtre, des ateliers réalisés par des compagnies que nous avions sollicitées et encouragées cette année.

C’est le cas de la Compagnie « La variante » qui a présenté le mercredi 16 novembre un spectacle jeune public, le septième continent qui parle de la pollution des mers et des océans, et des défis que nous tous devons relever pour informer et éduquer, un beau parcours initiatique à l’issue duquel les enfants étaient invités à débattre.

Toujours dans le cadre de Mômaix, nous proposons des ateliers de danse contemporaine animés par la Compagnie « Virgule et Pointillés » créé par Marie-Hélène Desmaris qui présentera ainsi son dernier spectacle Pour 3 secondes d’apesanteur. L’objectif est de faire découvrir la danse contemporaine à un très large public non initié. Ces ateliers participent aussi à l’éducation du regard artistique.

Dans le cadre de ce festival, nous présentons ces deux spectacles, et nous sommes heureux que les compagnies aient accepté de doubler leur représentation pour une somme très modique. La Mareschale est entourée de pas moins de 6 écoles. Nous aurons donc la visite des scolaires le matin et une représentation tout public l’après midi. Notre salle est modeste, l’équivalent d’un petit cabaret et nous n’avons pas de mal à afficher complet.

– [**Il y a aussi un vrai lien social à créer quand on est au cœur de la cité.*]

Oui, d’autant plus que nous nous trouvons dans un quartier dit difficile et les gens n’ont pas forcément la démarche d’aller voir des spectacles. S’ils connaissent la Mareschale par l’intermédiaire de leurs enfants, s’ils découvrent les activités de la Maison, c’est déjà important, et c’est une belle façon de garder le contact avec nous, par la sensibilisation à l’art et à la culture. On peut dès lors tisser un vrai lien social.

Spectacle sous les arbres centenaires

[**La musique est très présente à la Mareschale*]
Justement, j’y viens, car c’est un des pans les plus importants de l’activité de la maison. A côté des cours de piano, violon, guitare, nous avons deux chorales, « Les quatre saisons » et aussi « La ruche des voix » avec [**Mickaël Le Strat*]. « La ruche des voix » est un nouveau pôle d’enseignement vocal et musical qui favorise le développement de la pratique du chant amateur sur Aix et sa région.

Nous avons « La Nuit Danses« , et aussi « Au chœur des Chorales » qui se déroule au mois de juin dans le parc. Autre manifestation importante, la « Nuit du jazz » au mois de septembre.

– [**« C’est Sud », c’est un autre temps fort.*]

« C’est Sud », effectivement c’est très sympathique. Cette année, nous avons eu des graphes toute une après-midi le jeudi de Pentecôte dans le parc de La Mareschale. L’association [**Ka Divers*] a encadré des ateliers graffitis et ateliers peinture à l’eau en fonction de l’âge. Les Street Artistes [**Dire*] et[** Deuz*] ont initié le jeune public au graffiti, à la création graff sur cellophane tendu entre les arbres pour réaliser des œuvres éphémères et collectives de grande dimension. Quant aux plus petits, ils étaient invités à peindre au sol en toute liberté.

« C’est Sud », c’est encore l’intervention du groupe urbain du[** ballet Preljocaj*] qui est déjà venu deux fois à « la Nuits danses » cette année. Notre préoccupation, c’est de faire vivre la Maison, avec le souci de sensibiliser les élus sur nos objectifs, pour pérenniser et promouvoir les activités. Tout cela demande de l’énergie et quelques moyens.

[**Pétra Wauters*]

Maison de quartier La Mareschale
informations et inscriptions : 04 42 59 19 71


*Contact *] : [redaction@wukali.com
WUKALI 22/12/2016

Photos de l’article : Copyright © 2016 La Mareschale

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