About music, Freemasonry, composers and musicians


« Cave musicam ! », [**Friedrich Nietzsche*]

Mettons d’emblée les choses au clair : il n’est pas de musique maçonnique, il n’y a que des musiciens francs-maçons.

Singularité tenant à la nature d’un art foncièrement abstrait – signifiant dépourvu de signifié… Sauf à y introduire des éléments « impurs », tels que bruits empruntés à la vie quotidienne ou textes littéraires. La musique n’est pas, en effet, image du réel, mais réel lui-même.

Citons ici [**Schopenhauer*]

• « Allant au-delà des idées, la musique est complétement indépendante du monde phénoménal ; elle l’ignore absolument, et pourrait en quelque sorte continuer à exister, alors même que l’univers n’existerait pas : on ne peut en dire autant des autres arts. (…) C’est pourquoi l’influence de la musique est plus puissante et plus pénétrante que celle des autres arts : ceux-ci n’expriment que l’ombre, tandis qu’elle parle de l’être. »

…ou, à sa manière exquise, un [**Salvador Dali*]

• « Je hais la musique, car elle est incapable de décrire un œuf posé sur une chaise. »

Déplorons toutefois que nombre de musiciens de l’Ordre reprennent d’archaïques formules dont l’unique avantage est de se prêter à savantes exégèses entre tortionnaires de mouches. Aussi ferai-je ici dans «l’apophatisme» – délicieux terme de théologie désignant (comme nul n’en ignore) la théorie selon laquelle « puisqu’on ne peut dire qui est Dieu, on dira ce qu’il n’est pas ». Mais nous y reviendrons…

***

Dès ses origines, la franc-maçonnerie spéculative accorda une place privilégiée à la musique – davantage toutefois comme contribution à la solennité de ses tenues, autrement dit comme « musique d’ameublement » (selon l’expression [**d’Erik Satie)*], que comme élément constitutif du rituel. À la différence de l’Église apostolique et romaine où le maître de chapelle cumule, outre les fonctions de maître de musique, celles de maître des cérémonies et de grand expert…

L’importance de la partie « concert », au cours des cérémonies maçonniques d’antan, s’explique par la sociologie. Sous l’Ancien Régime, en effet, l’aristocratie considérait la musique comme sa « chose », son domaine réservé – ne souhaitant pas « que la canaille accédât à cet art ». Les privilégiés d’aujourd’hui ne le souhaitent, hélas ! guère davantage : il n’est que de voir la morgue de certains habitués du [**Théâtre des Champs-Élysées*] ou abonnés de l'[**Opéra*]… Mais baste !

Ainsi donc les premiers francs-maçons – pour la plupart aristocrates, et souvent eux-mêmes instrumentistes ou chanteurs – aimaient-ils rehausser leurs réunions de fastueux concerts. D’où le nombre extravagant de musiciens présents dans les loges au XVIIIe siècle. Et la chose prit, en [**France*], de telles proportions que l’on a pu dire – et ce n’est pas une boutade ! – qu’il serait plus facile d’établir la liste des musiciens qui n’étaient pas francs-maçons que celle des « Frères à talent », comme on disait alors. En témoignent divers tableaux de loge :
– « Les Neuf Sœurs » : 36 musiciens
– « La Société Olympique » : 66 musiciens
– « La Saint-Jean d’Écosse du Contrat Social » : 97 musiciens
[…]

Parmi les seuls compositeurs, on comptait, en effet, plusieurs centaines d’adeptes de l’Art Royal. Ainsi de…

• [**Louis-Nicolas Clérambault*] (1676-1749) : cantate Les Francs-Maçons
• [**Jacques-Christophe Naudot*] (?-1762) : Marches maçonniques / Chansons notées de la très vénérable confrérie des francs-maçons
• [**Jean-Philippe Rameau*] (1683-1764) qui, sur un livret du franc-maçon [**Louis de Cahuzac*], écrivit Zoroastre (1749), opéra dont les aspects révolutionnaires choquèrent un public conservateur. Mais une fois « édulcoré », l’ouvrage fut triomphalement accueilli…
• [**François-André Danican-Philidor*] (1726-1795), célèbre joueur d’échecs et musicien, auteur de l’oratorio maçonnique Carmen Saeculare (sur une hymne du poète latin [**Horace)*]
• [**François Giroust*] (1738-1799), auteur du Rituel funèbre maçonnique Le Déluge
• [**Luigi Cherubini*] (1760-1842) : auteur de L’Alliance de la Musique et de la Maçonnerie, cantate nommée aussi Amphion.

• …mais également [**Niccolò Piccinni*] (1728-1800), [**François-Joseph Gossec*] (1734-1829), [**Nicolas-Marie d’Alayrac*] (1753-1809), [**Gaspare Spontini*] (1774-1851), [**François-Adrien Boieldieu*] (1775-1834), [**Giacomo Meyerbeer*] (1791-1864)


Boieldieu, concerto pour harpe, Julia Rovinsky, Zubin Mehta, Israel Philharmonic Orchestra, mvts 2 & 3.
..…

…et Joseph de Bologne, dit « [**le Chevalier de Saint -George*] » (1745-1799) – sang mêlé, bretteur émérite, compositeur et chef d’orchestre, fondateur de La Loge Olympique, société de concerts composée de seuls Francs-maçons (à laquelle [**Joseph Haydn*] dédia ses « Symphonies parisiennes »).

Dans un domaine plus « héroïque », on peut citer…

• [**Étienne Nicolas Méhul*] (1763-1817) : Le Chant du départ – dont le compositeur écrivit une version maçonnique, L’Hymne à la nature : « Soutiens dans leur noble entreprise / Bienfaisante divinité / Ceux qui prennent pour devise / Vertu, Justice, Humanité. »
• [**Claude Joseph Rouget de L’Isle*] (1760-1836) : La Marseillaise
• [**Eugène Pottier*] (1816-1887) : L’Internationale (texte seul)

…et hors nos frontières :
• [**Frédéric II*], roi de Prusse (1712-1786) : Pièces pour flûte traversière
• [**Johann Christian Bach*] (1735-1782) : Musique de chambre
• [**Rodolphe Kreutzer*] (1766-1831) : Pièces pour violon
• [**Johann Nepomuk Hummel*] (1778-1837) : Chœurs sur des textes de Goethe
• [**Joseph Haydn*] (1732-1809) : La Création, oratorio d’esprit maçonnique, sur un livret du baron [**Gottfried van Swieten*], ami de [**Mozart*]
• [**Louis Spohr *] (1784-1859) : Der Compas. Chansons pour Loges de table
• [**Ferénc Liszt*] (1811-1886) : Chœur d’homme, avec basse solo, composé pour l’initiation – et sur un texte – de son ami le poète [**Philip Kaufmann*] : « Nous devons tous être des frères »
***

[**Mozart*] oblige, les Francs-Maçons se piquent volontiers de mélomanie – même si, pour nombre d’entre eux, la musique n’a pour fonction – sinon digestive – que d’agréablement sertir d’autres activités (ainsi qu’il en va dans les parkings, supermarchés, ascenseurs ou toilettes d’aéroports)…

[**Wolfgang Amadeus Mozart*] (1756-1791) est certes le plus illustre des musiciens maçons, l’un des plus grands génies qui fut jamais – de par, notamment, la prodigieuse organisation de son cerveau. Il n’est, pour s’en convaincre, que de consulter, à la[** BnF*], le manuscrit – quasiment sans rature – du Don Giovanni l’Opéra des opéras », disait [**Richard Wagner*]). Alors que l’on sait l’infinité de paramètres que suppose la conception d’un tel ouvrage…

Évidente était la sympathie du compositeur pour son héros. Lui-même fort inconstant en amour, Wolfgang avait épousé, en 1782, la volage [**Constanze*] – mœurs du temps qui lui inspirèrent Così fan tutte

Notons qu’au XIXe siècle, les Romantiques supprimèrent le lumineux final maçonnique de Don Giovanni – préférant, sans doute, que l’ouvrage se terminât sur une vision d’épouvante…

Initié en 1784 (il a 28 ans), Mozart composa onze œuvres pour les cérémonies de l’Ordre – dont deux uniquement instrumentales : la Maurerische Trauermusik (« Ode funèbre maçonnique », en do mineur), K.477, composée pour une élévation à la maîtrise, et l’Adagio pour deux clarinettes et trois cors de basset, K.411.
• [Sorte de clarinette alto, le cor de basset (instrument typique des Loges viennoises) joue une quarte plus bas que l’ordinaire clarinette en sib]


Mozart. La Flûte enchantée. Franz Welser-Möst, orchestre de l’opéra de Zürich


Outre ces chefs-d’œuvre instrumentaux, Mozart composa neuf pièces vocales dites « de circonstance » – que déchiffraient et chantaient alors tous les membres de l’Atelier.

Ce sont, dans l’ordre chronologique
O heiliges Band der Freundshaft (Ô sainte union d’amitié de Frères fidèles), K. 148. Mélodie pour ténor, commande en 1772 pour une chaîne d’union (Mozart ne sera initié que douze ans plus tard).
• Cantate : Dir seele des Weltalls, O Sonne (Ô toi, âme de l’univers, ô Soleil), K. 429, composé pour une fête de la Saint-Jean d’été
Gesellenreise (Voyage du Compagnon), K. 468, composé pour l’élévation à ce grade de son propre père Leopold.
Die Maurerfreunde (La joie du maçon), K. 471, dédiée à [**Ignaz von Born,*] Vénérable Maître de L’espérance couronnée
Zerflieszet heut, geliebte Brüder (Épanchez-vous, bien-aimés Frères), K. 483, cantate pour l’ouverture des travaux
Cantate : Ihr unsere neuen Leiter (Vous qui désormais nous dirigez), K. 484
Die ihr des Unermesslichen Weltalls Schöpfer ehrt (Vous qui, de l’incommensurable Univers, honorez le créateur, que vous le nommiez Jéhovah, Dieu, Fu ou Brahma), K. 619, cantate pour ténor
• Cantate : Laut verkünde unsere Freunde (Clamez haut notre allégresse), K. 623
Lasst uns mit Geschlungen Händen (Unissons nos mains, mes Frères), K. 623a, pour la Fermeture de Loge. Et ultime opus du musicien…

Parmi les œuvres crypto-maçonniques (i.e. destinées à un large public), citons le fameux singspiel, La Flûte enchantée, K. 620, et le Quatuor « des Dissonances », K. 465 (dédié à son maître et ami [**Joseph Haydn*] qu’il fit initier en 1785).

Mais aussi nombre de pages destinées à son Frère de Loge, le clarinettiste [**Anton Stadler*] :
Quintette avec clarinette, en la majeur, K. 581 (1789)
Concerto pour clarinette, en la majeur, K. 622 (1791)
Trio des quilles, en mib majeur, K. 498 – composé le 5 août 1786, à l’issue d’une partie de campagne chez son Frère viennois, le baron[** Nikolaus von Jacquin*], célèbre botaniste. L’œuvre fut interprétée par la fille de son hôte, [**Franziska*], pianiste accomplie, Stadler à la clarinette et le compositeur lui-même à l’alto (instrument qu’il jouait volontiers). Son manuscrit se trouve également à la BnF. N’y point chercher de figuralisme (trajectoires de boules, chute de quilles, etc.) : il s’agit là d’une œuvre intime – tout en délicatesse -, d’une conversation entre amis. Qui ne laisse pas d’évoquer le propos du 7e comte de Shaftesbury, [**Anthony Ashley-Cooper*], Grand Maître provincial du[** Dorset*] : « La grande loi de la conversation, et dont chacun souhaite avec passion l’établissement, c’est que chacun puisse parler à son tour. » [Qui, hormis un maçon, aurait pu proférer cela ?]

***

Bien que le final de la IXe Symphonie de[** Beethoven*] (1770-1827) soit d’inspiration maçonnique, il n’est aucune preuve de l’appartenance à l’Ordre du compositeur. Non plus d’ailleurs que pour[** Schubert*] (1797-1828), dont le cycle Winterreise D.911 (« Le Voyage d’hiver ») suivrait – selon le musicologue [**Jacques Chailley*] – un trajet initiatique…

[**Richard Wagner*] (1813-1883) souhaita devenir franc-maçon, mais fut blackboulé au prétexte de la « liberté de ses mœurs » : il vivait alors en concubinage avec [**Cosima*] (1837-1930), fille de [**Franz Liszt*] et épouse du chef d’orchestre [**Hans de Bülow*]. Richard Wagner connaissait fort bien les idéaux de la franc-maçonnerie et – si l’on en croit Jacques Chailley – la structure du livret de Parsifal serait le quasi-décalque du rituel du 18e grade (Chevalier Rose + Croix) au Rite écossais ancien et accepté.

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Autre grand musicien franc-maçon, le Finlandais [**Jean Sibelius*] (1865-1957). Mondialement reconnu, il sera toutefois blessé par la malveillance de certains critiques, tels que…
• l’Allemand [**Theodor Adorno*] (1903-1969) qui, dans Glose sur Sibelius, taxa son œuvre de « produit de marketing, vulgaire et réactionnaire »
• le Français [**Lucien Rebatet*] (1903-1972) qui le qualifia de « plus ennuyeux des musiciens sérieux »
• le Français [**René Leibowitz*] (1913-1972), apôtre du dodécaphonisme, auteur du haineux pamphlet : Sibelius, le plus mauvais compositeur du monde.


Jean Sibelius, Voces intimae, quatuor à cordes op. 56, Cuarteto Casals.


Aussi, après le grand lyrisme postromantique des premières années, la musique du Finlandais se dépouilla-t-elle, s’assombrit. Et cela, depuis l’admirable quatuor Voces Intimae, op.56 (1909), puis dans toute sa production orchestrale à partir de la 4e Symphonie, op.63 (1911), jusqu’à l’ultime chef-d’œuvre, le poème symphonique Tapiola, op.112 (1926)…

Dès lors, et jusqu’à sa mort en 1957, Sibelius ne composa plus que pour ses Frères [il avait été initié, en 1922, dans la Loge Suomi n°1] – soit neuf pièces vocales et/ou instrumentales réunies sous le titre distinctif de Masonic Ritual Music, op.113 (1927). Elles furent créées, en 1935, à la « Grand Lodge of Free and Accepted Masons of the State of New York », puis imprimées par cette obédience – mais à usage strictement interne. Une seconde édition (révisée et enrichie de trois titres) parut en 1950.

. Sibelius. Concerto pour violon. Maxime Vengerov, Daniel Barenboim, Chicago Symphony Orchestra

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[(Autres musiciens francs-maçons :
• [**Thomas Arne*] (1710-1778) : Rule Britannia
• [**Robert Burns*] (1759-1796) : Auld Lang Syne
• [**John Newton*] (1725-1807) : Amazing Grace
• [**Johann-Gottlieb Naumann*] (1741-1801) : Die Kette (« La Chaîne d’Union »)
• [**Sir Henry Bishop*] (1786-1855) : Home, sweet home
• [**Adolphe Sax*] (1814-1894), musicien, facteur et créateur d’instruments
• [**Sir Arthur Sullivan*] (1842-1900), organiste au Freemason’s Hall de Londres
• [**George Antheil*] (1900-1959) : First String Quartet
• [**Aaron Copland*] (1900-1990) : Fanfare for the Common Man
• [**Samuel Barber*] (1910-1981) : Adagio pour cordes
[pour ne citer que de grands disparus…])]

« Prince Hall Masonry », obédience noire étasunienne, recruta toujours de nombreux musiciens de jazz (ou assimilés) : [**Nat King Cole, Louis Armstrong, Duke Ellington, Count Basie, Cab Calloway, William Christopher Handy, Paul Robeson, Kenny Clarke, Oscar Peterson, John Coltrane, Lionel Hampton*]…
Sans que soient en reste les « Loges caucasiennes » : [**John Philip Sousa, George Gershwin, Irving Berlin, Paul Whiteman, Jerome Kern, Al Johnson, Glenn Miller*]…

Duke Ellington

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Notons que c’est à la[** France*] que revient la paternité de l’expression « Colonne d’Harmonie » (1840),( i-e programme musical présenté au cours d’une cérémonie maçonnique) expression ô combien maçonnique, puisque – outre sa référence aux Loges militaires – elle évoque les colonnes du Temple de Salomon, non moins que les colonnes de pierre sur lesquelles, dans l’Antiquité, on gravait le nom des héros et autres signalées personnes.

Hormis la céleustique des maillets ou des batteries [la céleustique est l’art de transmettre commandements et messages par le truchement de signaux sonores], la musique n’intervient guère au cours du rituel maçonnique, proprement dit. Dans son catéchisme intitulé Masonry dissected (1730), voici ce que recommandait [**Samuel Pritchard*] : « À la question – Comment avez-vous été reçu en Loge ? il devait être répondu – Par trois coups ». Formule anapestique certes brève, mais décisive…


Alceste, [**Christoph Willibald Gluck*] (1714-1787). «Marche des prêtres», interprétée lors de l’hommage rendu à Voltaire, mort le 30 mai 1778, et jouée à l’occasion de la cérémonie funèbre organisée par la Loge des Neuf soeurs le 28 novembre 1778. John Eliot Gardiner, Anne Sofie von Otter, English baroque soloists, Monteverdi choir, mise en scène Robert Wilson, Théâtre du Châtelet, Paris 1999

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– [**De quelques poncifs…*]

Il y aurait – nous dit-on – des tonalités maçonniques, celles qui comportent trois dièses ou trois bémols à la clef. Mais n’est-ce pas là convention pour seuls lecteurs de partitions ?
Autre calembredaine : on croyait jadis que chaque tonalité avait son ethos, son caractère propre – exprimant joie ou douleur, mollesse ou fermeté, etc. Ainsi la tonalité de Si mineur fut-elle longtemps réputée acédique ou larmoyante, jusqu’à ce qu’un Richard Wagner écrivît, en cette même tonalité, sa flamboyante « Chevauchée des Walkyries »…
Sachant qu’en outre, peu d’entre nous ont « l’oreille absolue », et que ceux qui possèdent ce privilège ne le conservent guère avec l’âge… Certes, depuis le XVIIIe siècle, nombre de partitions réputées maçonniques auront été écrites en ces tonalités (Mib majeur ou Do mineur, La majeur ou Fa# mineur), mais quelle oreille, hormis celle de quelque Grand Architecte, aura pu s’en aviser ?

Conceptions s’inspirant, à l’évidence, de la gématrie kabbalistique – à la manière d’un [**Jean-Sébastien Bach*] qui se plaisait à farcir ses partitions de messages numériques cryptés, indécelables à toute oreille humaine…

Autre convention, réputée propre à la musique maçonnique : la montée de l’Ombre vers la Lumière (Ordo ab Chao). Or, si cela était avéré, le Concerto pour la main gauche et La Valse de [**Maurice Ravel*] ne seraient-ils pas parangons de «maçonnitude» ?
[Dans le domaine de la musique dite « sacrée », il est remarquable que le très pieux [**Charles Gounod*] ne nous ait laissé que de fort plates musiques religieuses, cependant que le très mécréant [**Gabriel Fauré*] composait son sublime Requiem. Mais il est, Dieu soit loué ! d’autres spiritualités que religieuses…]

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musique d’Irving Berlin, 1929, Film 1ère version 1930


Cab Calloway (1907-1994)

Déconcertés par l’abstraction de son langage, peu d’écrivains, philosophes ou historiens se seront hasardés à parler musique. À la différence des autres arts qui autorisent les plus exquis bavardages, les plus délirantes exégèses…

Mais il est d’heureuses exceptions : [**Baudelaire*] (Richard Wagner à Paris), [**Proust*] (La Sonate de Vinteuil), [**George Bernard Shaw*] (Écrits sur la musique), [**Thomas Mann*] (Doktor Faustus)… Citons aussi [**André Gide*] (Notes sur Chopin), le sémillant[** Philippe Sollers*] (Mystérieux Mozart) et surtout [**Pascal Quignard*] (dans son mémorable essai La haine de la musique). Sans oublier les philosophes[** Schopenhauer*], [**Nietzsche*] ou le cher [**Jankélévitch,*] que leur passion pour la musique aura naturellement desservis auprès des institutions académiques…

***

Reconnaissons toutefois que si la musique est bien, selon [**Paul Naudon,*] « l’art le plus chargé de virtualités initiatiques », elle sera toujours, dans les Temples maçonniques, précieux catalyseur – outil privilégié de com/union spirituelle, d’exaltation de l’Ego à l’Égrégore

[**Francis-Benoît Cousté*]


[(Bibliographie succincte :
• Roger Cotte : La musique maçonnique et ses musiciens
• Philippe A. Autexier : Mozart et Liszt sub Rosa / La Colonne d’harmonie / La Lyre maçonne
• Jacques Chailley : La Flûte enchantée, opéra maçonnique / Le Winterreise et l’énigme de Schubert / Une probable signification cachée du Quatuor en Fa majeur n°7 (op.59, n°1) de Beethoven / Parsifal de Richard Wagner, opéra initiatique
• Paul Legardien: Symbolisme et Franc-maçonnerie dans la Tétralogie wagnérienne
• Bernard Muracciole : Airs et Hymnes maçonniques / Chants maçonniques des hauts grades
• Jean-Pierre Bouyer: Musée virtuel de la musique maçonnique (http://mvmm.org)
• L’Éducation musicale, n°565 : Dossier «
)]


Aaron Copland (1900-1990). Fanfare for the Common Man, New York Philharmonic, James Levine


*Contact *] : [redaction@wukali.com
WUKALI 12/12/2016
Illustration de l’entête: Initiation d’un profane apprenti franc-maçon (circa 1780). Reprise de la gravure de [**Jacques-Philippe Le Bas*] dans la série dite de «Gabanon» sur le même sujet de 1745, éditée par Martin Engelbrecht, à Augsbourg

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