A detective Story, in the late sixties in Paris when democracy was under the fire of Far-left terrorist attacks like in other European capitals


Les éditions French Pulp ont eu l’excellente idée de rééditer «[** Paris va mourir*] de [**Francis Ryck*]. Dans les années 1970, en France, se produit un important tournant dans l’histoire du roman policier, à la suite de [**Jean-Patrick Manchette*] ou de [**Pierre Signac*], des romanciers comme [**Didier Daeninckx,*] [**Thierry Jonquet*], [**Jean-Bernard Pouy*] ou [**Jean Vautrin*] (pour ne citer que les plus célèbres) renouent avec l’esprit du roman noir et créent le néo-polar. Dans une ambiance souvent violente et macabre : ils dénoncent la société contemporaine, la consommation à outrance, les scandales politiques. Ils affectionnent le monde des marginaux et des exclus. Leur terrain de prédilection est la ville qui déshumanise et brise les individus et encore plus spécialement l’univers glauque des banlieues où se concentrent les exclus de la prospérité. La mort y est présente sous une forme souvent dure, œuvre de psychopathes ou de tueurs en séries effrayants.

[**Francis Ryck*] est un des chefs de file de ce courant qui a tant révolutionné la littérature policière que d’espionnage. Les éditions French Pulp viennent donc de rééditer «[** Paris va mourir*] » écrit la fin des années soixante, à une époque où certains mouvements politiques d’extrême-gauche, essentiellement maoïstes voire trotskistes, ont fait régner la terreur en Europe (Italie, Allemagne, France avec Action directe) et même au Japon. On a trop vite oublié cette période de l’histoire où des attentats ciblés ou aveugles ont laissé leur lot de victimes.

Avec l’actualité présente, on ne peut qu’être admiratif devant la mémoire de Francis Ryck tant ce roman nous semble d’actualité : en changeant les maoïstes par Daesh, nous nous retrouvons plonger dans notre quotidien.

L’histoire est digne des meilleurs néo-polars : des attentats aveugles ont lieu en [**France*], essentiellement à [**Paris*], faisant des centaines de victimes. Il n’y a aucune logique entre eux, les cibles semblent choisies au hasard, leurs buts est en apparence compréhensible : créer un sentiment de peur dans la population, accroître la répression et détruire les liberté individuelles pour causer des révoltes engendrant une vraie guerre civile.

Roc, agent des services spéciaux va remonter la filière terroriste et la démanteler. Mais si il a à faire à quelques jeunes embrigadés idéologiquement, plus il avance dans son enquête, plus il comprend que l’idéologie maoïste n’a rien à voir dans cette affaire, que le but de ceux qui organisent cette terreur est totalement autre. Toujours cette différence entre les « bons soldats » qui se battent pour une idéologie, sans comprendre, sans avoir le recul pour comprendre qu’ils sont totalement manipulés, qu’ils ne sont que des pions à sacrifier pour un but, pour des motivations qui ne sont pas les leur et que, s’ils étaient lucides, ils seraient les premiers à les combattre.

Francis Ryck pose aussi la question de savoir ce que la société doit faire de ces jeunes qui ont subi un véritable « lavage de cerveau », sont-ils « récupérables », doit-on les éliminer définitivement ? Ces questions, plus de trente ans après, sont d’une grande actualité. Tout dans [** Paris va mourir*] est d’actualité.

Et oui, si l’histoire ne se répète pas, elle fait souvent passer les mêmes plats. Francis Ryck nous le démontre avec talent.

[**Émile Cougut*]


[**Paris va mourir
Francis Ryck*]
éditions French Pulp. 9€50


*Contact *] : [redaction@wukali.com
WUKALI 07/12/2016

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Notre site utilise des 'cookies' pour améliorer votre expérience et son utilisation. Si vous le refusez vous pouvez les désactiver. Accepter En savoir plus