The enthusiasm of a young conductor

Au Grand Théâtre de Provence à Aix,[** Renaud Capuçon*] et l’Orchestre de Lausanne, sous la direction de [**Joshua Weilerstein*] ont donné un concert inoubliable !

[**Christian Zacharias*] était à Aix il y a quelques jours pour un concert de piano magnifique, en toute discrétion, car l’homme n’était pas bavard, mais quel magnifique récital il offrait au public et c’est son successeur à la direction artistique de l’Orchestre de Chambre de Lausanne qui s’est à son tour produit au Grand Théâtre de Provence ce mardi 15 novembre 2016. Davantage bavard que son ainé, aidé de ses petites fiches, car il apprend le français, il s’est adressé en toute simplicité à son public.

[**Joshua Weilerstein*] est l’un des chefs les plus prometteurs de la génération montante. Ce jeune américain, new-yorkais, n’a pas encore 30 ans et on est séduit de cette arrivée sur scène pleine d’entrain, joyeuse, un rien décontractée. Il donne le ton, volontaire et charmeur. Son visage jovial et son beau sourire font plaisir à voir et on peut se demander ce qui va se passer quand on sait que, le plus souvent, une belle relation avec le public se construit sur la durée. Mais jeunesse peut parfois rimer avec expérience et talent, et assurément, Joshua Weilerstein possède ces qualités ! Dès les premières mesures, on est fasciné par cette maturité et séduit par la précision et l’élégance de son geste… Et l’orchestre répond joliment à ce souffle d’énergie.


[**Une programmation destinée à séduire un très large public*]

En effet, c’est un programme très riche, qui fait un peu penser à ces concerts du XIXè siècle, où les musiciens déjà se faisaient plaisir à présenter des œuvres très différentes les unes des autres, mais nul doute, ce qui a été proposé a permis d’insuffler un esprit très joyeux à ce concert. Et puis il y a ce son inimitable du grand orchestre de Lausanne qui prend littéralement possession de la musique.

[**Haydn, Bernstein, Ligeti, Schumann*] et un bis, [**Schubert*] dans un extrait de Rosamunde.

[**Un programme éclectique et riche pour cette soirée exceptionnelle.*]

En introduction la Symphonie n°55 de Haydn nous met en bouche, avec dès les premières mesures tout ce qu’il faut pour nous séduire, de belles montées en puissance, les vents et les cordes qui se répondent joliment, un certain sens de la dramaturgie et un petit motif savoureux qui l’on retiendra car il sera repris à maintes reprises.

[** Renaud Capuçon*] se mêle ensuite aux musiciens suisses afin d’interpréter la Sérénade de [**Bernstein*]. En alternance, de longues mélopées du soliste et des sections rythmiques, au style proche du célèbre West Side Story. Bernstein a écrit cette pièce d’après Le Banquet de [**Platon*]. Chaque mouvement du Concerto fait référence à l’un des convives : [**Aristophane, Socrate*]… et on se dit que c’est un privilège d’être là ! Ce violoniste est incroyable, à la recherche de l’essentiel, il joue avec un tel naturel, écoute les musiciens, et à cette envie, toujours, de donner le meilleur de lui-même.

[**Ligéti,*] un style différent : Le chef d’orchestre, Joshua Weilerstein croit passionnément à l’idée de programmer aussi bien des œuvres du répertoire traditionnel que du contemporain. Il souhaite présenter, aussi souvent que possible, une pièce d’un compositeur contemporain dans chacun de ses programmes. (Ligéti est décédé en 2006) . C’est ainsi que, à nouveau seul au pupitre, il dirige avec brio « Ramifications » de Ligeti, une oeuvre où chaque instrumentiste joue une partie différente, conduisant à une polyphonie serrée. Il s’agit d’une œuvre pour orchestre à cordes – douze cordes solo – créée en 1968. C’est surprenant, pas ennuyeux (pour qui aime les mélodies, cela en manque un peu tout de même), mais voilà une œuvre quasiment hypnotique, à la sonorité fluctuante. Joshua Weilersteinà pris la parole pour nous offrir une clé d’écoute et nous inviter à l’appréhender « différemment «, entendre cette œuvre comme on découvre un tableau de [**Pollock*] ou encore une « impression abstraite » de [**Monet.*] Par touche, et sans les repères narratifs que l’on connaît. D’aucun auront vu des abeilles, une ruche, et les bourdonnements de nous magnétiser. Enfin, la Symphonie n°3 de Schumann et Rosamunde de Schubert clôturent la soirée sous les applaudissement nourris du public, « definitely » conquis ! Un Rosamunde que le jeune chef nous dédicace tout particulièrement, « dans l’espoir de jours meilleurs… » .

[**Pétra Wauters*]


*Contact *] : [redaction@wukali.com
WUKALI 25/11/2016

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