Love, love and love story

Un roman de [**Christine Cerrada*]. Thérèse habite dans le sud-ouest, dans un petit village entre [**Rodez*] et [**Toulouse*], elle la parisienne est venue s’installer là avec Thomas son mari et leurs deux garçons, il y a bien des années. Thomas ingénieur dans l’écologie a cédé son entreprise fleurissante à sa progéniture qui a continué sur le chemin qu’il a tracé. Thérèse a 63 ans et depuis déjà plus d’une année, elle est veuve car Thomas a eu un infarctus alors qu’il courait. Thérèse est triste, s’enferme sur son passé et surtout sur les années de bonheur, de parfait amour qu’elle a vécu avec Thomas. Elle sort peu, essentiellement avec leur vieux chien. Un week-end sur deux ses fils viennent la voir avec leur épouse et leurs enfants (un garçon et une fille).

Et puis, un jour, elle recueille un mulot, blessé par les mâchoire du chien. Elle le sauve et un lien privilégié se noue entre elle et le rongeur. Thérèse s’ouvre au monde, mais elle est révolté contre l’injustice que représente la mort de son époux. Alors elle va voir le curé du village pour non comprendre, mais pour cracher sa révolte. Au lieu du vieux prêtre octogénaire qu’elle s’attendait à rencontrer, elle est accueilli par le nouveau curé, le père Félix, originaire du [**Cameroun*], qui en l’acceptant telle qu’elle est, en comprenant le lien étroit qui la lie au chien et au mulot, la fait sortir de sa prison de douleur. En même temps, David, son aîné, connaît une crise dans son couple, les rapports avec sa mère sont tendus, car deux conceptions de l’amour s’opposent violemment. Désespérée, découragée, elle veut mettre fin à ses jours, sa dernière épreuve avant sa renaissance à la vie.

[**Nous deux et moi *] peut être considéré comme un roman sur l’amour, sur l’amour absolu qui est parce qu’il doit être, qui devient une vraie croyance en lui. L’amour qui unit deux êtres est le même que celui qui unit à Dieu. Une croyance, mais aussi un combat au quotidien, l’amour, le vrai amour, pour Thérèse ne meurt jamais, mais il faut lutter pour être heureux et ne pas abandonner dès les premières difficultés, les premières incompréhensions entre les deux conjoints. Aimer, c’est savoir retirer son ego et se retrouver à travers l’autre. Et on peut aimer même l’absent, on peut vivre sans lui, sans sa présence physique quand le lien spirituel existe. L’amour, c’est le meilleur antidote contre la solitude. L’amour, c’est la porte qui mène au bonheur, c’est dans le lien amoureux que l’on se sent soit même et totalement libre : « tous les paumés du monde ont manqué d’un homme ou d’une femme pour les sauver d’eux-mêmes et leur permettre de « créer »réellement leur vie, par cet enracinement qui rend libre
. »
Toute la philosophie de Thérèse se trouve dans une de ses réflexions, car elle a réappris à vivre, quand elle s’ouvre aux autres pour leur donner tout l’amour qu’elle a en elle : « Je sais dorénavant que le temps n’est pas une accumulation de jours – qui accablerait – mais leur renaissance renouvelée – qui permet d’inventer, peu à peu, notre réalité. »

Nous deux et moi est quasiment un roman « chrétien » tant le personnage du père Félix est de fait central car c’est le révélateur, en quelque sorte le passeur, le guide qui permet à Thérèse de passer de l’enfermement dans sa douleur à l’ouverture vers les autres, vers l’humanité. C’est lui qui lui permet de comprendre ce qu’elle ressent, de « théoriser » son sentiment, de s’accepter et d’accepter l’absence de son mari qui est toujours aussi présent.

[**Nous deux et moi*], un beau roman, une nouvelle variation sur ce sentiment qui torture l’humanité depuis la nuit des temps.

[**Émile Cougut*]


Nous deux et moi
Christine Cerrada
Fauves éditions. 18€


WUKALI 29/10/2016
*Courrier des lecteurs *] : [redaction@wukali.com

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Notre site utilise des 'cookies' pour améliorer votre expérience et son utilisation. Si vous le refusez vous pouvez les désactiver. Accepter En savoir plus