A personal diary. Facing the unbearable: cancer and the idea of one’s own death


Plus d’un lecteur de Wukali connaît [**Hugues Royer*], journaliste, écrivain au style de bonne facture, auteur de trois biographies qui lui valurent de nombreux passages dans les médias audio-visuels : [**Mylène*] (Farmer), (Francis) [**Cabrel*], [**Vanessa Paradis, la vraie histoire.*]

Son dernier livre aux [**éditions Michalon*] est son journal tenu du 4 juin au 17 novembre 2015 comprenant le récit de son combat contre la mort. Lors d’une banale radiographie de la jambe gauche pour une déchirure musculaire, il apprend que son fémur peut se briser à tout moment car il contient un chondrosarcome dédifférencié, c’est à dire une tumeur cancéreuse rare mais particulièrement vicieuse. Ses chances de rémissions sont faibles d’autant que ses poumons peuvent être atteints d’où l’obligation de contrôles réguliers de ceux-ci quelque soit son état de santé. Hugues Royer nous raconte son opération, sa rééducation, l’humanité du chirurgien qui lui pose une prothèse, l’empathie de certaines infirmières, le soutien de son épouse, le changement de rapports qu’il a avec ses deux filles jumelles, et surtout et avant tout, sa force, sa volonté de vivre avec les angoisses qui le parcourent, ses moments de lassitude, sa peur de la mort et les larmes qui coulent.

[**Hugues Royer*] se met à nu devant nous, totalement à nu. Ce journal est en quelque sorte la prolongation de la psychanalyse qu’il suit (sans se déplacer chez la thérapeute, mais grâce à l’application Facetime de la marque Apple).[** Léon Schwartzenberg*] dans son magnifique livre « Changer la mort » explique que souvent un cancer se développe après un traumatisme violent : Hugues Royer se demande si l’origine du sien n’est pas à rechercher dans la mort de son père quelques années avant.

Hugues Royer a besoin d’écrire, c’est sa vie, sa passion, l’écriture est un élément de sa personnalité, qui le caractérise. Il écrit vite et bien, rien à dire. Bien sûr, parfois, mais rarement on peut déceler une ou deux inexactitudes dues à la vitesse de l’écriture que l’on excuse sans mal vu le côté vital de ce journal : l’autoroute de Paris à l’île d’Oléron en passant par Saint Jean d’Angely ne traverse pas le Limousin…

Après l’extraordinaire Journal d’un vampire en pyjama de [**Mathias Malzieu*] qui fit l’objet d’une chronique sur Wukali par votre serviteur, voilà, avec [**Je n’imagine pas un monde sans toi*] de[** Hugues Royer*] un nouveau journal intime d’un homme atteint d’une maladie mortelle et de son combat quotidien pour la vaincre et pour pouvoir vivre. Deux journaux, totalement différents car les deux auteurs n’ont pas le même vécu, n’ont pas la même personnalité. Mais deux peurs, deux angoisses. On peut préférer l’un de ces récits plutôt que l’autre, mais ils sont complémentaires, ils représentent des variations sur un même thème. Et il y a une constante, les deux auteurs rendent un hommage appuyé au corps médical, à son professionnalisme, à son empathie. Ils ont conscience que sans lui, jamais ils n’auraient pu écrire leur journal car ils seraient morts.

Il faut lire aussi Je n’imagine pas un monde sans toi comme un remerciement sincère à ces professionnels qui consacrent leur vie à sauver celles de leurs frères (et sœurs) en humanité.

[**Émile Cougut*]


Je n’imagine pas un monde sans toi
Hugues Royer

éditions Michalon.17€


WUKALI 15/10/2016
*Courrier des lecteurs *] : [redaction@wukali.com

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