A very intelligent thriller where you meet in Paris Picasso, Modigliani, Soutine and other great painters


Un trio « infernal », trois amies, trois veilles femmes, Marthe, ancienne droguiste, qui en mémoire de sa sœur aînée qui ne put réaliser son rêve a décidé de suivre des cours d’histoire de l’art à la Sorbonne et qui prend des cours de dessin et de peinture, Jacote, dont les ancêtres participèrent activement à la Commune de Paris, communiste, ancienne propriétaire d’un bar tabac et Nastia, fille d’aristocrate russe qui vit dans le passé de la prestigieuse Russie tsariste que ces aïeuls ont servi brillament.

Elles vivent toutes les trois dans le 13 arrondissement de Paris dans de petites maisons à la Butte aux cailles. Tout irait bien si Marthe, alors qu’elle participait à un concours de peinture à Provins n’avait pas découvert une jeune femme assassinée et peinte. Une solide amitié se noue entre elle et le commissaire Cointreau, un amateur éclairé de musique dodécaphonique, chargé de l’affaire. De l’affaire puis des affaires puisque d’autres crimes sont commis avec au moins deux points communs : les victimes succombent à une injection intraveineuse de nicotine, et toutes sont peintes. Marthe ne met pas longtemps pour comprendre que chaque mise en scène représente un tableau célèbre comme la petite danseuse de Derain ou l’homme au torse nu de Picasso. De fait tous ces peintres se sont fréquentés aussi bien à Montmartre autour du Bateau-Lavoir qu’à Montparnasse autour de la Ruche.

Après quelques rebondissements l’assassin finit par être démasqué, quelque peu par hasard, par Marthe. Mais là n’est pas l’essentiel, loin de là.

Le découpage du livre nous montre, de fait deux histoires : celle des trois amies et en parallèle puisqu’elles finissent par se rejoindre, celle de l’assassin et de ses motivations : venger la mémoire de son grand-père pour faire plaisir à Faustine, la grand-mère qui l’a élevé. Car eux aussi faisaient partie de ce groupe d’artistes dans la bohème du début du XXème siècle à Paris.

Ce qui fait la grande valeur de ce livre est la multiplication d’anecdotes, d’histoires vraies autour de ce groupe de génies qui se fréquentent à Paris. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne sont pas décrit sous leur plus bel aspect : [**Picasso*] : un radin, martyrisant les femmes, ne supportant pas d’être considéré comme le premier d’entre tous,[** Modigliani*], [**Soutine*] et [**Utrillo*] : des alcooliques maladifs. [**Van Donguen*] , devenu un grand bourgeois mondain, il ne reconnaît qu’à peine ses compagnons d’infortune et n’hésite pas comme [**Derain*] et [**Vlaminck*] à collaborer avec les Allemands en 1940. En plus des plus « connus », d’autres font de brèves apparitions comme [**Kisling, Rivera, Ortiz de Zarate*] et surtout [**Jules Pascin*], une sorte de bon génie fédérateur. Et je ne parle pas des galeristes, des personnalités comme [**Apollinaire*] ou [**Max Jacob*] qui surent reconnaître avant le grand public et les critiques « installés » la révolution que le fauvisme, le cubisme provoquait dans la peinture.

Un livre à mettre entre toutes les mains qui permet de s’instruire tout en passant d’agréables moments de détente.

[**Émile Cougut*]


[([**Violette Cabesos*] est l’auteur de plusieurs thrillers historiques à succès, tous publiés chez
Albin Michel : La Promesse de l’Ange (avec Frédéric Lenoir, prix des Maisons de la presse 2004, 350 000 exemplaires vendus), La Parole perdue (avec Frédéric Lenoir, 2011, 55 000 exemplaires vendus) et Le Teinturier de la lune (2015).)]


Portrait de groupe avec parapluie
Violette Cabesos

éditions Albin Michel. 20€90


WUKALI 03/10/2016
*Courrier des lecteurs *] : [redaction@wukali.com

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